Winning Time : une plongée passionnante dans l'ascension des Lakers

Une série produite par Adam McKay

Winning Time : une plongée passionnante dans l'ascension des Lakers

CRITIQUE / AVIS SÉRIE - Produite par Adam McKay, la série "Winning Time : The Rise of the Lakers Dynasty" se penche sur la transformation et l'ascension du célèbre club de basket de Los Angeles à l'aube des années 80. Un programme passionnant, qui fait la part belle à sa galerie de personnages.

Winning Time : les coulisses fascinantes d'un club mythique

Les fans d'Adam McKay n'auront aucun mal à retrouver le style du cinéaste dans l'ouverture du pilote de Winning Time : The Rise of the Lakers Dynasty. Allongé dans un lit avec une conquête à l'aube des années 80, l'investisseur immobilier Jerry Buss se lance dans une réflexion passionnée sur le basket-ball. Dans les secondes qui suivent, l'homme d'affaires quitte le manoir Playboy au sein duquel une orgie a semble-t-il eu lieu la veille et annonce au spectateur qu'il est sur le point d'acheter un club. Et pas n'importe lequel.

Devenu propriétaire des Lakers, Buss entend bien permettre à l'équipe alors en pleine accalmie de tutoyer à nouveau les sommets de la NBA. Le traitement visuel vieilli, le montage rempli de coupes abruptes et la manière dont les personnages brisent le quatrième mur interpellent d'emblée le spectateur. Des choix pertinents qui l'embarquent immédiatement dans la décennie la plus excessive du XXe siècle pour les États-Unis.

Winning Time : The Rise of the Lakers Dynasty
Winning Time : The Rise of the Lakers Dynasty ©HBO

Producteur exécutif de ce programme en dix épisodes créé par les scénaristes Jim Hecht et Max Borenstein, Adam McKay y insuffle le dynamisme et le côté ludique de The Big Short : Le Casse du siècle. Mais s'il n'est pas exempt de complexité, de magouilles et autres stratégies, le monde du basketball demeure tout de même plus accessible que celui des finances. Ce qui permet à la série d'emporter sans difficulté le public dans les coulisses d'un club qui va se relever grâce à une association de multiples talents, qui parviendront à surmonter des erreurs de jugement, des manques de communication, des problèmes d'ego ainsi que les accidents et imprévus du quotidien.

John C. Reilly magistral

De l'investissement malin de Jerry Buss aux prouesses de l'équipe sur le terrain, en passant par les décisions marketing, le choix des sponsors ou l'émergence d'une véritable énergie entre les joueurs au cours des entraînements, Winning Time aborde tous les aspects complémentaires et nécessaires à la renaissance des Lakers. Mais la dimension la plus importante de la série reste la caractérisation magistrale de sa multitude de personnages.

Jerry Buss mène évidemment la danse. Son style outrancier et son goût pour la fête ne freinent en rien son professionnalisme. Au contraire, le businessman s'en sert pour convaincre ses différents partenaires. Si l'envie de voir Will Ferrell dans ce rôle qu'il voulait tant est d'abord présente - le refus d'Adam McKay ayant d'ailleurs creusé le fossé entre eux puisqu'il lui a préféré son acolyte de Frangins malgré eux - John C. Reilly n'a aucun mal à l'éclipser.

Winning Time : The Rise of the Lakers Dynasty
Winning Time : The Rise of the Lakers Dynasty ©HBO

Le comédien retrouve un registre qu'il a déjà expérimenté au côté de Paul Thomas Anderson dans Boogie Nights. L'acteur incarne un protagoniste à la fois ringard et profondément charismatique, cinglant et exigeant mais respectueux avec ses collaborateurs, léger mais parfois rattrapé par une certaine gravité, notamment dans sa relation avec sa mère Jessie (Sally Field).

Des personnages secondaires essentiels

Au fil des épisodes, Jerry Buss se place en retrait pour laisser exister d'autres personnages essentiels. L'évolution du jeune Magic Johnson (Quincy Isaiah) hésitant mais déterminé et débordant de confiance est probablement l'autre axe le plus développé de la série.

Mais ceux de l'ancien joueur Pat Riley (Adrien Brody) désireux de travailler au sein du club, du coach au bord de la crise de nerfs Jerry West (Jason Clarke), de l'entraîneur rigoureux Jack McKinney (Tracy Letts) ou encore du réfléchi Kareem Abdul-Jabbar (Solomon Hughes) ne sont jamais négligés. Jason Segel, Gaby Hoffmann, Julianne Nicholson, Rob Morgan, Wood Harris et Gillian Jacobs complètent cette distribution parfaite.

Un drame sportif entraînant

Les fictions autour du sport sont légion outre-Atlantique. Winning Time semble à la croisée de deux projets marquants appartenant au genre : Le Stratège et Moi, Tonya. Comme le premier, il plonge le spectateur dans un univers fondamental de la culture américaine avec une capacité à s'adresser aux amateurs comme aux néophytes. La série n'hésite pour cela pas à mettre le basket au second plan pour se concentrer sur les décisions, les secrets et les hasards qui mènent à une victoire ou une défaite, dépassant ainsi le cadre du jeu.

Et comme le biopic sur la patineuse Tonya Harding, elle cherche la complicité du spectateur en s'adressant directement à lui. Le programme met en revanche progressivement de côté les sarcasmes du film avec Margot Robbie, adoptant un ton de plus en plus sérieux qui s'adapte aux enjeux de ses personnages. Refusant souvent la forme du spectacle galvanisant et bling-bling, Winning Time prend donc celle d'une succession réussie de portraits de celles et ceux qui ont permis à un club d'entrer dans la légende.

Winning Time : The Rise of the Lakers Dynasty de Jim Hecht et Max Borenstein, est disponible sur OCS à partir du 7 mars 2022. Découvrez ci-dessus la bande-annonce. Retrouvez ici toutes nos bandes-annonces.

 

 

 

 

 

 

 

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