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Gros Plan : la saga Alien

A l’occasion du retour d’ « Alien » au cinéma, gros plan sur cette saga horrifique aux nombreux épisodes.

Mercredi prochain signera le retour du célèbre Xénomorphe au cinéma. Une créature qui avait fait sa dernière apparition dans Prometheus en 2012 sous une forme hybride. Avec sa suite direct Alien : Covenant, Ridley Scott souhaite mettre en place une mythologie autour du monstre né en 1979 dans Alien, le huitième passager. Une mythologie qui permettra aux spectateurs de comprendre la naissance du Xénomorphe et les sinistres aspirations de Weyland. A l’occasion de la sortie de Alien : Covenant, petit retour sur cette saga horrifique qui aura connu de nombreux épisodes sous la houlette de nombreux réalisateurs.

La naissance d’un mythe

Récompensé à sa sortie par un Oscar des meilleurs effets spéciaux, Alien, le Huitième Passager est à l’origine de la naissance d’un mythe. Le Xénomorphe est né du travail entre l’artiste sculpteur suisse H.R. Giger et Ridley Scott, réalisateur du film. Considérée par beaucoup comme une oeuvre d’art, le monstre du Huitième Passager adopte une esthétique terrifiante (à l’image de la planète d’où ce dernier provient) aidé par sa mâchoire acérée et ses longs membres obscurs. Une carrure imposante – mais fine – aidée par son interprète : l’acteur Bolaji Badejo. Repéré à Londres grâce à sa taille de 2,10m, l’homme a participé à la création de cette peur qu’inspire le Xénomorphe. Longtemps tenté par un automate, Ridley Scott a rapidement changé d’avis en apercevant Bolaji Badejo :

« Au dernier stade de la transformation de la bête, j’aurais voulu employer un robot électronique. Mais cela aurait coûté trop cher. Finalement, nous avons trouvé un étudiant noir de la tribu des Masaï, Bolaji Badejo, 2,10 m, un corps filiforme et une démarche de danseur. »

Ne laissant rien au hasard, le cinéaste a aussi imaginé un système de reproduction et une hiérarchie au Xénomorphe. Ces créatures fonctionnent comme un groupe d’insectes avec une reine (imaginée par James Cameron dans Aliens : le retour) pondant des œufs. De ces derniers sortent des Facehuggers qui iront s’accrocher au visage des victimes avant d’implanter un nouvel œuf dans leurs corps. Après une courte période, le Facehugger se détache et le parasite récemment implanté se développe chez le malheureux porteur. A noter que ce dernier peut mourir étranglé si une tentative d’extraction du Facehugger a lieu. Tout un programme. Mais le parcours ne se termine pas là puisqu’une fois la victime réveillée, son thorax se voit perforé par le Xénomorphe sous une forme embryonnaire  qui prendra la fuite et ira se développer dans l’ombre. Un développement qui passe par la mort de ses victimes.

Le Huitième Passager

Le point de départ du mythe. Dans ce film, une joyeuse petite troupe d’astronautes à la tête du vaisseau Nostromo se retrouve traquée par la bête. Parmi eux, une future figure forte du cinéma : Ellen Ripley, interprétée par Sigourney Weaver. Le Huitième Passager pose les jalons d’un futur univers étendu à travers de nombreuses suites, jeux vidéo… et s’offre un beau succès critique et commercial. Pour un budget de 11 millions de dollars, ce premier opus en rapportera 102 millions. Un joli score pour l’époque qui fera de Ridley Scott un réalisateur phare de la science-fiction (confirmé par la suite avec Blade Runner).

Le Huitième Passager prend la forme d’un huis clos et joue sur la carte de la tension. Petit à petit, Ridley Scott installe une ambiance pesante et mécanique faisant du Xénomorphe une terrible menace face à un équipage pourtant en supériorité numérique. Le cinéaste en profite pour commencer à développer ce qui deviendra un aussi grand ennemi que la créature : Weyland. James Cameron, réalisateur de la suite du Huitième Passager, prendra un tout autre virage…

Aliens vs Les gros bras

James Cameron, c’est le cinéma de la démesure. Celui du blockbuster intelligent (Terminator, Titanic et Avatar sont là pour en témoigner). Aliens : le retour n’échappe pas à la règle en multipliant le nombre de Xénomorphes : le « s » de « Alien » n’est donc pas un hasard. Pour l’occasion, le cinéaste dessine et imagine la reine Alien évoquée plus haut et offre une côté action hero à son film en total contradiction avec le Huitième Passager. Prenant place directement après ce dernier, Aliens : le retour introduit les personnages de marines armés jusqu’aux dents et tout en muscles. Un moyen de montrer aux spectateurs que, qu’importe la puissance de feu du côté des humains, les créatures restent redoutables. Sans oublier qu’elles chassent cette fois-ci en meute et non plus de manière isolée…

Aliens : le retour ne voit pas que plus grand. Il voit différent. La vision d’un cinéaste dont le but est d’enrichir un univers déjà amorcé tout en le respectant. Considéré comme l’un des meilleurs de la franchise par beaucoup de fans, le film accouchera par la suite d’un troisième opus réalisé par un cinéaste encore inconnu à l’époque : David Fincher.

