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#LesFilmsDeLaHonte : examinons Un flic à la maternelle

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour de la comédie policière « Un flic à la maternelle » de faire sa rentrée.

Souvenez-vous… En 1990, sortait Un flic à la maternelle d’Ivan Reitman (SOS Fantômes, Six jours sept nuits). Arnold Schwarzenegger nous régalait avec cette comédie d’action hilarante. Un film propice à la nostalgie de notre enfance, véritable récréation au milieu d’une déferlante de blockbuster. Schwarzy se prend à la dérision, éprouve des émotions, se laisse aller aux sentiments et encore mieux, apprend à aimer les enfants. Toutes les raisons qui justement font que certains considèrent ce film comme une erreur. Et pour cause, on est bien loin de Conan le barbare ou de l’inflexible Terminator… Mais avouez qu’il fallait y penser, à infiltrer Schwarzy en plein cœur d’une école emplie de bambins indisciplinés ? Avis à ceux qui n’auraient pas encore fait un tour du côté de cette école, cet article contient des spoilers.

Rafraichissons les mémoires

Après avoir appréhendé le baron de la drogue Cullen Crisp (Richard Tyson) et sa mère acariâtre, l’inspecteur John Kimble (Schwarzenegger) et sa nouvelle partenaire Phoebe O’Hara (Pamela Reed) sont envoyés en mission à Astoria, dans l’Oregon. Ils doivent retrouver l’ex-femme de Cullen, Rachel (Penelope Ann Miller), et leur enfant, afin que cette dernière témoigne contre son ancien mari. Alors que Phoebe doit s’infiltrer à l’école élémentaire pour retrouver l’enfant qui les mènera à Rachel, elle est victime d’une grippe intestinale et Kimble la remplace au pied levé pour gérer la classe de maternelle. Le cauchemar de l’inspecteur ne fait que commencer, ce sous l’œil de lynx de la directrice Mademoiselle Schlowski (Linda Hunt)…

En quelques heures c’est l’anarchie la plus totale et le brillant policier a plus de mal à contenir trente bambins que les plus coriaces bandits. Parviendra-t-il à se faire des alliés des enfants pour retrouver les méchants ? Son enquête l’amène en tous les cas à découvrir que Joyce Palmier, institutrice de l’école dont il est tombé sous le charme, et son fils Dominic ne sont autres que Rachel et Cullen Crisp, Jr. S’en suivent de nombreuses péripéties conclues sur une happy end, alors que Kimble retrouve ses jeunes élèves qui l’accueillent dans la joie. En mode Disney, le réalisateur ne pouvait guère faire mieux que le bisou final devant toute la classe, entre le héros et l’ex-femme du malfrat. Tout est bien qui finit bien et ils eurent beaucoup d’enfants, tous inscrits en maternelle.

Un public divisé

Entre l’hilarant jeu de Schwarzy, les petits monstres et l’enquête en toile de fond, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Pour autant, ça c’était avant. Lorsque nous étions nous-mêmes des enfants qui embêtions les grandes personnes. Avec un œil adulte justement, notre film culte glisse lentement vers la catégorie « honte » et / ou « plaisir inavoué ». Au début du film, Schwarzy est fidèle à lui-même. Implacable, sans peur et sans reproche, fascinant et effrayant à la fois. Charismatique à souhait en résumé. Imperméable impeccable, lunettes de soleil, barbe de trois jours et artillerie lourde le présentent comme un flic violent dénué de sentiment. On rit aujourd’hui de revoir le grand écart entre le flic impétueux et le prof mielleux.

