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White Lines : le créateur de La Casa de Papel nous embarque à Ibiza

White Lines : le créateur de La Casa de Papel nous embarque à Ibiza

CRITIQUE/AVIS SÉRIE - Álex Pina, le créateur de "La Casa de Papel", s'offre une nouvelle collaboration avec Netflix. "White Lines" nous immerge dans l'ambiance solaire et survoltée d'Ibiza pour une enquête sur la mort mystérieuse d'un DJ mancunien dont le corps est retrouvé des années après.

Álex Pina n'est pas un nouveau venu dans le paysage télévisuel. Mais c'est le succès de La Casa de Papel qui nous l'a fait appréhender comme un créateur capable d'inventer des histoires qui peuvent emporter des millions de téléspectateurs à travers le monde. Son rapprochement avec Netflix doit lui permettre de conforter sa place au premier plan. Mais pour son retour sur la plateforme, avec White Lines, il cède à l'appel du casting (presque) anglophone tout en situant l'intrigue dans son pays. À Ibiza, plus précisément. L'île espagnole est principalement connue pour ses grosses fêtes qui font rêver tant de jeunes. Une destination parfaite pour un DJ qui souhaiterait se faire un nom. Le blondinet Alex en a marre de la grisaille de Manchester et rêve d'animer les plus grosses nuits d'Ibiza. Il va découvrir, là-bas, une nouvelle vie absolument dingue. Mais, à peine dans la vingtaine, il va disparaître. 20 ans après, son corps est retrouvé. Alex a été assassiné et enterré. Pourquoi ? Qui est responsable ? Sa soeur va se rendre sur place pour essayer de trouver les réponses à ses questions et ne lâchera pas l'affaire avant que la vérité n'éclate au grand jour.

Un thriller efficace, à défaut d'être excellent

White Lines : le créateur de La Casa de Papel nous embarque à Ibiza

La Casa de Papel est connue pour être un spectacle total, où les péripéties, révélations et twists font tout pour maintenir le spectateur en haleine. C'est même parfois trop, donnant l'impression que la série va dans tous les sens, mais ça lui confère un certain charme. White Lines arrive avec des sabots moins gros et prend le temps de poser son histoire, son ambiance, ses personnages. La première partie du pilote n'est même pas toujours très agréable à suivre, le temps qu'on comprenne un peu qui seront les principales figures de cette histoire. Puis on s'élance dans une intrigue teintée de mystère où le passé vient faire écho au présent - ou inversement. Au niveau de l'écriture, on sent une certaine science pour emporter l'audience efficacement.

À défaut de faire preuve de finesse dans la divulgation des éléments importants à la compréhension du récit, l'efficacité est de mise pour maintenir une tension narrative. Ça donne ainsi lieu à des scènes grossièrement amenées, comme quand un homme de main et l'héroïne se retrouvent au même endroit pour interroger une personne - avec des méthodes différentes. White Lines aborde l'ambiance d'Ibiza sans une réelle originalité, avec une dose de sexe vaguement graphique et quelques scènes de fête dynamiques. Quant à l'intrigue policière, elle met du temps à tout déballer, pour s'assurer de faire durer le suspense sur l'ensemble des 10 épisodes.

Tom Rhys Harries, l'ange déchu de White Lines

La série d'Álex Pina ne se démarque pas quand il faut représenter le monde de la nuit, ni quand elle doit dresser sa galerie de personnages. Comme dans La Casa de Papel, quasiment tout le monde en fait des caisses et sort ses plus beaux regards profonds pour essayer d'habiter les rôles. On s'en rend surtout compte du côté des méchants et politiciens qui ne sont pas à l'aise avec leurs secrets qui font surface. Laura Haddock s'en sort bien mieux dans le rôle principal mais c'est deux hommes qui se démarquent vraiment. D'abord Daniel Mays, génial en DJ dépassé par les événements et vieille connaissance de l'héroïne. Derrière son côté gauche se cache une vraie sensibilité et quelques belles jolies scènes sont à mettre à son actif. Ensuite, c'est Tom Rhys Harries qui marque par sa présence éphémère.

White Lines : le créateur de La Casa de Papel nous embarque à Ibiza

White Line revient souvent sur le passé de ce jeune homme ambitieux issu de Manchester. En jouant sur une temporalité double, les flashbacks composent un personnage fragile, une figure tragique au visage angélique, dont le destin n'en est que plus triste quand on apprend à découvrir ce qui l'animait. C'est dans ces interstices que l'on trouve le plus d'intérêt à White Lines, regrettant presque que la narration ne se soit pas montrée classique en racontant les débuts du personnage et son arrivée à Ibiza, avec le même sort à l'arrivée. Mais l'enquête n'en demeure pas moins pas désagréable, si on se laisse prendre au jeu et qu'on accepte les largesses d'écriture de toutes parts (les séances de psy à distance sont inutiles) et les clichés employés (la description du fonctionnement du trafic de drogue, par exemple).

L'été arrivant, White Lines ne devrait pas manquer de trouver son public, la recette étant assez abordable pour toucher une grosse part des abonnés Netflix. Peut-être pas au point d'atteindre le succès dément de La Casa de Papel, mais assez pour satisfaire les demandeurs de divertissements pas trop pointus.

White Lines créée par Álex Pina, à partir du 15 mai 2020 sur Netflix. Ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.