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#LesFilmsDeLaHonte : immersion dans Waterworld

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous font partager l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, notre film de la honte se nomme Waterworld de Kevin Reynolds ! Film d’action-aventure plus visionnaire que science-fiction, Waterworld nous entraîne dans un monde submergé. Un monde où le réchauffement climatique a eu raison de nos modes de vie et des gaz à effet de serre… Mais entre budget hors de prix et diverses bévues, le film qui est loin d’avoir plu au plus grand nombre est un échec commercial !

Selon certains, Waterworld de Kevin Reynolds, est le Mad Max de George Miller (1979) à la sauce maritime. Pour rappel, c’est dans un futur proche que les grandes nations sont entrées en guerre pour le pétrole. Les populations se sont révoltées tandis qu’une bande de délinquants erre sur les routes. Ici, ce sont les routes maritimes que les rescapés sillonnent à la recherche de vivres. Et surtout de Dryland…

Au casting, Kevin Costner (dit Mariner), également producteur, sillonne l’océan sur son Trimaran. Jeanne Tripplehorn (Helen) et Tina Majorino (Enola) sont deux idéalistes vivant sur un atoll. Michael Jeter (Gregor) campe le vieil acolyte de ces dames et Dennis Hopper (le méchant Deacon) un pillard sanguinaire qui fume clope sur clope.

La planète bleue

C’est après une catastrophe écologique que la Terre s’est vue recouverte par les océans vers l’an 2500. Les rares survivants vivent sur des atolls artificiels, constitués de toutes sortes de débris, majoritairement flottants. La terre, l’eau et la nourriture sont devenus si rares que survivre est un combat quotidien. À cette lutte s’ajoute la peur des Smokers, pillards sans foi ni loi. L’unique échappatoire reste Dryland, contrée mythique que certains disent avoir vue quand d’autres n’osent en rêver. Une île qui aurait su vaincre le niveau actuel de la mer semble un trop beau conte de fée. Ces hommes de l’eau pourront-ils un jour marcher à nouveau sur la terre ferme et salvatrice ? Courir pieds nus dans l’herbe et se promener en forêts ?

Mariner, Helen et Enola.

Le loup de mer et solitaire Mariner débarque en tous les cas sur l’un des atolls. Simplement désireux d’y faire du commerce, l’homme va croiser la route d’Helen et Enola… Capable de recycler son urine pour en faire de l’eau potable, ce dernier a de quoi effrayer Mesdames ! Impétueux, mystérieux, silencieux et surtout asocial, le mutant mi homme mi poisson les fera sous peu chavirer. On y revient tout de suite après.

Un film à la dérive

Avec un budget de 175 millions de dollars (dont 14 injectés par Costner), le film a rapporté environ 265 millions de dollars de recettes mondiales. La maison de production MCA-Universal Studios avait à l’époque annoncé un budget de 100 millions de dollars pour ne pas inquiéter les financiers… Foutaises et balivernes ! Le budget a quasiment doublé ! Pour autant, Waterworld fut sauvé des eaux malgré le flop annoncé. La firme hollywoodienne a rapidement compensé les pertes attendues en se lançant au plus vite dans d’autres projets.

En effet, jamais un film n’avait à l’époque coûté si cher… S’en sont suivi par ailleurs de nombreux imprévus qui ont ajouté trois mois de tournage à la planification initiale ! L’échec financier se faisait donc déjà pressentir avant même la sortie du film. Côté intrigue, le premier scénario fut écrit par un inconnu qui voyait un film à petit budget. Costner se lança alors lui-même dans la réécriture de ses répliques alors que le tournage avait déjà commencé… Au cœur d’une villa en bord de mer louée à un prix exorbitant pour ce faire. Vint ensuite le désaccord entre l’acteur, qui voulait un rôle héroïque qui le mette en valeur, et Reynolds, qui escomptait un film d’action.

On boit la tasse

Cerise sur l’atoll, le chef des Smokers Dennis Hopper ne fut engagé qu’un mois après le début des prises de vues ! Ce après le refus de John Malkovich, Gary Oldman ou encore Samuel L. Jackson, qui préféra tourner Une journée en Enfer. En plus d’être le chauve de l’histoire, Hopper se trouva être le plan non pas B mais Z de la production !

