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Joker : qui est vraiment le pire ennemi de Batman ?

Joker a fait l’effet d’une véritable bombe dans l’univers de la pop culture. A l’occasion de la sortie du film qui lui est consacré, CinéSéries vous propose un gros plan sur le Prince du crime, le pire ennemi de Batman, le clown fou : le Joker.

Joker est un des méchants les plus cultes de toute l’histoire de la pop culture. Il fascine autant qu’il inquiète, et ne cesse d’apparaître sur les écrans : que ce soit dans les films, les séries ou les jeux vidéo. De grands acteurs ont décidé de l’interpréter, que ce soit Cesar Romero dans une version obsolète, ou Jack Nicholson dans les années 1980. Le Joker est ensuite revenu en 2008 pour certainement son apparition la plus mythique, emmenée par Heath Ledger. Jared Leto s’est lui cassé les dents sur le personnage, qui est de retour en ce mois d’octobre sous les traits de Joaquin Phoenix, qui conquiert tous les cœurs.

Dans les comics, l’antagoniste du Chevalier Noir créé en 1940 par Bill Finger et Bob Kane a de nombreuses origines. Personnage complexe, sa genèse a énormément été racontée, souvent de différentes manières. On va pourtant tenter d’y voir plus clair avec quatre versions célèbres. Ce sont les plus récurrentes et les plus appréciées par les fans. Le Joker est tour à tour comédien raté, prince du crime, anarchiste, voir même fantasmagorique.

Le comédien raté de The Killing Joke

S’il y a un seul comic à lire sur le Joker, c’est bien celui-ci. En 1988 Alan Moore réécrit les origines du Joker. Il lui donne un back ground recherché dont s’inspire Todd Phillips pour son film Joker. Dans les pages de ce comic, le protagoniste est un comique raté qui n’arrive pas à percer. Il doit s’occuper de sa femme enceinte. Ils vivent ensemble dans un milieu précaire et subissent la perversion et la folie de Gotham. Mais la comparaison avec le personnage de Joaquin Phoenix s’arrête ici. Le comédien n’a pas d’autre choix que de participer à un braquage, qui va évidemment mal tourner. Pour l’occasion, il s’affuble d’un casque rouge vif et se fait appeler Red Hood. C’est la toute première incarnation du pire ennemi de Batman.

Joker : qui est vraiment le pire ennemi de Batman ?

Évidemment, le braquage dérape, la police débarque, et Red Hood tente de fuir. Batman est lui aussi sur les lieux du crime. Mais contrairement à ce qui est parfois raconté, ce n’est pas Batman qui jette Red Hood dans la cuve d’acide. Pour s’échapper, l’antagoniste n’a d’autre choix que de plonger dans ce fameux produit chimique. Il en ressortira transformé en Joker.

Pour l’anecdote, bien des années plus tard, c’est Jason Todd (une des incarnations de Robin) qui va porter le masque de Red Hood, pour rester dans l’anonymat. Il devient un anti-héros ultra violent qui applique une justice expéditive, animé par la vengeance. Sa première victime sera d’ailleurs le Joker, qu’il tabassera avec un pied de biche en lui demandant quel effet ça fait.

L’Homme qui rit : l’anarchiste.

Une des grandes influences de Bill Finger et Bob Kane pour créer le Joker vient du roman L’Homme qui rit de Victor Hugo. Personnage étrange et inquiétant, qui arbore un sourire éternel sur son visage, l’homme qui rit est l’essence du Joker. Le duo de créateurs a toujours évoqué Conrad Veidt, le premier interprète de L’Homme qui rit au cinéma, comme le moule qui a façonné le méchant de DC.

Joker : qui est vraiment le pire ennemi de Batman ?

Dans les pages des comics, ce Joker a des cicatrices indélébiles autour des lèvres, ce qui lui confère un sourire permanent. C’est un anarchiste, qui veut renverser l’ordre établi. Son seul but est d’engendrer le chaos. Même si la fin du film de Todd Phillips tente de se raccrocher à cette version du personnage, c’est bien Heath Ledger dans The Dark Knight qui l’incarne le mieux.

Jack Napier, le prince du crime

C’est la version la plus courante. Celle qui est racontée dans le film de Tim Burton, ou dans la série animée de 1992. A la base Jack Napier est un gangster plutôt influant qui dirige le syndicat du crime. Il fait déjà à cette époque l’apologie du chaos, et Batman l’a dans le collimateur. Lors d’un affrontement entre les deux hommes, Jack Napier tombe dans une cuve d’acide qui va le transformer en terrible Joker.

