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Gros Plan : En eaux troubles ou la face cachée des océans

D' »Abyss » à « Sharknado », en passant par « Le Monde de Nemo », on fait le tour du monde sous-marin au cinéma.

A l’occasion de la sortie d’En Eaux Troubles de Jon Turteltaub avec Jason Statham, il est bon ton de faire un petit catalogue des films sous-marins. Merveilleux et dangereux, l’océan fascine au plus haut point les Hommes. De découvertes fantastiques aux accidents mortels, l’Océan a inspiré le cinéma, l’a accompagné et l’a magnifié. On va parler de requins bien évidemment, mais pas que. Petit tour non exhaustif des films sur l’océan.

Abyss de James Cameron (1989 ) – Le classique mystérieux

James Cameron est un réalisateur passionné par l’océan. Il détient encore aujourd’hui le record personnel de l’Homme qui est allé au plus profond des océans. Avec son sous-marin il s’est engouffré dans la fosse de Mariannes à plus de 1000 mètres de profondeur, un record encore inégalé, volé à la barbe de l’explorateur français Jacques Cousteau. Passionné par l’océan James Cameron est également le cinéaste derrière Titanic, lui aussi très influencé par l’océan. Mais le sujet se concentre sur les films sous l’eau. Sinon, on ne s’en serait pas sorti, et surtout parce qu’on a une petite préférence pour Abyss, cette œuvre fantasmagorique et mystérieuse.

Porté par Ed Harris, Abyss est le parfait mélange de la définition de l’océan : le danger et le merveilleux. Film de science-fiction intelligent, le cinéaste reprend les codes de l’horreur SF et de ses maîtres comme Alien. Dans un univers sombre, dans les profondeurs de l’océan, une équipe d’explorateurs est aux prises avec de mystérieuses créatures marines. Bien loin du classique requin, Abyss vient donner une autre identité aux abysses, il vient définir l’inexplicable par le fantastique comme l’être humain l’a fait à travers le temps et les âges. Des créatures sous-marines inconnues composées d’eau. On ne spoilera pas la fin, mais Abyss est une œuvre remarquable portée par un casting parfait, une vision de l’océan et de la science-fiction inédite. Thriller, horreur et SF rythment le long-métrage de James Cameron qui assure un spectacle féerique et claustrophobe superbe.
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Instinct de survie de Jaume Collet-Serra (2016 ) – le renouveau du genre

Jaume Collet-Serra connaît ses classiques et revient à la peur primaire du film de requin. Bien sûr Les Dent de la Mer reste le papa du genre tant Steven Spielberg a influencé le genre. Le style a eu son lot de navet en tout genre, mais parfois il ressort quelques petites pépites. Instinct de Survie fait parti de ceux-là. Avec son scénario qui tient sur un timbre-poste, le cinéaste a cherché à revenir aux instincts primaires, à la peur profonde de l’océan et au fantasme du requin tueur. Une jeune surfeuse se retrouve prise au piège sur un caillou, à une centaine de mètres de la plage, un requin tueur dans les parages. Scénario classique donc. Mais les effets de mise en scène fonctionnent à la perfection. Jaume Collet-Serra parvient à distiller l’épouvante avec précision. La grande force de ce long-métrage est sa simplicité et un retour aux ressorts horrifiques indémodables qui ont fait le succès de Les Dents de la Mer : de la suggestion, une peur primale et des jeux d’ombres et de silhouettes oppressants. L’opposition de l’homme et de la nature dans un survival parfaitement orchestré. Un succès inattendu.
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Piranha 3D de Alexandre Aja (2010) – Le plaisir coupable

Blockbuster décérébré, Piranha 3D assure le spectacle de A à Z. Film bourré d’auto dérision et en roue libre totale, le long-métrage offre une approche gore et stupide revigorante. Sous son déchaînement d’hémoglobine, le réalisateur offre des passages jouissifs, où la violence et la surenchère n’ont plus de limite. Des filles en bikinis se font dévorer, des pénis flottent à la surface, et l’océan devient rouge vif. Bête et con, Piranha 3D ne ment pas sur sa cargaison, se détache du film familial, promet un film abrutissant mais divertissant au plus haut point, permettant au spectateur de déchaîner sa soif sadique de destruction, dans un spectacle superbe et généreux qu’En Eaux Troubles a tenté de recopier sans l’égaler.
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La Vie Aquatique de Wes Anderson (2003) – La comédie Cousteau

