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Gros Plan Conjuring : tout savoir de l’univers étendu

Avec la sortie de « La Nonne », retour sur l’univers connecté « Conjuring » : véritables faits paranormaux ou fiction totale, on revient sur l’histoire des Warren et leurs péripéties démoniaques.

Puisque La Nonne est dans nos salles, il est temps de revenir sur l’univers connecté que Warner Bros tente de mettre en place. Et oui, pour ceux qui ne sont pas encore au courant, La Nonne fait partie d’un univers plus large composé des deux Conjuring et des deux Annabelle. Petit rappel des faits. Alors qu’il sert dans l’US Navy pendant la Seconde Guerre Mondiale, Edward Warren Miney prend Lorraine Rita Moran pour épouse lors d’une permission. Tout d’abord artiste peintre, il se fascine pour les maisons hantées puisqu’il a lui-même, selon ses dires, grandi dans une maison habitée par des forces obscures. Plus tard, il devient expert en démonologie alors que Lorraine révèle ses capacités de médium. Tous deux fondent alors la New England Society for Psychic Research et ils commencent alors à enquêter sur des affaires pas comme les autres, à la recherche d’esprits et autres manifestations paranormales.

Conjuring : Les Dossiers Warren

C’est en 2013 que tout débute avec Conjuring. Réalisé par James Wan (Saw, Insidious), ce premier opus avait séduit la presse et les spectateurs pour devenir un des films d’horreur les plus influents dans le paysage du genre de ces dernières années. Une réussite totale grâce à la maîtrise incontestable de James Wan. En 1971, Ed et Lorraine Warren enquêtent sur Harrisville, une ferme isolée dans laquelle une famille est terrorisée par une présence malfaisante. Les Dossiers Warren racontent une expérience du couple parmi tant d’autres. Ed et Lorraine Warren ont eu affaire à près de 4000 cas au cours de leur carrière. Sur le tournage du film, l’interprète de Lorraine, Vera Farmiga, a pu s’entretenir avec la véritable Warren, qui s’est beaucoup investie pendant le tournage. L’actrice a déclaré avoir été fascinée par sa foi inconditionnelle et sa solidité sans faille. Ce n’est d’ailleurs pas la seule à être venue sur le tournage puisque la famille Perron, dont le film raconte leur histoire, est elle aussi présente sur le tournage de James Wan. Seule la mère, Carolyn Perron a décidé de laisser sa place. Fait troublant : elle aurait été victime d’un mystérieux accident le jour même où sa famille retournait à Harrisville. Elle aurait ressenti une présence surnaturelle qui l’aurait fait chuter, la conduisant directement à l’hôpital. En parlant de faits paranormaux, comme bien souvent sur les tournages de films d’horreur, l’équipe du film déclare avoir ressenti des présences invisibles : les échanges téléphoniques entre les scénaristes et Lorraine Warren ont été perturbés par des parasites, et coupés ; Vera Farmiga aurait retrouvé cinq marques de griffes sur son écran d’ordinateur ; les acteurs et l’équipe technique ont dû être évacués de leur hôtel à cause d’un mystérieux incendie ; et enfin visiblement le vent ne faisait pas bouger les feuilles des arbres sur le lieu du tournage. Alors intox, paranoïa du casting, ou véritables apparitions mystérieuses, c’est en tout cas régulièrement que ces faits sont rapportés sur des tournages de films d’horreur. Peut-être bien pour lancer une belle promo non ?

Les Warren

Quoi qu’il en soit au delà de toutes ces croyances et superstitions, Conjuring est un film parfaitement maîtrisé. James Wan parvient à immiscer une ambiance inquiétante et oppressante dans les trois premiers quarts de son film. Le cinéaste s’inspire de ses classiques, notamment Amytiville justement, pour créer cette sensation de claustrophobie causée par l’enfermement de cette ferme et de ses démons. James Wan est de plus très friand des plans séquences qu’il utilise dans le film. Il gère également parfaitement les éléments horrifiques classiques, préférant se tourner vers la mise en place d’une ambiance que l’utilisation de jump scare. Malheureusement la dernière partie déçoit, expéditive, exorcisme peu crédible. Enfin, la poupée Annabelle apparaît dans le long métrage. Personnage à part entière l’Annabelle du film est différente de la réelle poupée.

Notre Annabelle est délabrée et tombe en ruines (…). Elle a quelque chose de malsain. D’ailleurs, je ne voulais pas me trouver dans la même pièce qu’elle, et prendre le risque qu’elle me regarde,

admet le réalisateur, James Wan. La vraie Annabelle, dont Lorraine Warren refuse elle aussi catégoriquement de croiser le regard, est une poupée de chiffon, alors que celle du film est en porcelaine.