Joker : qui est vraiment le pire ennemi de Batman ?

Contrairement à ce qui est raconté dans le film de 1989, le Joker n’est pas à l’origine du décès des parents de Bruce Wayne. Mais la version de Tim Burton va devenir relativement canon, jusqu’à aujourd’hui. La dernière saga de Scott Snyder, Batman : White Knight, offre une nouvelle approche du personnage. Jack Napier trouve un traitement contre sa folie. Il devient sain d’esprit, et se place en justicier de la ville de Gotham. Il finit pas avoir le soutient du maire et la confiance de la police. Le traitement semble viable et ses intentions sont réellement bonnes.

Batman, quant à lui, devient de plus en plus violent, et est incarcéré à l’asile d’Arkam. Il n’arrive pas à décrocher de son rôle de justicier, commence légèrement à devenir paranoïaque, voir sadique. Bruce Wayne a besoin de cette violence pour continuer à vivre, il s’enferme de plus en plus sous le masque de Batman, presque au point de non retour. White Knight est un comic passionnant, qui magnifie la relation indissociable entre les deux personnage, à la fois psychologique et politique, où les rôles sont échangés, pour le meilleur et pour le pire.

Le Joker serait le Diable

C’est la version la plus récente. Aux premiers abords, donner une identité fantastique au Joker n’est clairement pas utile, mais le traitement est pourtant excellent. Dans cette histoire, le clown existe depuis la nuit des temps, bien avant l’apparition de Batman. Les méfaits du Joker défrayaient la chronique de Gotham depuis des siècles. Il est impliqué dans chaque drame, chaque carnage, chaque chaos.

Joker aurait récupéré un virus qui le garderait en vie, et qui lui donnerait cette apparence inquiétante. Cette version, qui s’inspire du It de Stephen King est présentée pour la première fois en 2004 dans Un autre clou, où le Joker revient des enfers avec de nouveaux pouvoirs, dont l’immortalité. C’est dans Joker Renaissance, en 2014, que Scott Snyder développe cette idée en lui donnant un objectif inédit : tuer Batman.

Joker : qui est vraiment le pire ennemi de Batman ?

Si cette écriture contredit totalement l’essence de leur relation, au sein de laquelle l’un n’existe pas sans l’autre, elle ouvre d’autres portes. Elle apporte un caractère surnaturel inquiétant et intéressant, qui suggère que Joker n’est qu’un cauchemar, une entité qui n’existe peut-être même pas, le fruit de l’imagination putride des laissés pour compte de Gotham. Elle met fin au petit jeu du chat et de la souris entre les deux personnages, obligeant Batman, dos au mur, à passer à l’acte. Cette fois il n’y aura qu’un survivant et le chevalier noir va devoir tuer pour rester en vie. Le Joker devient un cauchemar, une idée abstraite, déjà présent à l’origine du monde, voué à semer le chaos.

Bonus : Et si il y avait plusieurs Joker ?

C’est la dernière hypothèse en date. Il y a quelques temps, à l’occasion de l’énorme crossover DC Univers : Rebirth, qui a pour but de refonder totalement l’univers DC, bien des changements ont eu lieu. Batman est devenu en quelque sorte un dieu, et possède des connaissances sans limite. Bruce Wayne avait deux questions primordiales. Qui a tué ses parents ? Et quelle est l’identité du Joker ? Si la première question a eu une réponse, puisque le lecteur apprend que Joe Chill serait l’assassin des Wayne, la seconde demeure une fois de plus sans solution.

Joker : qui est vraiment le pire ennemi de Batman ?

Enfin, pas totalement. Puisque si l’identité de Joker n’est pas révélée, Batman apprend qu’il y eu au cours du temps trois Joker différents. Un twist inédit, qui apporte de nombreuses questions : est-ce qu’ils se connaissaient ? Qui sont-ils ? Sont-ils encore en vie ? Une idée qui va diviser les fans, mais qui protège le secret des origines du Joker. Car c’est finalement ça l’intérêt du Prince du Crime, de ne pas savoir qui il est réellement, ni d’où il vient. Et avec cette dernière idée, DC épaissit encore un peu plus le mystère.

Il existe bien d’autres origines du Joker, ce qui illustre la complexité de ce personnage, ainsi que l’intérêt qu’il procure. On vous laisse choisir votre préféré, tandis que la vision de Todd Phillips et Joaquin Phoenix est à découvrir au cinéma avec Joker depuis le 9 octobre.

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