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#LesFilmsDeLaHonte : Batman Forever de Joel Schumacher

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSéries vous partagent un de leurs pires films préférés. Envie de voir un film de super-héros qui n’est étrangement jamais apparu dans aucun top du genre ? Alors ruez-vous sur « Batman Forever », inoubliable sommet nanardesque des années 90.

En 1995, la Warner souhaite faire de la franchise Batman une saga plus familiale, après un deuxième épisode jugé trop sombre. Elle décide donc de confier la réalisation de Batman Forever à Joel Schumacher, qui succède à Tim Burton. Côté financier, le studio voit juste puisque le film rapportera plus de 336 millions de dollars au box-office mondial, contre près de 267 millions pour Batman : Le Défi. Côté artistique, il s’agit tout simplement d’une monumentale erreur.

Néanmoins, il serait dommage de bouder son plaisir devant Batman Forever, blockbuster qui atteint des sommets de mauvais goût. Pour sa prise en main de la franchise, Joel Schumacher dégaine les contre-plongées douteuses façon Jean-Marie Poiré. Il enchaîne également les plans fixes et rapprochés hideux, histoire de donner de l’ampleur au Chevalier Noir. Enfin, le réalisateur s’entoure surtout d’acteurs prestigieux qui, hormis Val Kilmer, n’ont sans doute jamais autant cabotiner.

Jim Carrey et Tommy Lee Jones en roue libre

S’il ne fallait citer qu’une raison de découvrir Batman Forever, ce serait probablement ses inoubliables méchants. Dans ce troisième opus, le super-héros affronte Double-Face et l’Homme Mystère. Le premier ouvre le bal avec une scène d’introduction qui dévoile immédiatement le ton cartoonesque du film. Tommy Lee Jones gesticule, pousse d’étranges gémissements avant de se mettre à hurler de façon hystérique. Si le Pingouin faisait de même dans Batman : Le Défi, Danny DeVito avait au moins le mérite d’être crédible.

Apparaît ensuite Edward Nygma, qui est probablement le personnage le plus fouillé du film. Alors que le passé de Harvey Dent est évoqué en quelques secondes, le spectateur voit Nygma basculer peu à peu dans la folie avant d’enfiler le pyjama de l’Homme Mystère. Cela permet à Jim Carrey de tomber progressivement dans le cabotinage, tandis que Tommy Lee Jones en fait d’emblée des tonnes.

Batman Forever : Retour sur le film de Joel Schumacher.

Le film devient réellement fascinant, pour de mauvaises raisons, lorsque les deux méchants décident de faire équipe. Joel Schumacher n’a alors plus aucune limite et décide de s’en donner à coeur joie. Avec un sous-texte sur la lobotomie des habitants de Gotham, il s’offre des excès qui vont parfaitement avec ses deux comédiens. Si le film est sans cesse plomber par une caméra statique, l’Homme Mystère et Double-Face apportent tout de même une véritable énergie à ce nanar. Leur rencontre est par exemple assez délirante et s’apprécie encore plus lorsque l’on sait que les deux comédiens ne se supportaient pas. On retient également la fabuleuse danse de Jim Carrey lorsqu’il fait sauter la Batcave. Le final, durant lequel ils jouent à la bataille navale en visant Batman et Robin, vaut lui aussi son pesant d’or.

Un scénario qui part dans tous les sens

En dehors de ses deux méchants, l’aspect le plus réussi de Batman Forever reste sa manière de défier toutes les lois de la logique et de la cohérence. Que ce soit le traumatisme de Bruce Wayne ou le deuil inexistant de Robin, chaque élément représentant la nature des personnages est balayé d’un revers de la main. Dans ce vide intersidéral, le plus drôle reste le personnage de (la pauvre) Nicole Kidman. La comédienne incarne une psychologue qui, en plus de faire des diagnostics dignes de l’horoscope de 20 Minutes, n’est qu’un triste faire-valoir qui passe son temps à baver sur l’énigmatique Batou.

Batman Forever : Retour sur le film de Joel Schumacher.

Par ailleurs, d’où sort la forteresse de Double-Face et l’Homme Mystère ? Pourquoi Wayne Enterprises n’a-t-elle pas licencié Edward Nygma plus tôt, alors qu’il est visiblement dingue ? Bruce Wayne a-t-il vraiment fait construire un toboggan dans Gotham pour rejoindre la Batcave à tout moment ? Où Batman trouve-t-il la souplesse pour faire des saltos de deux mètres de haut sans élan ? Pourquoi Val Kilmer a-t-il remplacé Michael Keaton alors que Julien Lepers était son successeur attitré ? Autant de questions qui resteront à jamais sans réponses.

Allié à des idées visuelles toutes plus folles et répugnantes les unes que les autres, ce script fait de Batman Forever un véritable OVNI cinématographique. Le long-métrage provoque tellement de réactions hallucinées qu’il enterre sans problème bon nombre de blockbusters actuels. De plus, une autre interrogation perdurera à jamais : comment le film a-t-il fait pour être nommé à trois Oscars ? Le film a notamment été cité dans la catégorie Meilleure photographie. L’acide qui a bousillé Harvey Dent avait probablement touché les membres de l’Académie cette année-là.

Avant que Christopher Nolan ne ressuscite Batman au cinéma, Joel Schumacher réussit par la suite à enterrer le super-héros encore plus profondément. Le réalisateur fera en effet encore plus de dégâts sur Batman & Robin, porté par la performance exceptionnelle d’Arnold Schwarzenegger. Dans ce quatrième et dernier opus, c’est George Clooney qui reprend le rôle du Chevalier. Avec ce film, Schumacher poussa encore plus loin le niveau de détails, en affublant par exemple de jolis tétons aux tenues des super-héros. A côté, Batman Forever fait office de chef d’oeuvre !

À la semaine prochaine pour un nouveau « film de la honte » !

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