Annabelle

En 2014 c’est John R. Leonetti (L’effet papillon 2, Mortal Kombat, destruction finale ; oui ça fait mal…) qui vient étendre l’univers Conjuring. Directeur de la photographie de James Wan sur de nombreux films comme Conjuring et Insidious, il passe derrière la caméra pour le premier opus de Annabelle. Le film est bien évidemment un préquel à Conjuring puisque la poupée est visible dans le musée des Warren. Les événements racontés dans le film se déroule en 1967, soit quatre ans avant Conjuring.

La véritable Annabelle

En 1970, en Angleterre, la poupée de la marque Raggedy Ann a d’abord été achetée dans une boutique d’occasions par une mère pour l’anniversaire de sa fille, Donna. Donna prend le soin de poser la poupée sur son lit. Mais à leur retour Donna et sa colocataire retrouvent plusieurs fois la poupée ailleurs, ou dans une autre position… Plus tard, les bizarreries s’amplifient et les deux amies découvrent des mots qui semblent avoir été écrits par un enfant : “Help me”, parfois “Help us”. Vu la tournure des choses, les deux étudiantes assez branchées fantômes et esprits, décident d’aller en parler à un médium. Sans trop de surprises, le médium détecte un esprit qui habite la poupée. Il s’agirait de l’âme d’Annabelle Higgins, 7 ans, qui vivait tout près de l’immeuble de Donna et son amie. Une nuit où Donna et Angie invitent un de leur ami à dormir, il fait un cauchemar presque réel : la poupée tente de l’étrangler. À son réveil Lou a à peine le temps de s’en remettre, il découvre des traces autour de sa gorge. Il regarde autour de lui, le regard de la poupée Annabelle lui glace le sang. Donna leur raconte son histoire et après enquête rapide, les Warren concluent que ce n’est pas l’esprit d’Annabelle Higgins qui hante la poupée, mais un esprit démoniaque, donc inhumain. Depuis Annabelle est enfermée dans le musée des Warren mais ferait encore des siennes. On ne saura pas si c’est le hasard ou autre chose qui aura décidé du sort de ce jeune homme qui, malgré les conseils de sa copine, s’amusa à frapper au carreau de la boîte d’Annabelle. En quittant le musée des Warren, leur moto fait une embardée. La jeune fille n’aura rien, lui est mort sur le coup.

Mais John R. Leonetti décide de se concentrer sur une autre aventure. Plutôt que de relater les témoignages de Donna et des Warren, le cinéaste préfère inventer de toute pièce une histoire antérieure concentrée sur John et Mia des personnages qui n’ont jamais existé. Il raconte comment un mari aimant offre Annabelle à sa femme enceinte. Le couple va se faire attaquer par une secte satanique qui va donner naissance à la poupée maléfique.

Bien évidemment comme pour Conjuring, la poupée Annabelle aurait elle même engendré des phénomènes surnaturels sur le tournage. Le scénariste Gary Dauberman, par exemple, a été victime de l’un de ces phénomènes. Après avoir tourné la scène où les satanistes convoquent un démon dont le symbole est un A, le scénariste a déclaré s’être réveillé le lendemain et avoir vu ce même symbole sur son plafond. Des griffures sont également apparues au 8e étage (marque d’Annabelle).

Malheureusement John R. Leonetti n’a pas le talent de James Wan, et Annabelle ne convainc pas autant que Conjuring. Le long métrage repose davantage sur des jump scare, tandis que l’ambiance ne prend pas réellement. Forcément, le public a plus de mal à croire à la véracité de ces événements, et Annabelle est finalement un film d’horreur lambda, voire de seconde zone.

Conjuring : le Cas Enfield

Retour en 2016 avec James Wan qui réalise le second opus de la saga Conjuring. Vera Farmiga et Patrick Wilson sont de retour dans les rôles des Warren pour un rendu encore plus convaincant que le premier opus. La presse se laisse séduire et les spectateurs sont aux anges, ou plutôt en enfer devant la maîtrise de James Wan. Il s’agirait de l’enquête la plus traumatisante de leur carrière. Lorraine et Ed Warren se rendent dans le nord de Londres pour venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison hantée par des esprits maléfiques. Cette fois l’action prend place en 1977. Le producteur Peter Safran explique :

Dans cette histoire, Ed et Lorraine Warren sont appelés par le Père Gordon qui leur joue une cassette d’un vieil homme paraissant sénile : quand ils apprennent que cette voix sort de la bouche d’une petite Anglaise de 12 ans, ils partent en Angleterre pour tenter de découvrir de quoi il retourne. James voulait créer un film effrayant mais totalement ancré dans le réel afin de pousser l’horreur à son maximum.

