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Now Apocalypse : Gregg Araki récite sa recette favorite

CRITIQUE SÉRIE – Gregg Araki s’était fait oublier mais il n’a rien perdu de sa verve ! Nous avons pu voir les deux premiers épisodes de « Now Apocalypse » au festival CanneSéries. Malaise adolescent, sexe débridé, kitsch et ambiance pop, le style Araki est toujours opérationnel.

À 59 ans, Gregg Araki reste encore un maître lorsqu’il s’agit de parler de l’âge adolescent. Tout son travail s’est articulé autour de ces personnages, coincés entre la fin de l’enfance et le début de la vie d’adulte. Sans une once de surprise, il ne s’aventure pas ailleurs dans Now Apocalypse, sa co-création télé avec Karley Sciortino. Son pitch évoquera forcément Kaboom, en narrant les errances d’Ulysses (Avan Jogia), un jeune homme pris de visions prophétiques annonçant la fin du monde. Ses angoisses du quotidien, les amis, les amours, les emmerdes, vont s’amplifier avec la crainte de voir ses visions se concrétiser. Est-il en avance sur les autres ou simplement pris d’hallucinations dérangeantes ? Les similitudes avec le film de 2014 sautent au visage. Ulysses pourrait être le Smith de Kaboom, convaincu d’avoir assisté au meurtre d’une fille sur son campus. Une enquête qui le menait jusqu’à la fin du monde. Araki remet en lien la grande Histoire de l’humanité avec la petite. Car à cet âge, les désillusions et contrariétés sont exacerbées. Des Apocalypses intérieures.

Now Apocalypse ne surprendra pas les connaisseurs de la filmographie de Gregg Araki. En une trentaine de minutes, le pilote qu’il réalise condense tout le style de l’auteur. Des questionnements existentiels profonds s’entrecroisent avec un humour débridé, le sexe a plusieurs facettes, l’ambiance est un kaléidoscope de couleurs pétaradantes. Pas de doute, nous sommes chez qui nous souhaitions être. Cette impression de revenir en terrain connu est un peu gâchée par le manque d’innovation dans le mode opératoire. Le format change mais pas les éléments. Le scénario n’est qu’un prétexte pour écouter les états d’âme de ces adolescents, paumés dans une Amérique devenue une parodie. On se replonge dedans avec un certain plaisir, parce qu’il n’y actuellement que peu de cinéastes qui fondent de tels endroits, certes artificiels, pour désintégrer les limites du conventionnel. Comme dans cette scène de sexe qui débouche sur une explosion dans le ciel, symbole de jouissance. Des ratés, il y en a aussi, mais l’énergie l’emporte. Et quand Araki achève de faire mumuse avec ses composants scénaristiques douteux (le rôle de Roxanne Mesquida, les lézards) pour écouter à quel tempo bat le pouls de cette jeunesse, il touche à de forts sentiments universels.

Rien ne nous a surpris dans ces deux premiers épisodes, en bon ou en mauvais. Now Apocalypse ressasse discours, forme, ambiance. Un ersatz de Kaboom qui peut laisser sur sa faim. Si le cinéma d’Araki n’est jamais parvenu jusqu’à vos yeux, c’est alors une autre paire de manches. Faut-il commencer par là ? Ce n’est pas ce que l’on recommande. Now Apocalypse a plus la carrure d’un projet mineur. Et quand bien même l’expérience vous tente, vous devez laisser au placard vos préjugés pour voir, entre les lignes, toute la profondeur à en retirer.

Reste à savoir si sur l’ensemble d’une saison, la recette va délivrer assez de nuances pour justifier son format. Les épisodes ne font qu’une trentaine de minutes mais, bout à bout, cela donne plusieurs heures. Kaboom était à sa sortie un percutant OVNI de moins de 90 minutes qui, de la première à la dernière image, nous aspirait. Une série n’est pas motorisée par les mêmes besoins narratifs et structurels. Notre plus gros doute est sur la capacité de Now Apocalypse a assumer les exigences de son format sans lasser les téléspectateurs. Les deux premiers épisodes vus font le travail mais nous sommes ressortis de la projection au Grand Théâtre Lumière comme si nous avions goûté à l’entièreté de la série, sans déceler que nous pourrions avoir plus à grignoter. Actuellement diffusée aux USA sur Starz, on ne sait pas si un network français aura l’envie de la proposer sur notre territoire. Ce qui vous laisse le temps, au besoin, d’explorer ou réexplorer les précédents travaux plus notables du sensationnel réalisateur américain.

 

Now Apocalypse créée par Gregg Araki et Karley Sciortino, saison 1 sans date de diffusion en France. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

À 59 ans, Gregg Araki reste encore un maître lorsqu'il s'agit de parler de l'âge adolescent. Tout son travail s'est articulé autour de ces personnages, coincés entre la fin de l'enfance et le début de la vie d'adulte. Sans une once de surprise, il ne s'aventure pas ailleurs dans Now Apocalypse, sa co-création télé avec Karley Sciortino. Son pitch évoquera forcément Kaboom, en narrant les errances d'Ulysses (Avan Jogia), un jeune homme pris de visions prophétiques annonçant la fin du monde. Ses angoisses du quotidien, les amis, les amours, les emmerdes, vont s'amplifier avec la crainte de voir ses visions se…

Conclusion

Note de la rédaction

Un début de saison amusant, condensé des obsessions et des motifs de Gregg Araki. Dommage qu'on ne soit pas surpris par la série par rapport à ses précédentes œuvres.

Note spectateur : Sois le premier !
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