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Sex Education : une saison 2 tous azimuts

Sex Education : une saison 2 tous azimuts

CRITIQUE / AVIS SÉRIE - Pour sa saison 2, "Sex Education" prend (presque) les mêmes et reprend là où les diverses intrigues nous avaient laissé... Otis, Maeve, Eric, Jean et compagnie animent un catalogue de personnages toujours aussi attachants et drôles. La recette de Netflix prend toujours forme ici, quitte à peut-être, à terme, laisser un goût de déjà-vu.

L'année dernière, Netflix nous avait d'abord tous.tes surpris, en annonçant sa première série/fiction sur une des sèves de notre civilisation : le sexe. L'étonnement ne fut que décuplé lorsque les huit premiers épisodes de Sex Education furent dévorés à une vitesse affolante par les spectateurs - faisant de la série un des programmes les plus appréciés du catalogue. Et à raison ! Puisque renforcée par des thèmes essentiels et d'un humour irrésistible à l'anglaise, la série a aussi fait ses preuves grâce à des personnages hauts en couleurs, tous aussi extravagants qu'introvertis, ainsi qu'un éventail ultra diversifié de sexualités et genres... Bref, Sex Education avait réussi son coup d'envoi en fidélisant un large public, tout comme le jeune Otis Millburn (attachant Asa Butterfield), avec sa crush Maeve Wiley (Emma Mackey impeccable et punk) ont réussi à construire leur cellule de thérapie sexuelle clandestine - que dire, leur empire ! - au sein du bahut.

Comme toute série lycéenne qui se respecte : on jacasse, on fait circuler des potins, on découvre l'amour... le sexe, aussi. Et c'est de là que la série arrive à prendre son ampleur, en tout franchise et sincérité : jamais le sexe n'est pris à la rigolade (ou plutôt à la légère), il est abordé comme un passage obligé (ou pas !) de la vie d'un adolescent. De la découverte du plaisir personnel au mutuel, des préférences et des fantasmes, jusqu'au simple fait de se laisser embarquer dans la découverte de soi et de l'autre, dans l'inconnu. La série est ici pour en parler, ouvertement.

Une saison riche de personnages attachants

Il était donc évident qu'une saison 2 verrait le jour et à vrai dire, Netflix n'a pas tardé à mettre de l'huile dans la machine : c'est donc un poil plus d'un an après la première salve que 8 nouveaux épisodes nous parviennent, au plaisir de retrouver notre bande favorite du moment (attention, spoilers !) : Otis et Maeve sont entre la tension et l'affection, sur le point de s'avouer leurs sentiments tandis que la pauvre Ola tente de construire sa relation avec ce dernier. Eric, de son côté (Ncuti Gatwa, toujours aussi génial) rencontre un petit nouveau, le français Rahim - qu'on a du mal à véritablement cerner - joué par Sami Outalbali. Il devra prendre une décision difficile concernant la brute douce Adam (Connor Swindells), envoyé de force dans un camp d'entraînement militaire et qui peine à cacher sa bisexualité.

Sex Education laisse ainsi graviter un nombre incroyable de personnages secondaires, qu'on aime toujours autant suivre : le tombeur Jackson s'essaie au théâtre et s'ouvre au monde, Aimée tente de se remettre d'un traumatisme, le directeur Groff entre en plein divorce avec sa femme, qui est en quête de nouveautés... Et bien sûr, il y a Jean Millburn (l'immense Gillian Anderson), mère impériale et thérapeute, qui se laisse, malgré elle, engager en tant que professeur en éducation sexuelle dans le lycée (au risque de mettre en danger le petit business de son fils et Maeve...). Bref, Sex Education, dans toute sa splendeur, aborde une saison 2 qui marche dans les pas de la précédente, mais cette fois-ci avec d'autant plus de conviction. Puisqu'il faut bien le dire, cette nouvelle saison est à la fois plus drôle, plus osée et plus graphique... Quitte à perdre (un peu) de son cachet réaliste.

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© Sam Taylor/Netflix

L'honnêteté comme socle pour Sex education

Ces huit nouveaux épisodes se construisent avec parcimonie. Il est parfois difficile de savoir où la série veut vraiment nous mener, si ce n'est qu'elle aborde des sujets et thèmes toujours aussi importants et même malheureusement bien trop actuels : le phénomène #MeToo, évidemment, mais aussi cette difficulté à mettre les sexualités sur un pied d'égalité. Notre société n'a jamais été aussi diversifiée, et Sex Education en a bien conscience : ainsi, en plus de l'homosexualité, d'autres caractéristiques seront mises en avant au fil des épisodes : que sont la bisexualté, la pansexualité (le fait d'être attaché à la personne et non au sexe), mais aussi l'asexualité, sans oublier les incontournables (comme la notion de consentement, un des piliers majeurs de la série, ou le danger contre les MST).

Si on pourra regretter le manque d'originalité dans certains retranchements de scénario (la relation entre Otis et Maeve, par exemple, qui n'évolue pas forcément, serait-ce le fil rouge de la série ?) et parfois un manque d'enjeux réelsSex Education rend hommage à son nom dans toutes les formes, jusqu'à même laisser de côté la subtilité qui faisait la saveur de ses débuts. Malgré tout, la série continue de porter un message fort à ses spectateurs, qui est de ne jamais cacher la vérité, de toujours être honnête avec soi et autrui. Le show assume cette qualité indéniable, qui ne se suffit pas de ce qu'il y a d'établi. Sex Education se montre aussi complexe que ses personnages et semble grandir avec eux.

Soyez-en sûrs, il sera difficile de ne pas dévorer l'entièreté de la saison en un rien de temps. Bien sûr, le(s) twist(s) final(aux) ne peut(vent) qu'ouvrir grandes les portes à une saison 3 (déjà dans les cartons) et on restera au rendez-vous. "PARCE QUE LE SEXE C’EST COOL (un peu, beaucoup ou pas du tout)" a tweeté Netflix en promotion de cette nouvelle saison... Pour ce point, vous l'avez compris : c'est donc une question de point de vue. Pour ce qui est de Sex Education, c'est avéré : on tient là, une nouvelle fois, une des pépites de début d'année !

Sex Education, une série créée par Laurie Nunn, à partir du 17 janvier 2020 sur Netflix. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

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