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The First : l’Interstellar du petit écran ?

CRITIQUE SÉRIE – Diffusée sur Hulu, puis dans la foulée sur OCS, « The First », nouvelle création de Beau Willimon (le showrunner de « House of Cards ») prend pour thématique le voyage dans l’espace pour mieux traiter des relations humaines et de la perte de l’autre.

Voilà plus d’un mois maintenant que The First a été diffusée sur Hulu aux Etats-Unis. En France, la série est arrivée peu de temps après sur OCS. Avec cette création de Beau Willimon, le showrunner de House of Cards, nous aurons pris notre temps avant d’en accoucher par écrit notre sentiment. La raison est simple, la série composée de huit épisodes de quarante-cinq minutes est bouleversante et mérite d’être digérée. Non pas qu’il y ait quoi que ce soit de très complexe dedans. Mais par l’émotion qu’elle procure, il serait dommage de bâcler le visionnage de The First de manière trop express (comprenez un binge watching hardcore est déconseillé).

Tout commence,  dans un futur proche, le jour du départ d’une équipe de cinq astronautes pour Mars. L’excitation est à son comble, sauf pour un homme, Tom Hagerty (Sean Penn). Lui, hésite longtemps à regarder la retransmission de l’événement chez lui, vraisemblablement tracassé. On le comprend facilement, il n’est finalement plus du voyage, et sa relation avec Laz Ingram (Natascha McElhone) en a pris un coup. Pourtant, il finit par contacter l’équipe d’astronaute, après un accord donné froidement par Ingram. Un message d’encouragement, et le voyage peu commencer. Sauf qu’après le décollage, un drame se produit. La conquête de l’espace devra attendre et tandis qu’Ingram filera en réunion de crise, Hagerty sautera en voiture pour consoler les familles endeuillées.

De l’émotion longue durée

Alors, le sujet de The First n’est pas tant l’exploration d’une autre planète (même si cette question a une importance), mais plutôt des relations humaines, et notamment face au deuil. Le deuil des familles de la première équipe, mais également le deuil d’Hagerty et sa fille depuis la perte de sa femme. Puis, cette thématique évoluera avec les nouveaux astronautes prêts à partir vers Mars en dépit des risques évidents. Face à leur compagne ou compagnon, il leur faudra accepter de se séparer avec l’incertitude de se revoir. Enfin, pour Hagerty, ce sera la séparation avec sa fille, Denise, une jeune adulte qui, depuis le suicide de sa mère, a sombré dans une addiction à la drogue et reste toujours instable, plongeant alors son père face à un doute permanent.

The First : l'Interstellar du petit écran ? critique)
© 2018 Hulu

Tout au long des huit épisodes, Beau Willimon développe avec une sensibilité fabuleuse cette relation père/fille, pleine d’amour contenu et marquée par des moments de crises inéluctables. Sa force sera de ne jamais prendre parti pour l’un ou l’autre, mais bien de montrer deux points de vu, deux ressentis face à une situation dramatique, à laquelle on ne peut que se sentir impliqué. Pour Tom, il y aura la crainte de la laisser livrée à elle-même tout en désirant plus que tout de se plonger vers l’inconnu de Mars. Pour Denise, il y aura ce sentiment d’abandon lié à l’amour qu’elle porte pour son père. « Je te déteste parce que je t’aime » dira-t-elle lors d’un moment crucial de la série. Avant cela, elle le mettra au défi de partir pour sa mission et de la perdre. Deux séquences qui se répondent d’un épisode à l’autre et deviennent bouleversantes, grâce à la démarche précise de Beau Willimon, tout du long.

Un sans-faute de Beau Willimon

En effet, rien n’est de trop dans The First. Chaque scène, chaque phrase, chaque mot semble avoir été longtemps pensé, et sert finalement à caractériser au mieux des personnages, à les rendre empathiques pour mieux nous émouvoir. C’est notamment le cas de Laz, qui a tout pour être antipathique. Mais en justifiant son absence, à elle, d’empathie, par un pragmatisme poussé à l’extrême, Beau Willimon met face à un personnage bien plus complexe. Il rend alors attendrissante sa volonté de ne pas abandonner, et lui confère intelligemment des failles, notamment physique. Les autres membres de l’équipage ont également droit à au moins un épisode qui leur est consacré, permettant d’évoquer différents sujets – tels que la difficulté pour une femme de se faire sa place – sans que le récit général ne s’en ressente alourdi.

The First : l'Interstellar du petit écran ? critique)
© 2018 Hulu

Dès lors, en étant immergé dans ce flot d’émotion, on peut repenser à Interstellar de Christopher Nolan. Au-delà de la similitude dans le sujet (la quête de l’espace), c’est dans les rapports humains que les deux œuvres se ressemblent. L’engueulade entre Tom et Denise, peu de temps avant le départ de ce dernier, rappelant évidemment le départ de Cooper. On pourrait alors craindre que Beau Willimon se soit contenté de reprendre la recette de Nolan. Il n’en est rien. Au contraire, il parvient à s’approprier ces éléments et à les inclure dans son propre univers. Aussi, car ici son objectif premier est de travailler à l’empathie, et de mettre ainsi l’aventure de côté.

Avec Sean Penn, probablement dans un de ses meilleurs rôles, pour porter The First, la série apparaît comme une réussite en tous points. À ses côtés, Natascha McElhone et Anna Jacoby-Heron ne sont pas en reste. Mais surtout, The First n’aurait peut-être pas atteint ce degré d’excellence sans le travail de chaque réalisateur et réalisatrice. Durant les deux premiers épisodes, Agnieszka Holland passe du d’une vision globale à l’intime avec beaucoup de délicatesse. Daniel Sackheim fait preuve de maîtrise sur les deux suivants, où les enjeux sont davantage politiques et économiques pour la nouvelle mission. Puis, Deniz Gamze Ergüven fait exploser l’émotion à l’aide d’une mise en scène plus singulière et qui sort du lot, principalement sur l’épisode 5. Enfin, Ariel Kleiman se charge des épisodes 7 et 8, et referme la série dans les étoiles, offrant par la même occasion des images de l’espace apaisantes, en adéquation parfaite avec la conclusion apportée à Tom et sa fille. Absolument grandiose !

 

The First créée par Beau Willimon, diffusée sur OCS à partir du 9 octobre 2018. Ci-dessus la bande-annonce.

Voilà plus d’un mois maintenant que The First a été diffusée sur Hulu aux Etats-Unis. En France, la série est arrivée peu de temps après sur OCS. Avec cette création de Beau Willimon, le showrunner de House of Cards, nous aurons pris notre temps avant d’en accoucher par écrit notre sentiment. La raison est simple, la série composée de huit épisodes de quarante-cinq minutes est bouleversante et mérite d’être digérée. Non pas qu’il y ait quoi que ce soit de très complexe dedans. Mais par l’émotion qu’elle procure, il serait dommage de bâcler le visionnage de The First de manière…

Conclusion

Note de la rédaction

"The First", en se centrant davantage sur l'humain et notamment une relation père/fille, apparaît comme une série appart, où l'émotion est continue.

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