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The Handmaid’s Tale saison 3 : June plus déterminée que jamais

CRITIQUE / AVIS SÉRIE – Les Servantes écarlates préparent leur revanche dans l’ombre. Nous avons pu voir les trois premiers épisodes de la saison 3 de « The Handmaid’s Tale » et on vous dit ce qu’on en pense. Si la série a gardé de son impact, elle ne surprend plus trop.

La seconde saison de The Handmaid’s Tale a pu en surprendre plus d’un. Amorçant les prémices d’une révolte à venir, elle a partagé son audience à propos du traitement de June, dont le choix final pouvait donner lieu à quelques débats. La servante avait trouvé le moyen de quitter Gilead mais refusa de le faire pour sauver Hannah, restée là-bas. Son choix a été complexe et cornélien. Rester avec sa dernière, Nichole, ou s’en séparer pour peut-être ne jamais la revoir afin de se consacrer au sauvetage d’Hannah ? Si, en réalité, cette bifurcation scénaristique n’a pas plu à l’ensemble des téléspectateurs, c’est parce qu’il s’agit d’un dilemme qui n’a pas de réelle bonne réponse prédéfinie. Qu’importe le choix, il y avait à perdre. Et à gagner. Cette troisième saison ramène donc June dans la machinerie Gilead avec un objectif bien défini. Possédant des connaissances approfondies sur les rouages de cette grande société patriarcale, elle peut espérer s’en sortir en faisant sauter quelques piliers par la même occasion.

The Handmaid’s Tale s’est toujours présentée comme une dystopie. Mais le futur présenté n’a jamais paru si loin de notre présent. Parce que la liberté de la femme, dont il est question dans l’intrigue, est un combat qui est toujours en cours. La première saison était arrivée pile au bon moment pour se nourrir du scandale Weinstein et du courant #MeToo. L’actualité, justement, c’est ce qui n’a cessé de donner plus d’ampleur à la série. Son évolution narrative permet toujours de mettre en évidence une batterie d’échos à l’actualité. C’est sans trop de surprise que, pour cette troisième saison, on ne puisse s’empêcher de penser aux gros titres qui ont de quoi alarmer sur la situation dans laquelle se trouve, en particulier, la société américaine. Très récemment, certains états avaient relancé devant la Justice le combat pour contrer l’accès à l’IVG. Une nouvelle qui fait froid dans le dos et qui permet à The Handmaid’s Tale de ne pas perdre toute sa puissance thématique. Si son propos est, de base, percutant, il ne reste pertinent qu’avec ce que la réalité produit.

Dans les trois épisodes qui ont été mis à notre disposition, l’intrigue suit son cours. June assume de plus en plus son rôle d’élément important d’une révolution qui se prépare en cachette, dans les cuisines, les sous-sols, les rayons de supermarché. En acceptant de retourner à Gilead, June avait la ferme intention de faire exploser le patriarcat de l’intérieur. Quelque chose de gros va se passer (une armée de servantes en passe de se lever ?) et l’intrigant commandant Joseph Lawrence aura son importance. Sa place d’homme est bien plus complexe que celle du Commandant Waterford et tant mieux. En plus d’ajouter un pion sur l’échiquier, la série laisse plus de place à l’acteur Bradley Whitford, forçant le limité Joseph Fiennes à se mettre en retrait. La révolte sera encore plus intéressante en fonction des choix qui seront faits par Serena, que l’on sent travaillée par des questionnements intérieurs, à un pas de tourner le dos à sa place de privilégiée pour aider les servantes.

The Handmaid’s Tale arrive aussi, lorsqu’elle sort de Gilead, à évoquer d’autres combats. Ceux de l’après. Comment ces femmes peuvent-elles reprendre une vie normale lorsqu’elles ont été maltraitées de la sorte ? La série pose la question en suivant Emily au Canada dans son processus de reconstruction. Un chemin qui demande du courage pour ne pas sombrer psychologiquement. La saison 3 continue ainsi d’étendre son champ d’action thématique, on y voit là un reflet de ce que les victimes d’abus sexuels doivent endurer après le drame. La série a vraiment ce premier degré glacial et une envie de mettre le doigt là où ça fait mal, pour justement provoquer ce choc qui nous alertera. Toutes les strates s’emboîtent avec fluidité, sans que le programme ne semble prendre le problème par-dessus la jambe.

Cependant, pour émettre une petite réserve, The Handmaid’s Tale ne se réinvente pas – la saison 2 y était parvenue en présentant d’autres strates de Gilead (ce camp de travaux forcés qui rappelait une face sombre de notre Histoire). Un demi-problème, tant la série a déjà installé ses éléments forts. On sort de ces trois premiers épisodes avec le manque de quelque chose. Est-ce l’habitude à la noirceur de cet univers ? Peut-être. La recette marche, pour les raisons évoquées ci-dessus, mais il faudra rapidement trouver une issue convenable pour ne pas que la série se perde dans un prolongement superficiel.  On regardera avec curiosité ce qu’elle proposera dans les prochaines semaines avec cette salve d’épisodes. Pas dit qu’on lui réserve le même traitement lors d’une saison 4, ou plus si affinités.

The Handmaid’s Tale créée par Bruce Miller, saison 3 à partir du 6 juin 2019 sur OCS Max en US+24. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

La seconde saison de The Handmaid's Tale a pu en surprendre plus d'un. Amorçant les prémices d'une révolte à venir, elle a partagé son audience à propos du traitement de June, dont le choix final pouvait donner lieu à quelques débats. La servante avait trouvé le moyen de quitter Gilead mais refusa de le faire pour sauver Hannah, restée là-bas. Son choix a été complexe et cornélien. Rester avec sa dernière, Nichole, ou s'en séparer pour peut-être ne jamais la revoir afin de se consacrer au sauvetage d'Hannah ? Si, en réalité, cette bifurcation scénaristique n'a pas plu à l'ensemble des…

Conclusion

Note de la rédaction

The Handmaid's Tale garde de sa force et de sa pertinence mais le manque de nouveauté peut devenir handicapant à l'avenir.

Note spectateur : Sois le premier !

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