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See : Jason Momoa joue au guerrier aveugle dans une série bancale

CRITIQUE / AVIS SÉRIE – « See » est l’un des premiers shows à débarquer sur Apple TV+ et son objectif est clairement de toucher le public en demande de spectacle. Avec son univers à mi-chemin entre la SF et la fantasy, tient-on le blockbuster qui va lancer la plateforme ?

La date du 1er novembre 2019 est importante dans l’industrie du streaming. Quelques jours avant que Disney+ ne débarque sur le marché avec son catalogue calibré pour tout déchirer, la marque à la Pomme grille la priorité à la firme aux grandes oreilles. Pas uniquement au niveau de la date, mais parce qu’elle impose aux consommateurs une offre terriblement tentante financièrement et dans le contenu. Pour 4.99€, vous pouvez déjà embarquer à bord de quatre séries toutes très différentes. Parmi elles se trouve See, qui a, sur le papier, tout du gros blockbuster fait pour attirer du monde.

Quand en plus on voit qu’elle mise sur la présence de Jason Momoa, star de Game of Thrones et désormais Aquaman, on a vite compris ce que cherche à faire Apple. Plus que pour sa tête d’affiche, la série nous intéresse pour deux raisons. La première : son créateur, Steven Knight, responsable de Peaky Blinders et Taboo. La seconde : son pitch de départ intrigant.

Dans See, l’humanité a encaissé une grosse catastrophe qui force les survivants à vivre dans un monde post-apocalyptique. Pour ne rien arranger, ils sont tous frappés de cécité. Déjà que ce n’est pas simple de continuer à exister dans ces conditions, il faut faire avec ce gros handicap. Les hommes se sont accommodés, adaptant leur mode de vie et leurs habitudes. Quand la compagne de Baba Voos, chef d’un clan, met au monde deux jumeaux ayant la vue, c’est le début des problèmes.

Un concept pas si bien exploité

Cette promesse de suivre des personnages aveugles est attirante, parce qu’elle permet de faire des tonnes de choses en jouant sur l’image comme le son. De la forme, justement, on en retient davantage qu’Apple a voulu faire un show qui en mette plein les mirettes. Tournée en décors naturels, la série a une jolie ampleur visuelle avec sa direction artistique qui évoque fortement The Revenant – à tel point qu’on rejoue la scène de l’affrontement contre un ours. Jusque dans les tons, très froids, on sent que le film de Alejandro González Iñárritu a été une influence, ce qui empêche See de trouver sa propre identité de ce point de vue. La filiation ne l’empêche de nous fournir un certain plaisir, parce qu’on sent que le show ne s’est pas fait avec des broutilles et qu’on refuse de trop abuser des effets visuels numériques afin de mettre du tangible à l’écran – les quelques FX, comme l’éboulement des pierres, sont d’ailleurs peu jolis.

See : Jason Momoa joue au guerrier aveugle dans une série bancale

Il faut alors se tourner vers le background et la mythologie, pour chercher une possible originalité. Comment les hommes encaissent-ils le quotidien sans la vue ? Certains détails sont intelligemment sentis pour qu’on croit à ce monde mais d’autres largeurs empêchent à la crédibilité de prendre le dessus. Les acteurs n’ont pas toujours l’air de jouer aux aveugles et leurs réactions physiques sont parfois d’une trop grande précision pour qu’on sente le malus qu’ils se traînent. C’est par exemple très perceptible dans le premier gros affrontement de l’épisode 1, où les coups tombent quasiment tous dans le mille. On comprend aisément que ces gens ont développé leurs autres sens mais ils ne se trompent que trop peu et peuvent faire avec aisance des actions trop compliquées. La mise en scène, de son côté, ne joue qu’assez peu avec l’absence de vue, emballant les scènes sans faire trop attention au postulat de base, comme si elles ne savaient pas véritablement quoi en faire.

Le meilleur à venir ?

Dans les premiers épisodes diffusés par la plateforme, See se décide enfin à faire quelque chose de son univers et de ses spécificités dès le troisième segment. L’apothéose étant cette magnifique (et violente) scène de combat, où Jason Momoa manie sa lame tel un samouraï face à des vendeurs d’esclaves. La série laisse augurer que le meilleur est à venir après cet épisode parce que les deux enfants sont devenus grands et que leur rapport au monde des aveugles devient intéressant à scruter. Notamment quand ils se rendent dans un « festival » et qu’ils se retrouvent face aux abominations de leurs semblables. Malgré qu’on puisse la trouver bancale durant ses premiers pas, See devient dès lors plus intéressante lorsque 17 années sont passées et que l’intrigue va enfin quelque part, faisant remonter à la surface un passé que l’on connaît pour prendre sous un autre angle toute les croyances des personnages. Ça ne lui retire pas ses défauts, mais ça éveille assez notre curiosité pour qu’on attende la suite.

See créée par Steven Knight, saison 1 disponible à partir du 1er novembre 2019 sur Apple TV+. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

La date du 1er novembre 2019 est importante dans l'industrie du streaming. Quelques jours avant que Disney+ ne débarque sur le marché avec son catalogue calibré pour tout déchirer, la marque à la Pomme grille la priorité à la firme aux grandes oreilles. Pas uniquement au niveau de la date, mais parce qu'elle impose aux consommateurs une offre terriblement tentante financièrement et dans le contenu. Pour 4.99€, vous pouvez déjà embarquer à bord de quatre séries toutes très différentes. Parmi elles se trouve See, qui a, sur le papier, tout du gros blockbuster fait pour attirer du monde. Quand en plus on…

Conclusion

Note de la rédaction

Les débuts de See ne sont pas des plus convaincants mais le troisième épisode relève le niveau et permet de penser que le meilleur est à venir pour cette série.

Note spectateur : 4.7 ( 1 notes)
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