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Gros Plan la saga Dragons : quand Dreamworks crache des flammes

Pour ceux qui viennent de découvrir « Dragons 3 : Le Monde Caché », petit retour en arrière. Depuis 2009 la saga Dreamworks anime des dragons passionnants. Gros plan sur cette saga déjà devenue culte, composée de trois films et d’une série longue de plusieurs saisons.

Dragons 3 : Le Monde Caché cartonne en ce moment même au box-office mondial. Un troisième opus qui doit être une conclusion de la saga, sans retour possible. Dean DeBlois est l’homme derrière les trois épisodes de la franchise. Mais connaissez-vous vraiment Dragons ?

2009 : une nouvelle saga pour Dreamworks

Après Shrek, Kung-Fu Panda et Madagascar voici la quatrième saga initiée par Dreamworks. Pour l’occasion le studio fait appel à Chris Sanders et Dean DeBlois pour réaliser cette adaptation du livre How to train your dragon de Cressida Cowell sorti en 2003. Et oui à la base Dragons est un bouquin dans lequel les reptiles communiquent par la parole. Bien évidemment le duo décide d’enlever cet anthropomorphisme pour revenir à une approche plus animale. Le duo de cinéastes, à qui l’on doit notamment Mulan et Lilo & Stitch réalise avec Dragons leur premier film d’animation en images de synthèse. Une première incursion gagnante tant cette saga, étalée sur presque dix ans, a totalement trouvé son public. Une franchise très intelligente, déjà parce qu’elle est pensée sur trois épisodes et non pas sur un seul film. Les personnages évoluent, grandissent, vieillissent à l’image du héros Harold qui passe de l’enfance à l’âge adulte en trois films. Avec Dragons, Dreamworks tient une de ses sagas les plus lucratives mais également une des plus réussies. Le studio parvient enfin à flirter avec Disney et Pixar grâce à un passionnant mélange d’action, d’humour et d’émotion. On sait que les productions Dreamworks sont d’avantage portées sur le divertissement, en tout cas par rapport aux productions Pixar beaucoup plus sensibles, mais avec Dragons, le studio parvenait enfin à trouver de véritables ressorts émotionnels, notamment dans la relation entre Harold et Krokmou. Une furie nocturne d’ailleurs inspirée du chat de Gabe Hordos, le superviseur de l’animation. Initialement, il devait plutôt ressembler à une panthère, pour traduire la colère qui remplissait le Furie nocturne. Finalement, il fut décidé de le rendre plus doux en se basant sur le comportement d’un seul et unique chat, nommé Stufen.

Le premier Dragons a également été une réussite pour ses prouesses visuelles. Un film superbe, qui offrait une animation très fluide des dragons. Pour l’anecdote, dans le premier opus, il ne pouvait y avoir que huit dragons dans une même scène, sans quoi le système plantait. Aujourd’hui, il y a plus de 65 000 dragons au cours d’une scène dans Le Monde Caché de Caldera. C’est la séquence où il y en a le plus de toute la saga, ce qui traduit bien les avancées technologiques dans l’univers de l’animation. Avec une nomination aux Oscars dans la catégorie Meilleur film d’animation et presque 500 millions de dollars de recette à travers le monde, Dragons a été un succès surprise mais néanmoins totalement mérité. De quoi donner envie à Dreamworks de lancer la production de la suite.

2012 – 2018 : la série animée

Moins célèbre que la trilogie, Dragons a pourtant été dérivé sur petit écran. Diffusée d’abord sur Cartoon Network puis sur Netflix, cette série animée Dragons sert à faire le lien entre les deux premiers films. En tout, huit saisons pour un total de 118 épisodes ont pour le moment été réalisées. Dans cette série, produite par Chris Sanders et Dean DeBlois eux-mêmes, Harold et Krokmou partent à la découverte de nouveaux mondes. Toujours en cours de production, la série est plus enfantine et n’atteint pas l’intérêt de la saga mais apparaît comme un bon compromis pour les fans de la franchise. Avec un format de 20 minutes, cette série animée se regarde facilement mais reste évidemment dispensable pour la cohésion de la trilogie. L’animation demeure cependant de très grande qualité, très respectueuse du travail cinématographique déjà réalisé. Une série dans la droite lignée de la franchise pour encore plus de Dragons.

2014 : Dreamworks se lance dans la suite

Forcément, succès oblige, Dragons était voué à revenir. Mais un premier succès n’est pas forcément synonyme de réussite sur la longueur. Pourtant, le public était bien au rendez-vous pour cette suite, qui a même dépassé le premier opus. Sélectionné hors compétition au Festival de Cannes, encore sélectionné aux Oscars dans la catégorie Meilleur film d’animation, et vainqueur aux Golden Globes dans cette même catégorie, Dragons 2 a rapporté plus de 600 millions de dollars à travers le monde. Dean DeBlois accepta de revenir à la réalisation de cette suite que si la Fox lui promettait de réaliser un troisième opus derrière. Un dernier opus qui sera finalement distribué par Universal. Mais cette fois le cinéaste est seul. Son compagnon de toujours Chris Sanders est occupé avec Les Croods, autre production Dreamworks, et n’officiera qu’en tant que producteur sur Dragons 2. Le long-métrage est d’ailleurs le premier film d’animation des studios Dreamworks à utiliser leur nouveau logiciel dédié à l’animation et à l’éclairage sur l’ensemble de la production. Les programmes « Premo » et « Torch » permettent plus de subtilité dans les expressions faciales, les rendus de peau, de muscle et de chair, et dans la sensibilité des mouvements. Les membres sont ainsi clairement dissociés entre la peau, l’ossature et le muscle plutôt qu’être un seul bloc soudé.