Pour autant, le concept d’un Terminator désemparé face à une bande de bambins n’en demeure pas moins extra ! Puis on ne peut pas reprocher à l’acteur vedette d’avoir voulu sortir des sentiers battus de la grosse brute pour marcher sur le chemin de la comédie familiale. Et au final, que ça plaise ou non, ça marche. Le personnage demeure crédible tant il met du temps à s’adapter aux touts petits. Feu les aliens, les robots et les grands méchants et bonjour les gueulards en culottes courtes. Notre homme devra ainsi apprendre à faire marcher les marmots au pas, via des méthodes moins que validées par la directrice de l’établissement. Une bonne tranche de rigolade au programme, saupoudrée d’action mais également d’amour, inévitablement.

Une boule de muscles au cœur tendre

Plus nougat mou que caramel dur, Schwarzy nous prouve dans ce film sa capacité à aller au-delà du muscle. Notre homme a un cerveau, un cœur également, et compte bien le faire savoir au monde entier. C’est ainsi que l’acteur d’origine autrichienne tourna à peu près à la même période, toujours sous l’œil de Reitman, dans Jumeaux (1988) et Junior (1994). Ses fans auront également pu le découvrir dans La Course au jouet (1996) de Brian Levant ou dans Le Tour du monde en  80 jours (2004) de Frank Coraci.

Autant de comédies qui auront permis au comédien au physique impressionnant de faire parler de lui. Les langues de vipère se seront moquées quand les fans des premières heures auront apprécié. Nous concernant, c’est quelque peu honteux que nous devons bien avouer avoir adoré ces films qui sortaient de la case « grosse brute sans cervelle ». Le côté immuable cède sa place aux sourires tandis que les muscles se fondent en guimauve. Que voulez-vous, les enfants, bien que véritables têtes à claque par moment, possèdent cette innocence qui fait fondre le plus coriace d’entre nous. Les bambins lui en font voir de toutes les couleurs, le faisant voir rouge, le faisant pâlir puis rosir de plaisir. Et c’est aussi pour ça qu’on se régale !

Scènes cultes et détails croustillants

Un flic à la maternelle est ponctué de scènes cultes qui font de ce film quelque peu honteux un véritable bonbon savoureux. Du fameux « J’aime ma voiture » à « vos gueules » en passant par le jeu « Qui est mon papa ? », les pétages de plomb de l’ami Schwarzy sont tout simplement succulents. A côté de cela, on se souvient tous de répliques cultes telles que « vous savez la maternelle c’est comme le lait sur le feu, il ne faudrait jamais le quitter des yeux ». Qu’est ce qu’on a pu se bidonner face à l’impuissance de l’acteur qui pensait avoir la situation bien en main !

Point de vue infos croustillantes, John Kimble déclare dans le film venir d’Autriche et que son père était flic, ce qui est effectivement vraie pour l’acteur. Un flic à la maternelle représente par ailleurs l’un des films préférés de Schwarzy car il lui rappelle ses enfants et son difficile rôle de père parfois, comme tout un chacun. Le tournage fut en effet éprouvant pour lui, tant il n’avait pas l’habitude de donner la réplique à de si jeunes comédiens.

Bonnes notes pour le flic infiltré

Un flic à la maternelle a comme nous le disions plus haut divisé les critiques. Le site Rotten Tomatoes lui a ainsi attribué 50% d’avis favorables, basé sur 34 commentaires collectés. Le site Metacritic a quant à lui recueilli un score de 61/100, basé sur 15 commentaires collectés. Le film connut par ailleurs un important succès commercial et récolta 201 957 688 $ de recettes mondiales pour un budget de 15 000 000 $. Côté hexagone, le flic prof à ses heures perdues engendra 1 917 647 d’entrées. Pas mal pour une gentille comédie qui sent fort la colle Cléopâtre, la craie et le savon ovale tout détrempé.

Et vous, qu’avez-vous pensé de cette intrigue riche en rebondissements ? Avez-vous trouvé les enfants attachants ou horripilants ? Et Schwarzenegger dans la peau d’un maître d’école, convaincant ou non ? Selon nous, l’acteur mérite au moins un bon point ou une image pour cette belle prestation… A vos commentaires !

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