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The Deuce : une troisième et dernière saison toujours aussi solide

CRITIQUE / AVIS SÉRIE – Troisième et dernière saison pour « The Deuce », création de David Simon et George Pelecanos. La narration fait encore un saut dans le temps pour tenter de conclure les différentes lignes narratives. Nous avons pu voir les trois premiers épisodes et on vous dit sans détour ce qu’on en pense.

Décembre 1984, c’est à cette date que s’ouvre le premier épisode de la dernière saison de The Deuce. Période de fin d’année, où les rues sont dominées par les températures glaciales habituelles à New York. Les devantures affichent leurs plus beaux néons. Les prostituées, elles, ne sont plus omniprésentes sur les trottoirs de la ville. Il commence à être loin, déjà, le début des années 70 qui était le cadre au lancement de la série. Avec la fin de la première saison et surtout l’entièreté de la seconde, on a pu assister aux mutations de ce microcosme urbain, autant dans l’architecture que dans l’évolution des modes de pensée. Si les femmes de joie ne sont plus dans les rues, c’est parce que le marché du sexe se fait désormais ailleurs. Soit dans la production de film porno, soit dans les maisons closes où les relations sexuelles sont vendues.

La série aura analysé ces bouleversements, avec une grande galerie de personnages pour s’assurer d’en saisir chaque fraction. C’est cet ensemble de personnages, provoquant un élargissement constant des situations, qui fait de The Deuce une série riche. L’éclosion du porno dans cette Amérique précise est un beau sujet, mais il faut toute la maestria de Simon et Pelecanos, ainsi que leur envie insatiable de fournir un travail riche, qui fait la différence pour que The Deuce dépasse son postulat et s’affirme comme le portrait immanquable d’une époque. Sans oublier ses résonances avec des questions d’actualité, notamment sur la place des femmes dans la société.

Une série toujours aussi dense

Il faut un gros épisode de reprise pour se rendre compte de tout ce qu’implique les multiples axes narratifs de The Deuce. La série se doit – et le doit à ses personnages – de ne laisser personne sur le bas côté. Alors tout le monde y passe, pour constater que du chemin a été parcouru par ceux qui sont le cœur de ce programme. Le porno est maintenant bien implanté dans le paysage mais The Deuce ne se cantonne jamais à ce seul domaine en proposant un spectre toujours très large. Derrière le sexe, on y parle de sujets complexes portés par des humains qui n’ont rien d’archétypes.

Si vous n’avez jamais accroché depuis le début, les deux saisons suivantes – et donc celle-là – ne vont en rien vous faire accrocher à l’entreprise. The Deuce nécessite du temps pour tout nous livrer dans les meilleures conditions. Le rythme peut ne pas convenir et perdre, la faute à ces basculements entre tous les partis. Cette densité est le trésor du programme. Sans elle, on ne pourrait parler du VIH, de la violence dans la métropole, des hétérosexuels comme des gays, des femmes aux différents postes dans la chaîne de création du porno. On ne pourrait pas y parler de sentiments, de révolte, de reconversion, d’hésitations. Voir, de plus encore.

Les femmes en première ligne

Il y a tant à dire sur tous les personnages de cette série mais ce sont les femmes qui attirent la lumière. Maggie Gyllenhaal, principalement, campe une ancienne prostituée travaillant dans le porno, mais derrière la caméra. Elle est le symbole de cette mise en avant de la gente féminine, dans un milieu qui s’adresse aux hommes. Lori, en pleine rehab, suit aussi un chemin fort, tournant le dos à ses démons dans la mesure du possible, tout en s’affirmant comme femme forte. Il faut la voir, en furie, s’énerver sur un plateau de tournage face à des hommes qui la voit comme un objet plus qu’un être humain – avec une mention pour ce pervers curieux, juché en hauteur.

The Deuce est toujours d’une admirable justesse pour examiner les rapports hommes/femmes, en décrire les rouages afin de souligner la pression masculine exercée en fonction d’un contexte. Même en regardant vers le passé, la série arrive à une sorte d’intemporalité sur le sujet et, mieux, elle ne dresse pas un constat totalement noir. Les quelques exceptions comme Lori et Eileen confirment la règle générale mais elles prouvent qu’une voie d’émancipation est possible. Et le personnage d’Abigail vient lui tempérer cette révolte, affichant son spleen et sa désillusion par rapport à Vincent. The Deuce continue d’être une série exigeante avec les téléspectateurs autant qu’avec elle-même. Elle ne pourrait être aussi belle, forte, sans ces nuances permanentes, permises par son armée de personnages. Ce travail de précision, de rigueur, est la sempiternelle preuve du bien que fait David Simon au monde des séries.

The Deuce créée par David Simon et George Pelecanos, saison 3 diffusée à partir du 9 septembre 2019 sur HBO et OCS. Retrouvez ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Décembre 1984, c'est à cette date que s'ouvre le premier épisode de la dernière saison de The Deuce. Période de fin d'année, où les rues sont dominées par les températures glaciales habituelles à New York. Les devantures affichent leurs plus beaux néons. Les prostituées, elles, ne sont plus omniprésentes sur les trottoirs de la ville. Il commence à être loin, déjà, le début des années 70 qui était le cadre au lancement de la série. Avec la fin de la première saison et surtout l'entièreté de la seconde, on a pu assister aux mutations de ce microcosme urbain, autant dans…

Conclusion

Note de la rédaction

Riche, ample, intelligent et régulier, The Deuce aura été un show de grande qualité.

Note spectateur : Sois le premier !
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