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Three Girls : coup de poing dans la sphère sérielle

CRITIQUE SÉRIE – S’il y a une mini-série a rattraper cet été, c’est bien « Three Girls », nouvelle création produite par BBC et diffusée en France sur Arte, sur l’histoire vraie de trois jeunes filles violées et jetées dans un réseaux de prostitutions.

Le cinéma et la télévision britannique semblent être abonnés aux histoires sociales tragiques et dramatiques. Cette fois, la télévision s’empare d’une histoire vraie, celle de trois jeunes filles, mineures, violées et jetées dans un réseau de prostitutions en 2008 dans la ville de Rochdale, au nord de l’Angleterre . Il aura fallu attendre 2012 pour que l’histoire, véritable scandale de l’autre côté de la manche, éclate au grand jour. Les coupables avaient violé plus de 47 jeunes filles, toutes issues du milieu défavorisé du pays. Les neufs hommes anglais, presque tous, d’origine pakistanaise ont profité de la misère sociale de ces jeunes filles, de leur fragilité émotionnelle, pour fermer un piège autour d’elles. L’histoire, largement connue en Angleterre, avait attiré l’attention de tous car elle traitait à la fois de la misère sociale, des violences sexuelles faites aux femmes et du racisme (l’histoire ayant fait les beaux jours du parti d’extrême droite anglais).

Créée par Nicole Taylor et réalisée par Philippa Lowthrope, Three Girls (mini-série en trois épisodes) traite cette histoire avec beaucoup de justesse, de manière la plus réaliste qu’il soit et bien que difficile à regarder, est un véritable travail journalistique. Elle est abordée comme une affaire jamais élucidée qui donne la parole, pour la première fois dans cette histoire, aux victimes. La mini-série prend le point de vue de trois d’entre elles : Holly Winshaw (Molly Windsor), Amber Bowen (Ria Zmitrowicz) et Ruby Bowen (Liv Hill).

Histoire vraie et dénonciation politique

La série commence par Holly, une jeune adolescente de quinze ans qui connaît sa première histoire d’amour avec un garçon de son âge, qui se trouve être dans le même collège qu’elle. Elle le suit un peu partout jusqu’à chez lui où elle y rencontre ses deux sœurs, Amber et Ruby. Elles deviennent amies et comme toutes les jeunes filles de leur âge elles sortent jouer dans les rues et manger du fast-food. Elles se retrouvent alors dans un restaurant pakistanais et y sont traitées comme des princesses : nourriture gratuite, alcool à volonté et petits cadeaux. Le piège se referme sur elles, elles sont violentées et violées par les hommes du restaurant.

Three Girls : coup de poing dans la sphère sérielle

S’en suit alors une affaire qui brisera à jamais la vie de ces jeunes filles qui, en plus d’être régulièrement droguées et alcoolisées de force, seront violées par un gang qui bénéficiera de l’aveuglement des autorités, de remise en cause des paroles des victimes qui seront jugées témoins irrecevables par leurs parents et encadrants. L’affaire prend soudainement un discours politique. Les scènes du jugement en témoignent. Les victimes sont remises en question, elles deviennent presque les coupables, la faute à un système pourri et aux agissements crasseux. Les autorités ayant peur d’être jugées raciste (les hommes étant originaires du Pakistan et d’Afghanistan), et le gouvernement jugeant les victimes trop pauvres pour être considérées.

Le réalisme à l’anglaise

C’est grâce à une assistante sociale chargée de l’éducation sexuelle des plus jeunes, qui se battra contre la justice, que ces filles trouveront finalement une oreille attentive. C’est à la manière d’un héros du quotidien chez Ken Loach, cinéaste qui traite la misère sociale anglaise comme personne, que cette assistante sociale se retrouve dénonciatrice des crimes et du système défaillant. Un personnage fort et incarné par Maxine Peake, bluffante.

C’est à cœur ouvert, la gorge tranchée, que cette mini-série signée par la BBC transmet la réalité d’un monde sans avoir l’extravagance d’une réponse apportée sur un plateau dorée. Dur, crue, poignante mais essentielle, Three Girls apporte une critique sévère des autorités anglaises, qui peut être transposée dans bien d’autres pays. Brillamment interprétée par trois jeunes actrices héroïques, remarquablement réalisée, elle a toutes les qualités d’une grande série. Elle est juste, nuancée et prend aux tripes. C’est tout ce qu’on attend d’une série qui s’inscrit dans un réalisme effrayant mais justement représenté, sans artifices et sans futilités destinées à impressionner les spectateurs.

 

Three Girls créée par Nicole Taylor, diffusée sur Arte à partir du 14 juin 2018 et disponible en replay. Ci-dessus la bande-annonce.

Le cinéma et la télévision britannique semblent être abonnés aux histoires sociales tragiques et dramatiques. Cette fois, la télévision s'empare d'une histoire vraie, celle de trois jeunes filles, mineures, violées et jetées dans un réseau de prostitutions en 2008 dans la ville de Rochdale, au nord de l'Angleterre . Il aura fallu attendre 2012 pour que l'histoire, véritable scandale de l'autre côté de la manche, éclate au grand jour. Les coupables avaient violé plus de 47 jeunes filles, toutes issues du milieu défavorisé du pays. Les neufs hommes anglais, presque tous, d'origine pakistanaise ont profité de la misère sociale de…

Conclusion

Note de la rédaction

Bilan très positif

"Three Girls" est une mini-série qui a toutes les qualités d'une grande : puissante, poignante et essentielle.

Note spectateur : Sois le premier !
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