Wes Anderson a un talent monstrueux, ceci n’est plus à démontrer. Lorsqu’il fait appel à Bill Murray pour se moquer du commandant Cousteau, ceci ne pouvait que faire des étincelles. Le cinéaste se moque de l’explorateur français, qui en quête de découvertes toujours plus poignantes, finira petit à petit dans un business télévisé à des années-lumières de ses premières recherches. Wes Anderson pose son regard sur cet homme qui, après avoir affronté les grands dangers du fond de l’océan est devenu un élément de ce qu’il détestait, un personnage mystérieux qui a renié ses préceptes pour de l’argent. On aurait pu vous citer le récent L’Odyssée de Jérôme Salle qui retrace cette histoire, mais la vision décalée et intelligente de Wes Anderson est une pépite inoubliable.
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Les Seigneurs de la Mer de Rob Stewart (2008) – Le documentaire engagé


L’activiste et plongeur australien Rob Stewart, décédé il y a quelques années, a signé un documentaire vibrant et engagé sur la défense des requins. Steven Spielberg a traumatisé une génération entière avec son film Les Dents de la Mer appuyant la peur primale du requin tueur et offrant une image déplorable à ces grands poissons. Rob Stewart a voulu rendre justice à ses amis marins avec ce documentaire édifiant sur la condition du plus grand prédateur marin. Une condition désespérée dans laquelle le requin est chassé, tué, braconné pour ses ailerons. A travers le monde entier il prend sa caméra et film ses puissants prédateurs rappelant que le véritable danger ne vient pas du fond des mers mais bien de la terre ferme.
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Sharknado d’Anthony C. Ferrante (2014) – le navet en puissance

Le film de requins est un genre qui, la plupart du temps, s’inscrit dans le genre du navet. Steven Spielberg a popularisé le genre, qui est devenu pratiquement viral, et a offert son panel de mauvais films. Le plus populaire demeure Sharknado. Pourquoi est-il le plus célèbre ? Certainement parce qu’il reste le moins mauvais et que son concept vaut le détour : des requins dans des tornades. Le danger ne vient plus uniquement de l’océan mais est omniprésent. Dorénavant tu peux aller chercher ton pain, sur la terre ferme, et être bouffé par un requin. Franchement, fallait y penser.
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Le Monde de Némo de Andrew Stanton et Lee Unkrich (2003) – L’animation au service de la jeunesse


Le requin est souvent présenté comme le prédateur dangereux et assoiffé de sang. Les films d’animation sont là pour défendre leur cause comme Le Monde de Némo où le puissant Bruce n’est finalement pas le terrible prédateur annoncé dans Les Dents de la Mer. Certes, il ne faut pas trop l’énerver et il ne faut pas l’aguicher avec du sang, mais sinon il reste plutôt cool. Le Monde de Némo est une œuvre remarquable, les studios Pixar, comme d’habitude, savent s’adresser à un public hétéroclite composé de jeunes comme d’adultes. C’est une critique construite et intelligente de la condition écologique de nos océans. Andrew Stanton présente la pollution microscopique ou compulsive, la pêche, les aquariums et autres panels destructeurs pour la faune aquatique, démontrant lui aussi que le vrai danger ne vient pas du fond des océans.
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Les Dents de la Mer de Steven Spielberg (1975) – Le classique des classiques

Le premier blockbuster de l’histoire du cinéma, le premier film d’horreur sous-marins, le premier grand classique des films de requins, et le film qui a terrorisé une génération entière des bains marins estivaux, on ne présente plus Les Dents de la Mer, ce film horrifique de génie. Steven Spielberg a obtenu une renommée internationale grâce à ce chef d’œuvre du genre. Dès la scène d’ouverture, entièrement culte, le thème est lancé, l’ambiance posée, et le danger fantasmagorique. C’est ça la grande force de Les Dents de la Mer : la suggestion. Toute la première moitié du long-métrage repose sur les non-dits, sur l’absence de vision horrifique, sur le calme et le sous-entendu. Bien plus que les jumpscare ou les effets gores, c’est la suggestion qui permet à l’horreur de prendre toute son identité, grâce à la mise en place d’une ambiance lancinante et oppressante. La seconde partie tombe dans le blockbuster, avec un requin en carton-pâte qui a pris un certain coup de vieux. Mais le film de Steven Spielberg est devenu incontestablement culte, grâce à sa maîtrise inébranlable. Après tout, Ridley Scott a pitché Alien, le huitième passager en affirmant que ce serait un Les Dents de la Mer dans l’espace. D’où l’influence énorme que ce film de requin a eu sur le cinéma moderne.

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