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The I-Land : un high-concept décevant sur Netflix

CRITIQUE / AVIS SÉRIE – Une promo mystérieuse aura fait naître de la curiosité sur « The I-Land ». Cette série d’aventure sur Netflix dévoile enfin ce qu’elle cache derrière son high-concept pas loin de celui de « Lost ». Et la déception ne tarde pas à pointer le bout de son nez…

Les récits de survie sur une île sauvage ne sont pas si rares. Depuis Robinson Crusoé, oeuvre matricielle au possible, on a vu défiler tout un tas de variations. La série Lost, les disparus en a été une qui tient une place complètement à part tant elle a suscité des réactions extrêmes. Quand on a vu les premières images de The I-Land, on n’a pu s’empêcher d’y repenser.

En l’occurrence, on parle ici d’un groupe d’une dizaine d’individus qui se réveille sur une île. Ils sont tous frappés d’amnésie et ne savent pas comment ils ont pu atterrir dans un endroit aussi paumé. Pas de trace de crash d’avion ou de bateau échoué, pas d’effets personnels en stagnation dans l’eau, aucune blessure à déplorer. C’est comme s’ils avaient été téléportés dans ce décor de carte postale. Ils ne se connaissent pas et ils vont devoir essayer de ne pas faire exploser ce groupe s’ils veulent avoir une chance de survivre. Quand des événements étranges vont leur faire comprendre qu’un lourd secret se cache derrière leur présence en ces lieux, la série va glisser sur un autre terrain.

Un survival mou

Pour que le high-concept garde de son intérêt, on se gardera de vous en dévoiler la nature mais ne fondez pas trop d’espoir en lui tant il risque de vous décevoir une fois à visage découvert. Avant de réellement le cerner, il faut endurer une longue exposition d’au moins deux épisodes où il ne se passe pas grand chose, si ce n’est quelques querelles entre les membres du groupe. On s’attendait à un survival dynamique bourré de péripéties, on se retrouve en fait avec une série qui enchaîne les dialogues sans aucun principe de mise en scène pour les sublimer.

Les scènes sont emballées mollement, avec un gros déficit de talent derrière la caméra. Rien ne se démarque de l’ensemble dans l’enchaînement des plans, pour laisser s’installer un statisme handicapant, vrai frein à l’apparition d’émotion, d’implication. L’emballage général de facture moyenne met rapidement en évidence le manque de moyens dans la direction artistique. L’île a l’air vide, ne s’incarne pas dans des éléments forts si ce n’est un requin (moche) dans l’eau et un orage qui vient mouiller ce beau monde. Et ce ne sont pas quelques plans de coupe sur des insectes ou la faune qui vont instaurer un début de personnification. Les éléments mystérieux balancés ponctuellement sous forme d’indices ne font que très peu sursauter notre curiosité, alors que l’encéphalogramme reste tristement plat.

Une artificialité cohérente

Le postulat de base dépassé, c’est cet aspect superficiel qui prend le dessus. Cette eau trop bleue, cette végétation trop belle, ses personnages aux formes avantageuses, ce requin qui pue le numérique… Jusque dans les dialogues et les interactions avec les personnages, on y sent une artificialité qui fait glisser The I-Land plus vers de la télé-réalité aventurière (la rivalité Natalie Martinez/Kate Bosworth l’explicite) que vers un ersatz de Lost. Volontaire ou non, ce goût du fake entre en cohérence avec le concept. Il n’est pas une excuse pour justifier que la série soit aussi faiblarde visuellement, mais il provoque un trouble. On pourrait dire que ce traitement est, à défaut d’être finaud, au moins en total accord avec ce que veut raconter The I-Land.

Le problème est que ces gros traits sont toujours présents lorsqu’on sort du cadre de l’île. Sans trop vous en dire, certaines séquences viennent raconter des événements se déroulant dans d’autres décors et là aussi la série sonne terriblement faux, cheap. Il y avait un coup à tenter sur ce principe de superficialité dans un monde qui joue sur les apparences, sauf que, le premier rideau passé, on ne trouve aucune autre couche derrière pouvant apporter un éclairage plus profond sur les thématiques et les personnages. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas servis par une distribution qui va les sauver. Personne n’arrive à apporter de la consistance en s’appuyant sur des caractérisations écrites au stabilo épais.

Si aucun naufrage n’est à l’origine du pitch, c’est parce qu’il attendait que le spectateur monte à bord pour avoir lieu. Ces sept épisodes qui composent cette mini-série limitée ne peuvent, en cette rentrée chargée, que s’enfoncer dans les tréfonds du catalogue Netflix avec le temps. Et pas grand monde ne la regrettera.

The I-Land créée par Lucy Teitler et Neil LaBute, sur Netflix à partir du 12 septembre 2019. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

Les récits de survie sur une île sauvage ne sont pas si rares. Depuis Robinson Crusoé, oeuvre matricielle au possible, on a vu défiler tout un tas de variations. La série Lost, les disparus en a été une qui tient une place complètement à part tant elle a suscité des réactions extrêmes. Quand on a vu les premières images de The I-Land, on n'a pu s'empêcher d'y repenser. En l’occurrence, on parle ici d'un groupe d'une dizaine d'individus qui se réveille sur une île. Ils sont tous frappés d'amnésie et ne savent pas comment ils ont pu atterrir dans un…

Conclusion

Note de la rédaction

Peu intéressante sur la forme et le fond, The I-Land est une série dispensable.

Note spectateur : 2.63 ( 19 votes)
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1 commentaire
  1. Je ne suis pas d’accord , les gens sont habitué a regarder des séries sans fonds … La il y en a un ! C’est ce qui les déstabilisé et les font fuir cette série ! L’idée est bonne , on ne cherche pas a impressionner le spectateur a chaque moment mais a le faire réfléchir ! Le contexte extérieur est lui louable bien que bancale a mon gout … Mais en dehors de ça , la série est bonne , bien jouee et jolie. Comme le dit l’article la superficialité des décors est expliquée et est donc logique ! Je recommande cette série qui m’a fait passer un bon moment !

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