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The Boys saison 1 : God blesse America

CRITIQUE / AVIS SÉRIE – Dans la lignée de « Doom Patrol » sur le DC Universe, Amazon lance avec « The Boys » une série super-héroïque pas comme les autres, où hommes et femmes en costumes ne sont pas aussi héroïques qu’ils le prétendent.

Cette année, Doom Patrol (récemment renouvelée pour une saison 2) a été une vraie surprise en mettant en scène les pires super-héros, une bande de losers peu enclins à sauver le monde et qui ensemble forment une famille dysfonctionnelle. C’est dans la lignée de cette série super-héroïque qu’arrive, cette fois sur Amazon, The Boys, adaptation des bandes dessinées de Garth Ennis éditées par Wildstorm (filière de DC Comics) avant d’être reprises par Dynamite Entertainement.

Un ton décalé, référencé et hilarant

On y trouve The Seven, un groupe de super-héros aux allures d’Avengers (ou plutôt la Ligue de Justice d’Amérique dont les comics s’inspirent directement), prêt à venir en aide aux innocents. Du moins, c’est ce que Vought, l’entreprise qui gère notamment leur partie marketing, est parvenue à faire croire. Car la réalité est moins glorieuse et ferait passer la Doom Patrol pour des enfants de chœur. Comme Translucide qui use de sa capacité d’invisibilité pour espionner les filles dans les toilettes, The Deep qui harcèle sexuellement la petite nouvelle Starlight (Erin Moriarty), ou encore A-Train tombé dans la drogue.

Des super-pourritures, égoïstes et amorales mais qui brassent des milliards en produits dérivés. On peut alors penser aux super-héros Marvel du grand écran, qui tout en étant assez antipathiques et creux, sont portés aux nues par le box-office. Mais dans The Boys, les Seven deviennent alors la cible de Billy Butcher (Karl Urban) et ses Boys, engagés par la CIA pour les faire tomber. Et après qu’A-Train soit littéralement passé au travers de sa petite amie, Huguie (Jack Quaid) accepte d’aider Butcher pour se venger.

En se contentant de son concept amusant (l’inversion du rapport héros/vilains), The Boys aurait pu se limiter à un bon divertissement. Visuellement, déjà, il n’y a rien à redire. Les moyens ont été mis, comme en atteste la première séquence où Queen Maeve se dresse face à un camion filant à toute allure. Une scène qui pourrait sortir de Wonder Woman, tant la direction artistique se rapproche des dernières productions DC. Ajoutez à cela une bonne dose d’humour et de grossièretés, autant avec Butcher, incapable de dire deux phrases sans placer un fuck, qu’avec Homelander (Antony Starr), le leader des Seven prêt à quitter un avion en détresse dès que cela se complique, et des interprètes qui portent à merveille leur costume ; Antony Starr, Erin Moriarty, Elisabeth Shue et Karl Urban en tête.

Les nouvelles idoles de l’Amérique

Mais la grande qualité de The Boys réside dans sa représentation de l’Amérique et sa capacité à déconstruire le mythe du héros. Finalement, les instants de « bravoure » des Seven importent peu puisqu’ils ne sont là que pour renvoyer une image, pour n’être qu’un produit de marketing. Par exemple, si Starlight sauve une femme sur le point de se faire violer, il faudra vendre son personnage dans ce sens. Mais l’affubler tout de même d’une tenue sexy pour ne pas perdre la gent masculine…

Avec elle, la première saison de The Boys montre déjà tous les retors derrière la célébrité, et la difficulté à rester vraie, à ne pas perdre ses valeurs, ses motivations de départs – être une super-héroïne. Le parallèle avec le monde des stars (du cinéma, de la musique, ou d’ailleurs) est vite fait.

Si Starlight représente une nouvelle génération déçue par ses modèles, Homelander, qui excelle dans la sournoiserie et l’art de la représentation, incarne justement un pouvoir malade. Tout en adoptant la posture iconique du patriote américain, avec son costume (entre Superman et Captain America), et ses discours bien réfléchis, répétant aux gens du peuple qu’il croise qu’ils sont les véritables héros, sa vraie nature est probablement ce qu’il y a de plus inquiétant dans la série. Un puissant sociopathe, soi-disant créé par Dieu, difficilement contrôlable, et capable de manipuler les foules.

Ainsi, au cours de huit épisodes passionnants marqués par des passages hilarants (le sauvetage raté d’un dauphin par The Deep, un bébé qui lance des lasers avec ses yeux !) et d’autres d’une violence graphique jouissive, The Boys n’hésite pas à égratigner tantôt la pop culture, tantôt l’image de l’Amérique puritaine et ses croyances – religieuses notamment, comme c’était déjà le cas avec The Preacher du même Garth Ennis. Sans oublier de rappeler la crainte du terrorisme et les manipulations faciles depuis le 11 septembre 2001 (auquels l’épisode 4 fait clairement référence). Une série plus profonde qu’elle en a l’air donc, et qui aura de nombreuses choses à raconter, au-delà même de sa première saison. D’ailleurs, cela tombe bien, Amazon a déjà annoncé la production d’une saison 2.

 

The Boys créée par Eric Kripke, Evan Goldberg et Seth Rogen, disponible le 26 juillet 2019 sur Amazon Prime Vidéo. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Cette année, Doom Patrol (récemment renouvelée pour une saison 2) a été une vraie surprise en mettant en scène les pires super-héros, une bande de losers peu enclins à sauver le monde et qui ensemble forment une famille dysfonctionnelle. C’est dans la lignée de cette série super-héroïque qu’arrive, cette fois sur Amazon, The Boys, adaptation des bandes dessinées de Garth Ennis éditées par Wildstorm (filière de DC Comics) avant d’être reprises par Dynamite Entertainement. Un ton décalé, référencé et hilarant On y trouve The Seven, un groupe de super-héros aux allures d’Avengers (ou plutôt la Ligue de Justice d'Amérique dont…

Conclusion

Note de la rédaction

En plus d’être visuellement impeccables, avec des scènes d’action rares mais marquantes, « The Boys » est surtout une excellente série qui porte un regard critique sur l’Amérique et la création de ses idoles.

Note spectateur : 3.98 ( 11 notes)
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