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#LesFilmsDeLaHonte : à l’attaque de Cowboys & Envahisseurs

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour du surprenant « Cowboys & envahisseurs » de Jon Favreau.

En 2011, Jon Favreau (Iron Man) nous offrait son western à la sauce science-fiction Cowboys & envahisseurs. Autant dire un mélange de torchons et de serviettes, sans pour autant juger de qui est le plus propre sur lui. Adapté d’un roman graphique éponyme d’une centaine de pages, ce film aventureux mêlait chevaux et vaisseaux, poussière et lumière, pistolets et bracelet. Un vrai sac de nœud de genres à l’opposé que nous sommes pourtant parvenus à démêler, nous honteux admirateurs d’un Daniel Craig plus cowboy que James Bond. Amnésique et perdu en plein désert, notre agent international détient pour seul indice de son passé un anneau en métal encerclant son poignet. Fantaisiste à souhait, l’intrigue semble trop grosse pour être avalée. Et c’est aussi pour cela qu’on adore ! Attention, cet article contient des spoilers.

Un mal toujours plus grand

Arizona, 1873. Un homme n’ayant aucun souvenir de son passé (Craig) se réveille dans le désert, blessé, avec un bracelet étrange au poignet. Après avoir éliminé trois hommes sur le point de le tuer, il erre dans la petite ville austère d’Absalom (Absolution). Le prêcheur local Meacham (Clancy Brown) soigne sa blessure. Dans un bar, le shérif Taggart (Keith Carradine) le reconnaît alors comme étant Jake Lonergan, un bandit recherché. Jake tente de s’échapper mais une mystérieuse femme nommée Ella Swenson (Olivia Wilde) l’assomme pour le livrer aux autorités.

L’éleveur de bétail Woodrow Dolarhyde (Harrison Ford), parfois appelé « le colonel », débarque alors en ville avec ses hommes et exige que son fils Percy soit libéré. Il veut également la peau de Jake, avec qui il a un compte à régler. Mais des vaisseaux lumineux commencent à attaquer la ville, et Percy, le shérif Taggart et de nombreux habitants sont enlevés. À l’aide de son mystérieux bracelet, Jake abat un des engins volants. L’occupant du vaisseau, une créature monstrueuse, s’échappe dans le désert.

Un anachronisme assumé…

Plus que cela même, un mélange des genres un brin tiré par les chevaux. Enfin les cheveux, vous avez compris. Car l’erreur ne réside pas dans l’insertion de créatures n’ayant pas existé au XIXéme siècle mais bien dans leur existence elle-même. Non pas que soit exclue toute forme de vie autre que la vie humaine dans d’autres contrées. Non. Mais que jusqu’alors, les soucoupes volantes et les E.T désireux de prendre possession de notre planète bleue font partie intégrante de la science fiction.

Comme son nom l’indique, ce genre consiste à raconter des histoires reposant sur des progrès scientifiques et techniques obtenus dans un futur plus ou moins lointain. Voire physiquement impossibles, en l’état actuel de nos connaissances. La venue d’extra terrestres doublée du sombre dessein est ainsi perturbante d’entrée de jeu. Plus décalée encore face à nos « gentils » cowboys qui doivent déjà lutter pour leur survie entre eux. Ce n’est pas comme si Favreau avait introduit une horde de mammouths dans le désert, venus affronter les chevaux et défoncer le saloon du coin. Anachronisme quand tu nous tiens. Il n’empêche… Admirer les soucoupes volantes bombarder l’alliance cowboys et indiens, voilà un authentique plaisir coupable.

Un vrai micmac

Alors que la ville est sous l’emprise du vilain Dolarhyde (Ford), les habitants d’Absalom sont donc confrontés à cette menace venue d’ailleurs… Comme si le méchant colonel ne suffisait pas à terroriser les pauvres gens, il fallait que les petits bonshommes verts s’en mêlent. Entre traque d’un monstre en fuite menée par le colonel et bateau largué au milieu du désert, on ne sait définitivement plus à quel monde s’en tenir. Et pour cause, le film nous rappelle Les Croisés du cosmos de Poul Anderson : l’affrontement d’une civilisation intuitive et roublarde face à une autre, structurée et hyper technologique.

