Roadies - Notre avis sur la nouvelle série de Showtime

Roadies - Notre avis sur la nouvelle série de Showtime

Alors que les premiers épisodes de la nouvelle série de Showtime, « Roadies », viennent d'être diffusés aux Etats-Unis, l'heure est venue de dresser un premier bilan du nouveau bébé de Cameron Crowe !

L'été 2016 a jusqu'à présent été le fruit de bonnes surprises sur le plan des séries télévisées, notamment grâce à Animal Kingdom, The Night Of ou encore Stranger Things, fictions de premier choix sur lesquelles les chaînes américaines ont décidé de miser afin de faire face au « creux estival » auquel tout medium doit généralement faire face. Autre série à s'être dévoilée cet été : Roadies, un drama particulièrement attendu les fans de musique. Après cinq épisodes diffusés, une première analyse s'impose donc...

Mais alors, Roadies, de quoi ça parle au juste ? La réponse :

La vie des roadies, ces techniciens de l'ombre, ceux qui permettent aux musiciens de jouer chaque soir sur scène, quel que soit l'endroit.

Sobre, simple et pourtant efficace, ce synopsis est finalement à l'image de la série : sans chichi. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Mais on va y revenir...

Créée par Cameron Crowe (Welcome Back, Nouveau Départ, Rencontres à Elizabethtown, Minority Report), Roadies était un projet de longue date pour le réalisateur et scénariste de 59 ans, déjà à l'origine d'un documentaire consacré à Pearl Jam, Pearl Jam Twenty, sorti en 2011. Une expérience suffisante pour livrer une série de qualité tout en utilisant la thématique musicale ? De notre point de vue, la réponse est non !

En effet, dès les premières minutes de l'épisode pilote intitulé Life is a Carnival, on est surpris par l'incohérence frappante entre les physiques des personnages et le métier qu'ils sont supposés représenter à l'écran : les « roadies » étant avant tout des déménageurs de l'extrême, il est assez difficile d'imaginer ces êtres plutôt frêles aptes à monter/démonter une scène musicale complète – avec l'imposant matériel que celle-ci comprend – en seulement quelques heures, avant de recommencer le lendemain, puis le sur-lendemain. Bien que tous ces personnages n'aient pas vocation à effectuer un travail manuel dans la série, le fait est quiconque ayant déjà croisé une équipe technique au complet ne pourra croire une seconde à la crédibilité de cette équipe fictive. Point de vue casting, c'est donc la déconvenue !

Roadies : Premières impressions sur la nouvelle série de Showtime

Pourtant, ce dernier n'est pas sans potentiel, notamment grâce à la présence de l'excellente – et sublime – Carla Gugino (Batman v Superman : L'Aube de la Justice, Man of Steel, San Andreas) qui, encore une fois, donne vie à un intéressant personnage qu'est celui de Shelli, la manager de la tournée.

Malheureusement, l'histoire d'amour compliquée entre la jolie Shelli et Bill, incarné par Luke Wilson (Seul contre tous, Enlightened) semble beaucoup trop prévisible et banale pour attirer l'attention du téléspectateur au-delà des premiers épisodes.

Roadies : Premières impressions sur la nouvelle série de Showtime

Ce qui nous amène directement à la question des intrigues, gros point négatif de Roadies. En effet, hormis quelques conflits passionnels (notamment celui de Kelly Ann, incarnée par Imogen Poots), amoureux (Shelli et Bill) et financiers (apportés par Rafe Spall dans la peau de Reg Whitehead), la série de Showtime ne semble pas offrir de perspectives d'avenir convaincantes, se limitant à de vagues dialogues utilisés au détriment de l'action, beaucoup trop en retrait sur ces cinq premiers épisodes.

Roadies : Premières impressions sur la nouvelle série de Showtime

Venons-en enfin à un autre sujet central de Roadies : la musique. Sur ce point, il faut reconnaître à la fiction un large panel de références et d'anecdotes liées à la culture musicale américaine, quasiment chaque minute de la série étant l'occasion de citer des artistes aussi légendaires que Tom Petty, Pearl Jam ou encore Bruce Springsteen.

Côté bande-originale, là encore, nos goûts personnels nous ont permis de trouver la série particulièrement appréciable, l'utilisation de I Wish I Was Sober par Frightened Rabbit lors du premier épisode étant plutôt de bonne augure, les puristes y voyant sans doute de leur côté, là encore, une incohérence avec les références citées à tour de bras tout au long des dialogues.

Roadies : Premières impressions sur la nouvelle série de Showtime

 

Conclusion

Note de la rédaction

Bien que bénéficiant d'une base intéressante et particulièrement inexploitée à la télévision – l'univers de ces hommes de l'ombre se démenant afin de mener à bien les concerts d'artistes aussi adulés qu'exigeants -, Roadies souffre de nombreuses faiblesses sur le plan scénaristique ainsi que sur le plan du casting, nous laissant craindre le pire pour l'avenir de cette nouvelle série de Showtime à court ou à moyen terme.

Peut mieux faire

Note spectateur : 3.18 (2 notes)