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Platane saison 3 : la meilleure série comique française est de retour

Platane saison 3 : la meilleure série comique française est de retour

Six ans après la deuxième saison, Eric Judor et Hafid F-Benamar sont de retour dans la saison Tree de Platane. Des jeux de mots bien pourris, de l'absurde et du malaise à chaque phrase ou presque, des situations hilarantes... L'acteur et réalisateur vient démontrer qu'il est au sommet de son art et qu'un humour grinçant et sans contraintes est encore possible.

Débutée en 2011, la série Platane créée et interprétée par Eric Judor revient lundi 9 décembre pour une troisième saison. La deuxième a été diffusée en 2013, et c'est donc une très longue attente que la saison Tree de Platane vient conclure. Ne faisons pas de mystère, si la série ne bénéficie plus de l'effet de surprise, elle est au niveau des deux précédentes, proposant même quelques séquences supérieures en termes de malaises et de fous rires. On retrouve les éléments fondateurs du style Platane : le pote Flex plus Flex que jamais, squatteur, hyperactif, drôle et optimiste, le quotidien sentimental compliqué et la perpétuelle remise en question d'Éric, enfermé dans ses mensonges ...

Un cours magistral d'humour

Dès les premiers instants du premier épisode, Eric attrape le spectateur par la nuque pour l'assoir à la table d'une réunion où sa dernière réalisation publicitaire est présentée. Une séquence hallucinante, d'une drôlerie extrême, où Eric Judor fait tout ce qu'il ne faut pas faire : du cliché racial, de l'humour "caca prout" - comme lui hurle le directeur de création. Puis, sans vraiment de transition, il ne faut pas attendre vraiment longtemps avant qu'il se retrouve convaincu d'avoir été Hitler... Les premiers épisodes sont de réels bijoux de comédie absurde et cathartique, et la magie Platane opère entièrement.

Platane

Absurde, burlesque, jeux de mots et auto-dérision. Une sainte quadrilogie que seul Éric Judor semble savoir maîtriser à ce niveau, sans que ce ne soit jamais trop long ou répétitif. En insistant sur l'auto-dérision, le créateur de la série peut se permettre tout le reste, puis qu'il sera toujours le dindon de toutes les farces de la série, et évidemment des siennes. Puisqu'il est le plus risible de toutes ces histoires, les autres peuvent aussi en prendre pour leur grade, protégé par le "fond" que représente Éric. Il s'amuse avec tout, parle et se moque de tout, et ça fonctionne.

Mais cette structure a son défaut : à force de voir Éric faire toujours le mauvais choix, il en devient un poil agaçant, un court instant qu'on peut situer au milieu des 8 épisodes, où le spectateur n'a plus la force de se demander comment il va s'en sortir de nouveau. Heureusement, la seconde partie de la saison développe un autre récit, celui du film "le plus bienveillant du monde", ce qui confine à une espèce de reboot qui redonne de l'énergie et de l'inédit aux quatre derniers épisodes.

Entre Dix pour cent et Larry et son nombril

Dans ce modèle à la Larry et son nombril, la série culte de Larry David, les apparitions d'acteurs, aux degrés de staritude différents, se font sous leur réelle identité. Une condition sine qua non de la série, en place depuis le premier épisode, qui en fait par moments une sorte de Dix pour cent encore plus parodique. Ramzy Bedia évidemment, son complice de toujours, Gilles Lellouche auréolé du succès du Grand Bain, Jamel Debbouze et Florence Foresti en stars du milieu, et Mathieu Kassovitz en Malotru. C'est une des bonnes idées de la série, celle de l'avoir laissé dans son personnage du Bureau des Légendes.

Le format a changé, 8 x 45mn, et si c'est globalement une bonne idée, il y a quand même une longueur au milieu de la saison, lors d'une retraite chamanique. Un passage qui est représentatif du danger qui plane, celui d'une simple succession de sketchs avec des guests.

Platane

D'une part, il ne traite pas chacun avec le même réalisme, et de l'autre, lui-même peut légèrement agacer en choisissant systématiquement l'option la plus drôle mais la plus bête aussi. Si bien que si tous les rôles sont très bien écrits et interprétés, certains comme celui de Laurent Lafitte ou Fred Testot tirent Eric Judor vers une forme de surréalisme intéressant, mais qui donne l'impression de tourner un peu en rond.

Si Eric Judor a montré de belles qualités en réalisation, principalement dans Problemos et Seuls Two, c'est vraiment avec Platane qu'il s'installe à une hauteur rarement atteinte par les séries comiques françaises. L'autofiction est devenue le véhicule principal de l'humour stand up, des chroniques radio et télé, bref le modèle comique d'aujourd'hui. L'acteur et réalisateur démontre avec Platane qu'il est un des patrons du genre. Eric Judor, à 51 ans, a ainsi réussi avec beaucoup de style à s'inscrire durablement dans la comédie française, sans jamais donner l'impression de se chercher, de vouloir se renouveler ou s'inscrire dans un genre différent. Une réussite qui doit beaucoup à l'authenticité, à la cohérence et au travail du geste comique proposé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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