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#LesFilmsDeLaHonte : à la conquête de Wild Wild West

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous font partager l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, notre film de la honte se nomme « Wild Wild West ». Un Western de haut vol, au-delà d’une comédie quelque peu cliché, un film d’action tordant où le surjoué côtoie le ridicule. Dans le bon sens du terme toutefois ! Dialogues ridiculement drôles. Personnages absurdement attachants. Actions grotesquement grossies. Mais surtout… Un film honteusement favori dans nos cœurs d’aventuriers rêveurs !

1869 au Far West. Le Président des États-Unis souhaite neutraliser l’homme qui compte l’assassiner. Son plus puissant ennemi, le démoniaque et richissime Dr Arliss Loveless (Kenneth Branagh). Pour ce faire, il désigne deux agents spéciaux… James West (Will Smith) et Artemus Gordon (Kevin Kline). Deux hommes aux compétences exceptionnelles mais parfaitement opposées. Le charmeur West est un casse-cou rusé et écervelé. Beaucoup plus réfléchi, Gordon passe son temps à inventer des gadgets sophistiqués. Bien qu’un tantinet rivaux, les deux compères vont devoir unir leur force et leur talent pour capturer le redoutable Loveless. La plantureuse Rita Escobar (Salma Hayek), belle et mystérieuse artiste, se joint à eux.

Rappelons que ce petit bijou qu’est Wild Wild West fut inspiré de la série Les Mystères de l’Ouest (The Wild Wild West). Créée par Michael Garrison, elle fut diffusée entre septembre 1965 et avril 1969 sur le réseau CBS. Elle compte 104 épisodes de 50 minutes (les 28 premiers étant en noir et blanc). Face aux séries d’espionnage alors en plein essor, Les Mystères de l’Ouest parvient sans mal à se faire une place au soleil. Jusqu’à faire de l’ombre à ses congénères ! Et pour cause… Robert Conrad (James West) a su réchauffer l’atmosphère et Ross Martin (Artemus Gordon) la sublimer. Le tristement génial Loveless était quant à lui interprété par Michael Dunn et le président Ulysse S. Grant par Roy Engel.

Ross Martin et Robert Conrad dans « Les Mystères de l’Ouest

Mordre la poussière…

Bien que Wild Wild West fut un échec critique, artistique et commercial, il n’en reste pas moins un très bon remake de western. A la sauce comédie d’aventure saupoudrée de fantastique s’il vous plaît ! Mais tout de même… Avec des recettes de 220 millions d’euros seulement pour un budget de 170 millions, ça fait cher le rôle de Will Smith… Rémunéré 20 millions de dollars pour interpréter West ! C’est d’ailleurs lors de rencontres à Cannes en 2016 que l’acteur a déclaré avoir tourné le film pour de mauvaises raisons. En effet, Smith a confié avoir à l’époque été guidé par la quête de gloire et de succès. D’argent accessoirement ? Mauvais choix en tous les cas. Le beau Will avait à l’époque refusé le rôle de Neo dans Matrix !

Je voulais gagner et devenir la plus grande star de cinéma. Ce qui s’est passé à cette époque a plutôt été un frein. Je me suis retrouvé à faire la promotion de quelque chose que je voulais gagner, plutôt que de faire la promotion d’une chose en laquelle je croyais.

Changement de cap

Deux ans après l’échec cuisant résultant de sa décision, Will Smith tourna Ali de Michael Mann. Un choix décisif dans sa carrière qui le ramena à ce qu’il était vraiment. Un homme désireux que la passion prime sur tout le reste, comme Mohamed Ali avant lui. Smith prit dès lors le boxeur légendaire en exemple. En effet, « The Greatest » refusait de se compromettre pour des accolades. Il vivait pour ses valeurs, qu’elles soient grandes ou pauvres.

L’époque des écrans de fumée et autre gimmicks marketing est révolue. Les gens savent désormais très rapidement si le produit tient ses promesses. Je dois être en phase avec les attentes des fans. Ne pas les piéger pour qu’ils aillent voir quelque chose comme Wild Wild West.

Le bon…

D’un côté le génie raisonné qui pense avant de se lancer. As du déguisement, Gordon se mue en prostituée, en Président ou encore en « dernier des Mohicans » ! Bien que très moche en femme selon les dires de West, l’homme est un modèle d’élégance. Gentleman et lui aussi sensible aux charmes féminins, Gordon est avant tout un inventeur de talent. Bicyclette révolutionnaire plus rapide qu’un cheval, boules de billard soporifiques ou explosives, cardigan (cotte de mailles) anti-balles, etc. De talent oui, mais ces créations sont loin d’être toutes au point… Entre roberts trop gonflés, corde élastique trop élastique et lame de couteau dans la chaussure qui ne tient pas la route, West n’en rate pas une pour se moquer.

La brute…

De l’autre le beau cow boy qui fonce tête baissée et a la gâchette facile. Le film s’ouvre d’ailleurs sur West nu comme un ver en charmante compagnie, néanmoins plus concentré sur son travail que sur les formes alléchantes. Pour rappel Smith est le compositeur et l’interprète des chansons du film. C’est ainsi qu’il chante son rôle et se décrit comme un desperado dans l’hymne « Wild Wild West », un buffalo soldier. Envoyé à la naissance dans une plantation de coton et élevé par des Indiens après s’être échappé, l’homme retrouva ses parents morts suite au massacre de New Liberty engendré par Loveless. Il y a de quoi avoir les nerfs à vif et la violence comme réponse immédiate à toute sorte d’échange !

Et les truands !

Pour compléter le trio la sulfureuse Rita, qui se retrouve au milieu de ce duo d’impulsivité et de sagacité intellectuelle mêlée. Celle qui se joue d’eux en usant de ses charmes dit vouloir retrouver son père scientifique… Mon oeil oui ! La belle est mariée et voulait simplement profiter de leur luxueux train (armé jusqu’aux rails par les soins de Gordon) pour retrouver Loveless et son homme du même coup.

Après avoir perdu ses deux jambes, son moyen de reproduction, un poumon ou encore son appendice pour que vivent les sudistes, le méchant Loveless souhaite s’élever plus haut que quiconque via son araignée géante ! Boules de feu et pluies de balles au programme, face à la machine volante créée par Gordon, inspirée de Leonard de Vinci.

« Bon pied bon œil »

Toujours est-il que les dialogues sont hilarants, les décors très crédibles et les costumes au top. On s’y croirait ! Encore que West est un peu trop propre sur lui pour le Far West. Les effets spéciaux ont quant à eux bien vieilli, surtout la fameuse tarentule mécanique de 25 mètres de haut de Loveless.

Wild Wild West est au final un bel exemple de manichéisme. Le Bien contre le Mal. La Lumière face aux Ténèbres. Le Paradis et les Enfers… Ou West et Gordon contre Loveless. Le sans-amour, méchant tout court. Celui qui veut renverser le gouvernement et devenir maître des USA prévoit de se garder une grosse partie du territoire pour ses vieux jours… Quand on a perdu la moitié de son corps au nom d’un rêve insensé, autant se dédommager grassement. Et désunir les États-Unis. Alors, envie de revoir Wild Wild West et de rire un bon coup ?

À la semaine prochaine pour un nouveau « film de la honte » !

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