Les filles Hodgson en soit disant pleine possession

Cette aventure a largement été racontée dans la presse de l’époque puisque ce cas Enfield a également mis à témoin la police et les journalistes. D’après ce qu’a pu raconter Ed Warren dans son livre, la maison Enfield était peuplée de six démons. Six démons qui ont terrorisé la famille Hodgson pendant trois ans avant l’intervention des Warren. Ces derniers n’auraient pas réussi à faire fuir les démons qui seraient encore dans la maison. Bref, cas classique : objets qui volent, petites filles possédées, etc… Ed Warren serait entré en contact avec certains des démons présents. Des voix d’origines inconnues se faisaient entendre dans toute la maison. La British Society for Psychical Research, qui a travaillé sur le cas avant les Warren aurait affirmé qu’aucun enregistrement n’était présent dans la maison, et que ces voix ne venaient pas d’un procédé artificiel. Ed Warren serait entré en contact avec les démons et aurait discuté avec eux. Des faits relater dans le film de James Wan. C’est ce qui caractérise Conjuring : Le Cas Enfieldson rapport à la pseudo réalité mise en avant par les Warren. Cette histoire est glaçante. Élément ajouté : Valak dit La Nonne, un démon qui n’a jamais été énoncé par les Warren et qui est pourtant un personnage important dans le long métrage. C’est également à partir de cet opus que les événements paranormaux se sont stoppés sur les tournages grâce à la présence systématique de prêtres qui bénissaient le tournage.

Annabelle 2 : la création du mal

En 2017, c’est David F. Sandberg (Dans le noir, Shazam !) qui réalise le deuxième opus de la saga Annabelle. Celui-ci prend place en 1955, soit plus de dix ans avant la rencontre de la poupée démoniaque et les Warren. Cette origin story donne un passé à Annabelle. Il n’y a pas d’histoire narrée pour corroborer les événements de Annabelle 2 qui s’éloigne encore plus de la réalité que les autres films de l’univers Conjuring. D’un point de vue cinématographique, cette suite est mieux maîtrisée que le premier film. Même si les éléments horrifiques restent relativement classiques, le rythme est mieux dosé. Le spectateur ne s’ennuie pas, ne s’asphyxie pas non plus devant les tribulations de cette horrible poupée. David F. Sandberg en profite même pour faire apparaître discrètement La Nonne en attente du futur spin-off. Univers connecté !

La Nonne

Cette année c’est Corin Hardy (Le Sanctuaire) qui vient apporter sa pierre à l’édifice. Les événements se déroulent cette fois en 1952, ce qui fait de La Nonne le film le plus vieux dans la temporalité de l’univers Conjuring. Et voilà comment Conjuring tombe enfin dans le fictif. La Nonne a été inventée de toute pièce. Le terrible démon qui terrorise Ed Warren dans Conjuring 2 n’existe pas. Cependant, le démon Valak existe réellement dans les manuscrits de sorcellerie. Il est représentée par un enfant avec des ailes d’ange qui monte un dragon à deux têtes. Il a été imaginé dans l’univers Conjuring à cause d’une histoire racontée par Lorraine Warren qui décrivait un démon qui la poursuivit toute sa vie, cachée sous une capuche.

« C’est une vision démoniaque qui ne hante que [Lorraine Warren], qui n’attaque qu’elle. » a expliqué James Wan. « Je voulais quelque chose qui attaque sa foi. Et c’est là que l’idée de cette image très iconographique est apparue. »


Valak est un blasphémateur qui s’amuse à provoquer des tensions liées à la luxure, l’orgueil, l’envie, notamment dans les histoires de couples. C’est lui qui est à l’origine de l’adultère et de l’inceste. Si l’on réfléchit à la genèse de la Bible, Valak est peut-être le serpent qui tente Eve et Adam de manger le fruit interdit. Quoi qu’il en soit ce deuxième spin-off déçoit aussi. Corin Hardy s’éloigne des Warren pour entrer dans un univers totalement fictif. L’aspect pseudo réaliste disparaît, et les effets horrifiques en sont donc diminués. De toute façon La Nonne n’est pas bien original et repose ses ressorts horrifiques sur des traitements classiques, notamment des jump scare incessants.

 

Alors info ou intox, folie ou pouvoirs psychiques, les Warren sont considérés par les uns comme de talentueux démonologues et  par les autres comme de vulgaires escrocs. Quoi qu’il en soit l’univers Conjuring a encore de beaux jours devant lui puisque le The Crooked Man (A l’origine, il s’agit d’un personnage d’une comptine populaire britannique récupéré ensuite par la culture populaire), aperçu dans Conjuring 2 va lui aussi avoir le droit à son propre spin-off tandis qu’un Conjuring 3 est en préparation. Bref James Wan n’a pas fini de nous faire peur. 

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