MENU
Accueil > Critiques > Critiques séries > Roswell, New Mexico : un reboot moins pire que prévu

Roswell, New Mexico : un reboot moins pire que prévu

CRITIQUE SÉRIE – Dans « Roswell, New Mexico », une jeune femme revient dans sa ville natale et découvre que son ami du lycée, Max, est un extraterrestre. Avec ce reboot de « Roswell », la production reproduit un récit globalement similaire mais y ajoute un regard critique sur l’Amérique, pointant le racisme et la politique de Donald Trump.

Personne ne l’avait réclamé. Pourtant, CW a décidé de faire revivre Roswell, la série culte du début des années 2000. Une décision qui suit la triste évolution des séries depuis plusieurs années, où la vraie créativité laisse de plus en plus place à des remakes, revivals et autres reboots. En soi, pourquoi pas, lorsqu’il y a une vraie proposition derrière. Ce fut un peu le cas de Dynastie, qui adopte un ton plus délirant, s’amusant avec les codes du soap-opéra. Mais dans le cas de Roswell, New Mexico, on est face à un produit similaire à Charmed. Comme lui, l’objectif est de réactualiser une série déjà connue pour traiter de sujets du moment. Ainsi, Charmed a pour principale différence un discours féministe extrêmement appuyé, à la limite de placarder un gros logo MeToo sur l’écran. Pour Roswell, New Mexico, c’est la présidence de Trump qui est directement pointée du doigt.

Les aliens témoins du monde d’aujourd’hui

Pas de demi-mesure dans le premier épisode. Dès les premiers instants on découvre Liz Ortecho, l’héroïne, en direction de Roswell. Arrêtée en voiture par la police, elle commence à pester contre le délit de faciès dont elle pense être victime, puisque les familles de blancs devant elle ne subissent pas de vérification d’identité. Rebelote lorsqu’elle évoquera ses recherches avortées dans un laboratoire au profit du financement d’un mur. Celui-là même, entre le Mexique et les États-Unis, promis par Donald Trump durant sa campagne en 2016 – une barrière existant déjà, il s’agit en réalité d’un renforcement pour arrêter migrants et trafiquants d’Amérique latine. Roswell, New Mexico se veut plus que jamais témoin de l’Amérique d’aujourd’hui. La démarche de CW est plutôt honorable. Juste mal amenée avec de gros sabots.

Critique Roswell, New Mexico : un reboot moins pire que prévu

On voit alors venir l’évidence : outre Liz par ses origines, Max, Isobel et Michael, trois extraterrestres à l’apparence humaine et cachés depuis vingt ans à Roswell, subiront un racisme similaire. Et le parallèle est vite fait entre les aliens et les étrangers considérés, par une certaine population américaine, comme des truands, responsables du chômage… Sauf qu’au-delà de cette représentation de l’Amérique (malheureusement assez réaliste), Roswell, New Mexico n’a pas grand chose de neuf à proposer. Visuellement, il faut tout de même faire avec une ringardise frappante lors de chaque rencontre entre Liz et Max. La jeune fille se figeant bouche ouverte devant le bellâtre au charisme inexistant, avec en fond le cliché du coucher de soleil lors d’un baiser, finalement avorté.

De même que les petites différences avec les personnages d’origine ne servent pas tellement puisqu’en même temps la série semble constamment regarder en arrière. Comme avec cette scène de fusillade où une balle perdue touche directement Liz, affublée alors de la même tenue de serveuse qu’il y a 20 ans, ce qui oblige Max à user de ses pouvoirs pour la sauver. Là encore, on peut regretter la mélancolie que dégageait Jason Behr et son côté mystérieux. Difficile d’accrocher avec Nathan Parsons et le reste de ses acolytes, qui font presque passer Roswell, New Mexico pour une mauvaise fan fiction où les rôles seraient un peu inversés. Ici, Michael est par exemple entiché d’Alex, un soldat de retour d’Irak. Seule l’évocation de la sœur de Liz, décédée il y a dix ans, pourrait faire tendre la série vers un récit vraiment nouveau et offrir quelques surprises. Le reste n’étant que trop marqué par tout un tas de stéréotypes (on nous annonce déjà un méchant militaire qui n’aime pas les aliens) et un sentiment de déjà-vu dommageable. Au mieux, ceux n’ayant pas connaissance de Roswell y trouveront probablement un show passable dans ce qu’il veut raconter. Pour les autres, il ne sera pas nécessaire de s’y risquer.

 

Roswell, New Mexico créée par Carina Adly MacKenzie, diffusion à partir du 15 janvier 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Personne ne l'avait réclamé. Pourtant, CW a décidé de faire revivre Roswell, la série culte du début des années 2000. Une décision qui suit la triste évolution des séries depuis plusieurs années, où la vraie créativité laisse de plus en plus place à des remakes, revivals et autres reboots. En soi, pourquoi pas, lorsqu'il y a une vraie proposition derrière. Ce fut un peu le cas de Dynastie, qui adopte un ton plus délirant, s'amusant avec les codes du soap-opéra. Mais dans le cas de Roswell, New Mexico, on est face à un produit similaire à Charmed. Comme lui, l'objectif…

Conclusion

Note de la rédaction

La vision du première épisode de "Roswell, New Mexico" suffit pour constater que la série n'est pas d'une grande qualité, mais la dénonciation de la politique de Trump lui offre tout de même un mince intérêt.

Note spectateur : Sois le premier !

Ça pourrait vous intéresser

Voir aussi

Euphoria : bienvenue dans l’âge ingrat

CRITIQUE / AVIS SERIE – Adaptation d’une mini-série israélienne, « Euphoria », créée par Sam Levinson, est une plongée violente et fascinante dans le monde adolescent d’aujourd’hui. Un nouveau tour de force de la part de HBO, emmené par l'actrice Zendaya qui impressionne.

Exprimez vous !

Copyright © 2019 cineserie.com. Tous droits réservés. Un site E-borealis