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Peaky Blinders : la fascinante descente aux Enfers de la saison 5

CRITIQUE / AVIS SÉRIE – On l’attendait comme un virage définitif pour les aventures du clan Shelby. La saison 5 de « Peaky Blinders » agit comme un western aussi sombre que désespéré et parvient à faire saillir les faiblesses de son protagoniste, tout en préparant le terrain pour la suite.

« Peaky F*cking Blinders ». Ces mots raisonnent, dans les rues de Birmingham, comme le plus désespéré des fervents déplore la venue de Satan sur Terre. Oui, le terrible clan Shelby est bel et bien de retour, après deux ans d’absence, un temps de latence presque interminable. Pourtant, si le créateur (et visionnaire) Steven Knight a pris tout son temps pour mûrir les six épisodes qui forment cette saison 5, c’est avant tout pour le bien des spectateurs. À l’encontre de beaucoup de séries télévisées qui, revenant chaque année, peinent à vraiment se renouveler, les Peaky Blinders exigent l’exception. Un travail d’orfèvre, un crescendo lancinant vers la perdition, les confins de la violence et de la corruption… Tel est le cadet des soucis de cette nouvelle saison, qui parvient, à décrire la lente dépravation d’une société qui plonge dans le contemporain, régi par la politique et ses idéaux.

Shelby contre le reste du monde

Cette nouvelle saison, qui commence en trombe sur le krash boursier de 1929, poursuit sur cette lancée, sans vraiment s’arrêter. Les Peaky Blinders sont désormais politisés – Tommy Shelby, toujours campé par l’impeccable Cillian Murphy – devient député à la Chambre des Lords et doit faire face à ses engagements, tout en s’occupant de son fils et en tentant, vainement, d’oublier sa femme défunte, qui continue à le hanter. Arthur Shelby (Paul Anderson), plus vénéneux et sanguin que jamais, laisse son histoire d’amour prendre le dessus (il s’en découvre une nouvelle sensibilité). Polly Shelby (Helen McCrory) impériale et presque imbue d’elle-même, part à la dérive et ne reconnaît plus son fils, le jeune Michael, qui avec sa femme Gina se laissent eux-aussi submergés par l’égo, et s’imaginent, pour complaire aux Américains, prendre la tête de la Shelby Company et l’étendre à l’international.

Pour ainsi dire, la famille se met donc elle-même en danger, causant en son propre sein des ruptures et divergences qui n’auront pas d’autres conséquences que la perte.

Cette saison, majoritairement composée dans une optique de l’urgence, laisse place aux faits historiques, qui rattrapent nos personnages et le malmènent. Tommy fait la rencontre de Sir Oswald Mosley (Sam Claflin), qui se découvre être une porte ouverte au fascisme. À cela doit-on ajouter le passif de gang pesant sur la famille Shelby, qui revient lui-aussi à l’assaut : les Billy Boys, des fous furieux irlandais venus en découdre, causeront presque autant de souci que les mafiosi italiens de la saison 4 (même s’il ne faut pas trop en dire).

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© BBC

Mise en place dans l’obscur

Ainsi, les six épisodes de cette saison 5 – qui passent, comme d’habitude, à une vitesse incroyable – ne racontent pas autant que les précédents, voire moins. D’autant plus psychologique et diplomatique, cette saison prépare largement le terrain pour les deux prochaines, et c’est à la fois une bonne et une mauvaise idée. Puisqu’au bout du compte, si la satisfaction de retrouver les Shelby prime, il demeure à l’issue un sentiment de ne pas être complètement rassasié. Les scènes de discussions s’étendent, bâtissent les relations et se suivent avec intérêt, à défaut de l’action, peut-être, laissée sur le côté.

L’ennemi n’est plus vraiment dans les rues, il est ailleurs, bien plus menaçant. C’est un virus, une idée, une peur, qui se propage, en parallèle de la montée du nazisme. Et l’histoire n’aura jamais autant mis de bâtons dans les roues de l’entreprise Shelby. Tommy, usé et rongé par la frustration de ne pas garder le fameux monopole, est plus vulnérable que jamais.

Dans un twist final (qui arrive quelque temps après un autre encore plus mémorable : le retour d’un personnage emblématique de la série), cette saison 5 de Peaky Blinders se termine dans le doute et la crainte de l’adversaire. Une longue, passionnante mais frustrante montée en puissance, dont on attend encore l’explosion.

Peaky Blinders de Stephen Knight, sur Netflix dès le 5 octobre. Ci-dessus la bande annonce.

"Peaky F*cking Blinders". Ces mots raisonnent, dans les rues de Birmingham, comme le plus désespéré des fervents déplore la venue de Satan sur Terre. Oui, le terrible clan Shelby est bel et bien de retour, après deux ans d'absence, un temps de latence presque interminable. Pourtant, si le créateur (et visionnaire) Steven Knight a pris tout son temps pour mûrir les six épisodes qui forment cette saison 5, c'est avant tout pour le bien des spectateurs. À l'encontre de beaucoup de séries télévisées qui, revenant chaque année, peinent à vraiment se renouveler, les Peaky Blinders exigent l'exception. Un travail d'orfèvre, un…

Conclusion

Note de la rédaction

Un travail d'orfèvre, un crescendo lancinant vers la perdition, les confins de la violence et de la corruption... Tel est le cadet des soucis de cette nouvelle saison, qui parvient à décrire la lente dépravation d'une société qui plonge dans le contemporain, régi par la politique et ses idéaux.

Note spectateur : 4.38 ( 2 votes)
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