Jake recouvre quant à lui peu à peu la mémoire et nous livre des bribes de son passé via des flashbacks. Mais ces morceaux de souvenirs ne nous aident aucunement à comprendre le pourquoi du comment ce bracelet à son poignet… Une chose est sûre quoi qu’il en soit, qui dit cowboys dit indiens. Les Apaches accuseront inévitablement les hommes blancs d’être responsables de la venue des bestioles tombées du ciel.

Le trio infernal

Eclat de rire général lorsqu’Ella (Wilde) revient mystérieusement à la vie complètement nue une fois son corps jeté dans le feu. Genèse de Daenerys du Typhon non ? Manquait plus que les dragons et on se brûlait définitivement les yeux. La jolie brune aux yeux de biches est en réalité une créature non-humaine venue sur la Terre pour combattre les Envahisseurs. Trop gentil dis donc ! Mais qui sont ces envahisseurs ? De redoutables monstres recherchant de l’or dans les profondeurs de l’Arizona pardi. La jeune femme tente alors d’unir cowboys et indiens pour arrêter les monstres avant qu’ils n’exterminent toute vie sur la planète.

L’amitié se formant bien souvent autour d’une bonne chope de bière, Jack ingurgite cul-sec une boisson hallucinogène offerte par les Apaches et se remémore ainsi l’assassinat de sa femme Alice par les Envahisseurs. Notre homme s’était en fait échappé du vaisseau-mère en s’emparant de l’arme qu’il porte à son poignet… Œil pour œil dent pour dent donc. Notre héros n’est ni un robocop ni un envoyé des dieux, juste un voleur et bandit recherché, mortel de surcroît. Entre sacrifice pour sauver la planète et départ du poor lonesome cowboy, le final aura fortement senti le réchauffé… « L’ennui » avec ce film honteusement apprécié, c’est qu’il a tendance à trop se prendre au sérieux à l’inverse d’un bon vieux Wild Wild West. Du coup c’est encore plus jubilatoire de le voir et de le revoir.

L’art de s’aliéner du public

Cowboys & Aliens (titre original) est au départ un roman graphique créé par Scott Mitchell Rosenberg, publié par Platinum Studios en décembre 2006. Fin août 2009, Jon Favreau avait annoncé au Hollywood Reporter son souhait d’adapter le roman à l’écran. Un script s’en était alors déjà inspiré.

Ce qui m’a interpellé, c’est le concept et le script. J’ai lu un très bon script et j’ai adoré l’idée de mélanger ces deux genres et de juxtaposer un film d’extraterrestres sérieux avec un western sincère. On a tiré notre inspiration de films tels que Rencontres du troisième type, Alien, le huitième passager et Predator pour le côté extraterrestre. Et on a pris pas mal à John Ford, Sergio Leone et Butch Cassidy et le Kid pour le côté western.

C’est ainsi sur un scénario de Roberto Orci, Alex Kurtzman et Damon Lindelof que Favreau s’est lancé dans l’aventure. Produit par Brian Grazer, Ron Howard avec Steven Spielberg en producteur exécutif, Cowboys & envahisseurs a demandé un budget de 163 000 000 $. Le film fut un échec aux États-Unis. En effet, seules les recettes à l’international (notamment au Royaume-Uni, en France, en Russie, au Japon et en Australie) lui ont permis d’atteindre l’équilibre avec 174 822 325 $ de recettes totales.

Pour rappel, Le Roi Lion signé Favreau, remake du film d’animation sorti en 1994, gagnera nos salles obscures le 17 juillet 2019. Après sa vision du Livre de la jungle sorti en 2016, remake du Disney de 1967, nul risque d’être déçus. On a peut-être honte d’avoir apprécié Craig face aux aliens mais Simba revisité, on assume !

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