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Maniac : pérégrinations mentales de Jonah Hill et Emma Stone

CRITIQUE SÉRIE – « Maniac », porté par Jonah Hill et Emma Stone, avec Cary Fukunaga derrière la caméra, est l’événement de la rentrée sur Netflix.

Adaptation d’une série norvégienne éponyme, Maniac arrive enfin sur Netflix après des longs mois d’attente – si ce n’est plus. L’annonce de sa mise en chantier remonte maintenant à 2016. À l’époque, toute l’excitation provenait des retrouvailles entre Jonah Hill et Emma Stone, environ 10 ans après qu’ils aient partagé l’écran dans Supergrave. C’était le début pour eux et ils ont fait du chemin depuis, chacun de leur côté, devenant des acteurs de premier plan. Plus la peine de les présenter, c’est dire la chance qu’a eu Netflix de pouvoir les attirer sur un projet aussi atypique que Maniac.

Difficile de synthétiser la série tant elle regorge de recoins à visiter. Le mieux est de commencer par le commencent. Dans une société surchargée en informations et en publicités, la solitude s’empare de plus en plus de la population. Certains, comme Annie et Owen, traduisent leur souffrance en maladie psychologique. Lorsqu’une entreprise pharmaceutique leur offre la possibilité de participer à un programme révolutionnaire, ils se laissent tenter par l’expérience. Leur imaginaire va les conduire dans des endroits imaginaires dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence.

Maniac : pérégrinations mentales de Jonah Hill et Emma Stone

Le pitch le laisse entendre, Maniac n’est pas une série facile à aborder. Les premiers épisodes nous plongent dans un univers compliqué à appréhender, avec parfois des codes que l’on ne saisit pas, un mélange entre la science-fiction et des touches de rétro. Au travers de deux premiers épisodes, chacun axé à son tour sur un des personnages principaux, nous plongeons en surface dans des esprits malades, perdus suite à des blessures causées par leur passé.

La série surprend autant qu’elle déçoit

S’immerger dedans demande une vraie dose de volonté pour ne pas décrocher. Mais ce n’est que le début, la suite sera encore plus complexe. Une fois qu’Owen et Annie intègrent le fameux programme, c’est désormais une plongée en profondeur dans leur esprit que nous effectuons. Le show n’a pas l’air de s’imposer de limite et navigue entre les genres, avec une cohérence qui nous échappe souvent. S’aventurer dans Maniac équivaut à pénétrer dans un labyrinthe mental, comme lorsque nous nous endormons et que les rêves se succèdent. Rationnel et irrationnel se confondent. Au réveil, on ne se souvient pas de tout. Juste quelques bribes nous reviennent, des détails marquants, d’autres totalement insignifiants.

Durant l’épisode 5, un docteur demande à Annie de décrire son expérience depuis qu’elle a commencé à prendre les premières pilules nécessaires dans le protocole. Elle dit avoir fait beaucoup de rêves mais de ne pas se souvenir de tout. Voilà exactement ce qu’il reste de Maniac dans nos esprits une fois arrivé à son terme. Si une immersion avec les personnages était recherchée, autant dire que c’est réussi de ce point de vue.

Cette propension à bondir de l’espionnage à l’heroic fantasy en un clin d’œil relève de l’inédit à la télévision. On ne se souvient pas d’une série qui réunissait autant de genres en une seule saison, en gardant un unique fil narratif. Maniac nous transporte là où nous ne nous attendons pas à aller mais sans que ce déboussolement ne se mette au service d’un fond. Cette sophistication ne donne pas l’impression de guider vers quelque chose de plus grand dans la réflexion, si ce n’est de permettre de distendre les barrières mentales que s’imposaient les personnages par rapport à leurs émotions. Si bien que Maniac lasse sur la durée à se la jouer complexe pour pas grand chose. Le paradoxe étant que cette complexité est aussi son principal atout. La folie qui en émane fait glisser la série vers des contrées surprenantes et elle ne cherche pas à installer dans un certain confort.

Maniac : pérégrinations mentales de Jonah Hill et Emma Stone

La narration éclatée secoue et interloque. On rigole, on est ému parfois, on est désarçonné souvent. Et surtout, on ne vibre pas tant qu’on le voudrait avec ce duo de personnages. Emma Stone arrive avec son personnage à délivrer des choses, là où Jonah Hill démontre vite ses limites. Pas tant les siennes, mais celles de son personnage, bridé par une écriture qui ne lui offre pas un spectre assez large pour lui permettre de laisser parler entièrement son talent. Si on s’amuse des situations dans lesquelles ils se retrouvent – comme quand Emma Stone est transformée en elfe -, on regrette de ne pas partager plus avec eux dans cette spirale onirique, les transformant en rats de laboratoires qu’on examine se dépatouiller.

Maniac n’arrive pas à abolir cette mise à distance constante concernant l’empathie. L’émotion s’en retrouve tuée dans l’œuf. Ce devait être un événement, de par l’attente suscitée. Ce n’est au final qu’une curiosité, avec ses vraies fulgurances, que l’on regarde du coin de l’œil, l’air étonné des pirouettes qu’elle est capable de réaliser.

Maniac, créée par Patrick Somerville, disponible sur Netflix depuis le 21 septembre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Adaptation d'une série norvégienne éponyme, Maniac arrive enfin sur Netflix après des longs mois d'attente - si ce n'est plus. L'annonce de sa mise en chantier remonte maintenant à 2016. À l'époque, toute l'excitation provenait des retrouvailles entre Jonah Hill et Emma Stone, environ 10 ans après qu'ils aient partagé l'écran dans Supergrave. C'était le début pour eux et ils ont fait du chemin depuis, chacun de leur côté, devenant des acteurs de premier plan. Plus la peine de les présenter, c'est dire la chance qu'a eu Netflix de pouvoir les attirer sur un projet aussi atypique que Maniac. Difficile de…

Conclusion

Note de la rédaction

L'inventivité dont fait preuve "Maniac" dans ses gesticulations est à la fois sa force et sa faiblesse. La série surprend autant qu'elle déçoit.

Note spectateur : 2.98 ( 2 votes)
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