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The Bad Batch – Notre avis sur le film d’Ana Lily Amirpour

Ambiance « Burning Man » pour « The Bad Batch », second long-métrage de Ana Lily Amirpour, décevant malgré un casting de renom.

Pour Ana Lily Amirpour, Américaine d’origine iranienne, le rang de réalisatrice prometteuse s’était établi de façon assez unanime avec son premier long-métrage, A Girl Walks Home Alone At Night, qui avait fait son petit effet en festival. Son univers visuel atypique et son ambiance unique inspirée des mythes orientaux et occidentaux – ce film, en noir et blanc et en langue persane, prenait place dans une ville fantôme en Iran et racontait les errances de vampires en quête de chair fraîche – avait séduit la critique et le public et laissait donc envisager de bonnes choses pour la suite. Le cinéma indépendant américain avait trouvé une nouvelle étoile.

Il est alors assez étonnant de constater à quel point, sur le papier, le second long-métrage d’Ana Lily Amirpour contraste avec le premier. The Bad Batch prend place dans un futur proche, où une prison à ciel ouvert près du Texas, à la limite de la frontière américano-mexicaine, a été créée afin d’y incarcérer, à vie, les marginaux, rednecks, criminels et autres freaks indésirables aux yeux de la société. La jeune Arlen (Suki Waterhouse), sexy white-trash, y est incarcérée au début du film. Dès son arrivée, celle-ci est capturée au sein d’une tribu cannibale. Amputée d’un bras et d’une jambe, elle parvient à s’enfuir au beau milieu du désert avant d’être secourue par un vagabond (Jim Carrey), qui l’emmène à Comfort, une ville où il fait, en apparence, bon vivre.

The Bad Batch

A Girl Walks Alone

Malgré ce synopsis très différent et son univers à la Borderlands, The Bad Batch commencera et finira pourtant dans le même style qui faisait le charme de A Girl Walks Home Alone At Night ; très silencieux, contemplatif et mystérieux. Si la jeune Arlen, un bras en moins et une jambe de bois en plus, fait bien évidemment écho à  « La fille qui marchait seule la nuit » du film précédent, les tics et idées visuelles d’Amirpour sont toujours présents (pour le bon comme le moins bon).

Il ne faudra donc pas s’y tromper : non, The Bad Batch n’est ni un film d’action nerveux à la Mad Max : Fury Road, ni un film d’horreur apocalyptique comme La Colline a des Yeux. Malgré leurs pitchs plus ou moins similaires (communautés cannibales, futur post-apo, héroïne amputée style Furiosa, portrait de l’Amérique « redneck »), Amirpour n’est ni George Miller ni Alexandre Aja. Aucune scène d’action, aucun moment de frayeur. The Bad Batch, malgré son titre et la promotion maladroite dont il est victime, se situe à l’opposé de ce que pourrait laisser croire le projet de départ. Le casting, impressionnant, est même utilisé à contre-emploi – Jason Momoa est un père protecteur et l’un des personnages les plus calmes du film et Jim Carrey, habituellement extravagant, reste muet.

The Bad Batch

« Sundance approved »

Toutes ces particularités qui font de The Bad Batch un film étonnamment différent, et donc d’intérêt (à la lumière de sa bande-annonce par exemple), sont malheureusement aussi ses lacunes. Révélée grâce au fameux festival du cinéma indépendant américain, ce second film d’Amirpour n’échappe par exemple pas à un estampillage « Sundance ». Très clippé, parfois même poseur, The Bad Batch enchaîne des scènes très visuelles au rythme de morceaux de Nicolas Jaar et de son groupe Darkside.

The Bad Batch ne peut ainsi pas s’empêcher de se reléguer lui-même au statut de film de festival, dans sa manière, assez molle parfois, d’enchaîner de jolis petits clips arty orientés « hipster », sans punch ni intensité. Car même si certaines séquences ont le mérite d’oser sans crainte du ridicule (là où, entre autres, Arlen s’essaie au LSD au beau milieu d’un désert), l’ensemble de The Bad Batch se déploie sur un même ton : via un suspense mollasson, vaporeux, qui s’étiole petit à petit jusqu’à un dénouement sans aucun impact.

Au fond, sans la force d’un vrai film post-apocalyptique ni d’un film d’horreur, mais avec une identité toujours aussi remarquable et assumée, The Bad Batch présente les qualités et les défauts inhérents aux productions pour festival. Original mais lacunaire, ce second long-métrage d’Ana Lily Amirpour provoque un sentiment mitigé : à la fois rassuré par l’assurance de sa réalisatrice à perpétuer un univers malgré une production plus importante, mais aussi agacé par les écueils trop facilement évitables d’un film en forme de long clip Sundance.

 

The Bad Batch d’Ana Lily Amirpour, sur Netflix le 22 septembre 2017. Ci-dessus la bande-annonce.

Pour Ana Lily Amirpour, Américaine d'origine iranienne, le rang de réalisatrice prometteuse s'était établi de façon assez unanime avec son premier long-métrage, A Girl Walks Home Alone At Night, qui avait fait son petit effet en festival. Son univers visuel atypique et son ambiance unique inspirée des mythes orientaux et occidentaux - ce film, en noir et blanc et en langue persane, prenait place dans une ville fantôme en Iran et racontait les errances de vampires en quête de chair fraîche - avait séduit la critique et le public et laissait donc envisager de bonnes choses pour la suite. Le cinéma indépendant américain avait…

Note de la rédaction

Note de la rédaction

Peut mieux faire

Sans s'amputer de son univers sonore et visuel unique, Ana Lily Amirpour livre, avec The Bad Batch, un énième clip géant.

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  • Rick90vult

    J’hesitais a le voir, finalement je le regarderais pas