Dragons 2 est donc, contrairement au premier opus, un film pensé en 3D et non converti en 3D après avoir été fini comme c’est souvent le cas en cinéma d’animation. Cinq années se sont écoulées depuis le premier opus. Dean DeBlois doit donc faire évoluer ses personnages. Harold est devenu un adolescent, il a gagné en maturité, en charisme également. Cela permet à Dragons 2 de changer ses thématiques. Finie la relation amicale et impossible entre un enfant et son dragon façon E.T. Les thématiques sont plus adultes, plus sombres également. C’est ce changement qui donne tout son intérêt à cette saga, une des rares à garder les mêmes personnages mais à les faire évoluer d’un film à l’autre. Lors du WonderCon de San Francisco, en avril 2014, Dean DeBlois expliqua que les origines de la race de Krokmou, le Fury Nocturne, ne seront expliquées que dans le troisième opus de la saga. Il construisit apparemment le personnage d’Harold dans Dragons 2 de façon à ce qu’il se pose les mêmes questions que le public, en sachant aussi peu que lui sur son propre dragon dont il n’a jamais rencontré aucun autre spécimen. Ainsi, la saga était bien pensée sur trois films et le cinéaste avait de la suite dans les idées. Dragons 2 permet d’amener les protagonistes dans un univers plus fourni, avec de nombreux dragons. La mythologie est d’avantage développée et le film n’hésite pas à prendre des risques et à faire mourir des personnages centraux, permettant de faire évoluer l’intrigue du héros. Dragons 2 surpasse en tout point le premier opus tandis que la saga convertie d’autres spectateurs à la folie des dragons.

2019 : Dragons 3 – la conclusion pleine d’émotion

Et voilà, près d’une décennie après le premier, Dean DeBlois offre enfin la grande conclusion de sa trilogie. L’animation n’a plus rien à voir avec celle de l’époque. Dragons 3 : Le Monde Caché est une prouesse visuelle. Absolument superbe il met en scène des décors somptueux, quelques plans sont à tomber par terre, et l’animation est renversante, notamment dans le magnifique monde caché. Pas de nominations aux Oscars cette fois, mais un public au rendez-vous puisque le long-métrage prend directement la tête du box-office français dès sa sortie le 6 février. Bien évidemment les personnages ont grandi, ce qui permet d’introduire encore de nouveaux enjeux. Cette fois Harold, mais aussi Krokmou, passent dans l’âge adulte. De nouveaux enjeux apparaissent, de nouveaux questionnements pèsent sur le duo. La relation entre les deux personnages évolue. A la manière de Toy Story 3, Harold n’est plus un enfant, il n’a finalement peut-être plus besoin de Krokmou et inversement. Dragons 3 explique cette dualité intérieure entre le désir d’avancer, d’évoluer, mais aussi de s’attacher au passé.

Pendant très longtemps, il a été le fidèle compagnon d’Harold. Mais ce lien commence à se déliter à mesure qu’il est attiré par l’appel de la nature, par son instinct et sa maturité. On s’est demandé s’il était possible que leur relation périclite complètement, pour qu’ils se retrouvent ensuite, plus proches que jamais.

Raconte Dean DeBlois. Pour matérialiser ce changement au sein de leur relation, le cinéaste incorpore une Furie Éclair :

Il y a chez elle un peu de Julie Christie, d’Ingrid Bergman et de Grace Kelly. La Furie Éclair est à la fois agile, forte et insaisissable et a un point de vue très affirmé. Pour nous, elle a l’élégance d’une lionne.

Dans certains passages de Dragons 3 : Le monde caché, il y a plus de 100 000 images numériques pour un seul plan. Une avancée technologique possible grâce au logiciel MoonRay : 

MoonRay, c’est un outil avancé qui réalise l’éclairage du film, c’est-à-dire la dernière étape de sa production. Pendant la préparation de « Dragons 3 : Le monde caché », il n’était pas censé être prêt avant quelques années. Les techniciens ont reçu pour mission de faire tout leur possible pour que l’outil soit disponible. MoonRay nous a permis de créer des images définitives d’une richesse incroyable, tant en matière de complexité que de subtilité.

Raconte le cinéaste. La grande force de cette conclusion, c’est son regard tourné vers le passé mais aussi l’avenir. Avec pour le moment plus de 85 millions de recettes à travers le monde Dragons 3 est une superbe représentation du temps qui passe et des nombreux éléments qui accompagnent ce phénomène : maturité, amour, regret, responsabilités. Ce troisième épisode confirme la vision d’un cinéaste intelligent qui avait pensé son histoire sur plusieurs films :

Quand ils m’ont approché en me demandant si j’avais des idées pour une suite, j’ai répondu que selon moi, certaines questions avaient été laissées sans réponse, et qu’une plus grande histoire de passage à l’âge adulte attendait Harold. Du premier film jusqu’à sa maturité finale, en tant que chef sage et altruiste. Alors je leur ai dit : ‘Faisons une trilogie.’ Si on peut s’engager sur deux suites, alors on pourra raconter trois actes d’une même histoire, et les connecter les uns aux autres.

Dragons 3 : Le Monde Caché de Dean DeBlois, en salle le 6 février 2019. Ci-dessous la bande-annonce.

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