Alien 3, l’opus désavoué

Lorsque James Cameron réalisa son Alien, une idée précise lui trottait en tête : éviter les effets numériques. Et pour cause, ces derniers n’étaient pas encore au point à l’époque et le travail fait main était synonyme de qualité. Un choix que David Fincher a fait pour Alien 3… ou du moins que la production a décidé de faire pour lui étant donné que le cinéaste désavoue beaucoup ce film (il en quitta la direction avant le montage). James Cameron lui-même ne mâchera pas ses mots vis-à-vis du réalisateur de Seven qui fît mourir ses personnages introduits et développés dans Aliens : le retour.

Dans cette nouvelle aventure, Ellen Ripley se retrouve cette fois en prison. A ses côtés, une bande de truands pas forcément loquaces qui se retrouveront – évidemment – traqués par un Xénomorphe tantôt animatronique tantôt en CGI raté. Bien sûr, Alien 3 n’est pas naufrage et comporte son lot de scènes réussies (dont un face à face culte entre notre héroïne et la créature) mais bien en deçà de ses prédécesseurs. Il n’en reste pas moins un film indispensable à la franchise et à l’atmosphère particulière.

Alien 4, l’épisode frenchie

C’est cette fois-ci Jean-Pierre Jeunet, réalisateur français derrière Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, qui est à l’origine d’un Alien. Se déroulant 200 ans après le troisième opus, Alien : la résurrection met en scène une Ellen Ripley hybride dont l’ADN a été mélangé à celui d’un Xénomorphe. L’occasion pour les scénaristes de développer plusieurs races, mélanges entre la créature et ses hôtes infectés (même si Alien 3 montrait déjà un chien fécondé par Facehugger). Jean-Pierre Jeunet en profite également pour ajouter une touche d’humour à son film qui détonne totalement avec ses prédécesseurs face à un essoufflement progressif de la franchise. Initialement prévu pour être réalisé par Joss Whedon (Avengers), le projet a énormément tourné avant d’atterrir entre les mains du cinéaste français.

Il faudra attendre plusieurs années avant de retrouver la créature dans ce qui est considéré comme un gros ratage par une grande partie des fans : Alien vs Predator et Alien vs Predator Requiem.

Le mésestimé Prometheus et sa suite attendue Alien Covenant

Avec Prometheus, Ridley Scott revient à la barre de la franchise Alien. Le cinéaste a une idée fixe : créer une mythologie autour du Xénomorphe et lui offrir des origines. L’action se situe plusieurs années avant le tout premier opus avec Ellen Ripley et met en scène un bestiaire se rapprochant physiquement de la créature. Weyland signe même son retour à travers le fondateur de cette société spatiale et force est de constater que visuellement, Prometheus est une réussite.

Le film touche malheureusement du doigt ses thèmes principaux et s’enferme dans ses nombreuses incohérences. Heureusement, tout n’est pas à jeter dans cette tentative de préquel et son lot de scènes gores (la césarienne en tête) rattrapent le tout comme son casting brillant. Pas secoué par cet échec commercial et critique, Ridley Scott signera son retour avec Alien Covenant dès mercredi prochain. Un film qui devrait se dérouler juste après Prometheus et promet un véritable retour de la bête. Les premiers retours sur dix minutes dévoilées évoquent un film sanglant et violent. Belle promesse pour les fans donc.

Le Alien 5 avorté

Neill Blomkamp, réalisateur de District 9, a longtemps travaillé sur un projet de Alien 5. Soutenu par Sigourney Weaver – interprète de Ellen Ripley – le projet avait emballé les fans face à de nombreux artworks ambitieux de la main du cinéaste. Malheureusement pour ceux qui voulaient voir cette production se concrétiser, elle ne verra jamais le jour. Une nouvelle annoncée par Ridley Scott lui-même récemment :

Je pense qu’il ne verra jamais le jour. Il n’y a jamais eu de scénario, juste une idée qui a évolué en un pitch d’une dizaine de pages. Je devais y participer en tant que producteur mais ça n’est pas allé plus loin car la Fox a décidé qu’elle ne voulait pas le faire. De mon côté j’avais déjà fait Prometheus et je travaillais sur Covenant.

Une déclaration en contradiction avec celle de James Cameron qui avait annoncé son enthousiasme et dit que le scénario était plutôt avancé. Conflit entre Blomkamp et Scott ? Les aficionados du Xénomorphe ne le sauront peut-être jamais. Leur seul espoir ? Que Alien Covenant soit une réussite et lance le feu vert pour ce Alien 5. Tout repose maintenant sur les épaules de la Fox.

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