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#LesFilmsDeLaHonte : bataillons pour Kull le conquérant

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour de Kull le conquérant d’être défendu bec et ongles. Avis aux fans d’heroic fantasy, ce divertissement ne pourra que vous ravir.

Souvenez-vous… En 1997, sortait le film fantastique Kull le conquérant, signé John Nicolella. Une épopée héroïque mettant en scène le puissant roi Kull, campé par Kevin Sorbo. Principalement connu pour avoir campé Hercule dans la série télévisée éponyme de 1995 à 1999, Sorbo reprit pendant cinq ans son rôle phare dans la série dérivée Xena, la guerrière. Nombreux furent ceux à être déçus de découvrir le demi-dieu dans la peau de Kull, bien moins charismatique que le fils de Zeus. Bien moins captivant que Conan également, duquel il fut pourtant précurseur dans l’univers de son créateur Robert Ervin Howard.

Pauvre Robert E. Howard

Nouvelliste et romancier américain, Robert E. Howard (1906 – 1936) est avec J.R.R. Tolkien et H.P. Lovecraft considéré comme l’un des pères fondateurs de la littérature fantastique moderne. Il est aussi et avant tout l’inventeur de l’heroic fantasy, avec les aventures de son incontournable héros Conan le Cimmérien. Kull vivait quant à lui à l’Âge thurien et fut roi d’Atlantide dans les romans d’Howard. Créé avant Conan, ce personnage lui ressemble beaucoup et l’a d’ailleurs inspiré par la suite.

D’ailleurs, le scénario de Kull était à l’origine en partie écrit pour être celui du troisième film sur Conan avec Arnold Schwarzenegger, après Conan le Barbare (1982) et Conan le Destructeur (1984). Le film devait s’intituler Conan le Conquérant. Mais le comédien qui avait signé pour cinq films rompit son contrat après l’échec du deuxième opus et du spin-off, Kalidor : la légende du talisman (1985), centré sur Sonia la Rousse, elle aussi créée par Robert E. Howard. Le scénario fut donc remanié une dizaine d’années plus tard et le titre repris pour nous offrir Kull le conquérant, produit par Raffaella De Laurentiis, fille de Dino (producteur des deux Conan).

Il était un roi…

Kull est au commencement un puissant guerrier qui, au cours d’un combat, blesse mortellement son adversaire, le roi Borna (Sven-Ole Thorsen) qui, devenu fou, a fraîchement massacré ses fils. Impressionné par la force de Kull, c’est dans un dernier soupir que le roi désigne Kull comme son successeur. Notre homme monte ainsi sur le trône au grand dam des proches du roi parmi lesquels le général Taligaro (Thomas Ian Griffith), qui s’estime le légitime héritier du trône.

Akivasha, Kull et Zareta.

Aimé de son peuple, Kull est vaillant et droit mais au-delà du général, une poignée de corrompus lui vouent une haine féroce et sont bien décidés à l’éliminer. C’est alors que, malgré les tendres sentiments qu’il porte à l’esclave Zareta (Karina Lombard), il cède à la séduction de la belle Akivasha (Tia Carrere), une sorcière maléfique que ses ennemis ont ressuscitée pour le tuer au cours de sa nuit de noces. Échappant de justesse à la tentative d’assassinat, Kull se lance alors à la recherche de l’unique arme qui lui permettra de lutter contre la démone ayant usurpé son trône.

Prenons au moins le parti d’en rire

Les inconditionnels d’heroic fantasy auront grandement apprécié ce film aussi prévisible que cliché. On reste dans sa zone de confort et on ne tente surtout pas l’originalité en résumé… À prendre au troisième degré donc, histoire de passer un agréable dimanche soir bien au chaud sous la couette. Entre divertissement et action sympathique, vous ne pourrez pas être déçus du moment que vous n’escomptez pas la découverte d’un chef-d’œuvre. Le manque de crédibilité et d’investissement des comédiens est sur certaines scènes hilarant, notamment celle de la gentille bagarre avec épées enflammées et yeux bandés.

Admettez par ailleurs qu’en mettant de côté la légèreté du scénario, les décors et les costumes sont quant à eux plutôt convaincants non ? Non. Ça sent le carton-pâte à plein nez, on est d’accord. Que dire ensuite des cascades et des scènes intimistes… Pour autant, on s’amuse de l’air immuable de Kull, de la moue de la sorcière et des hurlements de l’esclave laissée pour compte, poursuivie par les méchants tout le long du film. Encore que Lombard parvient tout de même à s’accrocher aux branches cassées, au même titre que Griffith qui, bien que méchant avéré du film, s’avère plus captivant que le héros lui-même. Si vous n’avez pas encore découvert ce petit bijou de honte délectable, préparez-vous à rire un bon coup entre deux micro-siestes.

Kull et le traître Taligaro

Trop de clichés tue le cliché

D’un côté nous avons le grand barbare musclé à souhait, aux cheveux longs étonnamment soyeux et à la peau satinée. De l’autre son aimée d’une simplicité renversante, au charme qui surpasse la beauté envoûtante de la démone désireuse de rebâtir l’empire du mal en rouvrant les portes de l’enfer. Injuste dilemme quand notre guerrier devenu roi s’est méchamment fait avoir par un sortilège. Kull doit ainsi se faire respecter en tant que bâtard au trône, défier les forces du mal, sauver sa promise ou encore abolir l’esclavage. Tout ça à la fois mais si peu pour un roi doublé d’un barbare né.

Sachant que Robert E. Howard a créé le cultissime Conan en se basant sur son premier barbare Kull, nous nous attendions à un héros puissant et violent au creux d’un monde hostile et merveilleux. En résulte une pâle copie de notre barbare favori, un mou du genou qui semble s’excuser chaque fois qu’il brandit son épée et dégaine sa hache.

Jeux de mots qui cir-kull

Que dire enfin des répliques surfaites débitées par Kull ? Plus digne d’un nanar les unes que les autres, l’ensemble entraîne gentiment vers une série B. Et au-delà des dialogues bâclés ou trop bien pensés pour paraître naturels, les spectateurs s’en seront à l’époque donné à cœur joie via des jeux de mots aussi gras que rigolos. A titre d’exemple, petits et grands se seront bidonnés sur Kull qui gesti-kull, les femmes re-kull, Kull le barbare in-kull-te, le ridi-kull ne tue pas, Kull a le feu au *** et autres grossièretés que nous ne nous permettrons pas de rappeler.

Bien moins crédible que Conan le barbare réalisé quinze ans plus tôt, celui qui se veut conquérant ne parvient même pas à écraser nos bâillements. Retenons donc, grâce aux mauvais effets spéciaux et au scénario qui laisse à désirer, le plaisir d’apprécier un nanar. Débranchez votre cerveau, affalez-vous sur le canapé et savourez. L’heure du plaisir coupable a sonné !

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