Niveau décor, un gigantesque atoll artificiel a été construit dans le port de Kawaihae, à Hawaï, pour la modique somme de 5 millions de dollars. À cela se mêla le mal de mer du réalisateur, le divorce de Costner et autres alertes aux ouragans. Un tournage dantesque puisque tout se faisait sur l’atoll, du maquillage aux pauses pipi en passant par les repas (et les renvois…).

La production aurait en effet négligé le retard que pouvait engendrer des prises de vues exclusivement réalisées sur l’eau… Un puits sans fond que ce tournage aquatique ! Tout comme Les Dents de la Mer de Spielberg avant lui, qui avait vingt ans auparavant vu son budget doublé pour les mêmes raisons. Pour autant l’un est devenu un flop, l’autre l’un des films les plus regardé de l’histoire du cinéma. On vous laisse deviner qui est qui.

Enola va faire une bêtise !

L’homme poisson

Mariner est doté de branchies et de pieds palmés. Il peut ainsi respirer sous l’eau qui est pour lui son milieu naturel. Le mutant peut ainsi faire découvrir à Helen (bien au sec dans une bulle de verre) une ville submergée. Enola s’est quant à elle vu tatouer une véritable carte aux trésors dans le dos : LA carte menant à Dryland ! C’est ainsi que la petite fille est capturée par les méchants tandis que « les tourtereaux » barbotent sous l’eau. Sous couvert de manque d’oxygène, l’amphibie offre en effet un baiser à Madame. Bien que dénué de sentiments à première vue, Mariner fera tout pour secourir la demoiselle en détresse.

Certes le réchauffement climatique a causé la fonte des glaces. Cette éventualité est malheureusement déjà une réalité… Mais pourquoi Mariner s’est vu doté des atours du poisson quand les autres sont restés pleinement humains de la tête au pied ? Ça, l’histoire ne nous le dit pas. Le mutant abandonnera-t-il alors « sa sirène » pour retrouver l’océan ? Ou luttera-t-il à ses côtés pour dénicher Dryland ? À vous de voir ou de revoir le film !

Fin mot de l’histoire

Pour conclure l’affaire, le divorce officiel des deux Kevin… Reynolds a été congédié par son ex-ami et n’eut pas son mot à dire. Costner ayant investi beaucoup de temps et d’argent, il était maître de la décision. Selon la rumeur, l’acteur se trouva trop chauve en découvrant les rushes. Il aurait alors demandé que certaines scènes soient retournées ou que sa calvitie soit retouchée en post-production. Ce que le réalisateur aurait refusé. Ainsi donc Reynolds ne s’est pas rendu à la première et n’a pas souhaité être associé à la sortie du film. Pour autant son nom figure au générique…

Vous reprendrez bien une petite anecdote ? C’est parti ! Kevin Costner, alors au top de sa forme après avoir raflé l’Oscar pour Danse avec les loups (1990) a réalisé lui-même la majorité des cascades. Ce fut ainsi attaché au mât qu’il manqua de se noyer lorsque le bateau a chaviré ! Le surfeur Laird Hamilton, sa doublure, a quant à lui attendu plusieurs heures en mer avant d’être repêché par l’équipe. La raison ? Son jet ski tomba en panne d’essence alors qu’il rejoignait le plateau… Sur l’eau. Un vrai Mad Max on vous dit, avec plus d’essence en prime ! La jeune actrice qui incarnait Enora fut, quant à elle, à plusieurs reprises piquée par des méduses… Tournage sympa en résumé !

Qu’en pense Mariner ?

En août 2015, Kevin Costner avait une nouvelle fois défendu son film bec et ongles à Hollywood Elsewhere :

Je doute que vous sachiez à quel point ce film est aimé à travers le monde. Descendre un film est un acte facile, surtout quand on ignore ce qui s’est passé sur le tournage. Quand vous savez comment se fabrique un film, le combat que l’on doit mener contre les décisions d’autres personnes, vous ne pouvez que le voir d’un œil différent.

Le méchant Deacon

La plupart des gens pensent que Waterworld a été l’un des moments les plus bas de ma carrière. C’est faux. Il aurait pu connaître un meilleur destin et je n’ai jamais dû autant me battre contre tous ceux qui le descendaient. Ce film, avec toutes ses imperfections, fut un vrai bonheur pour moi. À l’époque et encore aujourd’hui.

Alors, envie d’une virée en Trimaran à la conquête de Dryland ?

À la semaine prochaine pour un nouveau « film de la honte » !

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