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#LesFilmsDeLaHonte : préservons Terrain miné

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. C’est aujourd’hui au tour du film d’action « Terrain miné » signé Steven Seagal, qui jongle entre écologie et spiritualité, d’être dépoussiéré.

En 1994, sortait le film d’action aventureux Terrain miné avec Steven Seagal à la fois aux commandes et dans le rôle principal. D’abord connu en tant qu’aikidoka (septième dan d’aïkido), Seagal a été le premier étranger responsable d’un dojo (lieu consacré à la pratique des arts martiaux ou à la méditation bouddhiste zen) au Japon. À la fin des années 1980, il devient une vedette du cinéma d’action avec des films cultes tels que Échec et Mort, Désigné pour mourir, Justice sauvage ou encore Piège en haute mer). Rien de surprenant à ce que notre homme en vienne à se placer derrière la caméra pour nous offrir sa vision du cinéma d’action. C’est après que l’affaire s’est corsée, lorsque le plus grand nombre n’a pas saisi le message délivré, plus important que la baston. Terrain miné a du coup sapé la carrière de Seagal, marquant une véritable brisure par rapport à ses précédents rôles. Feu le flic urbain ultra violent que ses fans adulaient et bonjour le pacifiste bagarreur au besoin. Voici ci-dessous le monologue de l’acteur qui fit bailler ses admirateurs et saliver ses détracteurs…

Un écologiste dans l’âme

À la suite d’un grave incendie, un combat acharné va opposer un village inuit d’Alaska soutenu par Forrest (Seagal), un des meilleurs spécialistes de la lutte anti-incendie, et Michael Jennings (Michael Caine), patron d’une raffinerie de pétrole qu’il exploite en territoire inuit… Engagé par une firme pétrolière pour résoudre un problème de détail, l’expert découvre que c’est l’équilibre écologique de tout une région qui est en jeu. Il entre alors en conflit avec ses mandataires… jusqu’à l’explosion de l’action ainsi que d’une raffinerie… Billy Bob Thornton, Mike Starr, Joan Chen ou encore R. Lee Ermey étaient également présents au casting.

Pour certains, Terrain miné, en dépit de ses faiblesses scénaristiques, reste un film incontournable tant les problèmes qu’il soulèvent sont cruciaux. Seagal s’engage, dénonce et profite de son statut pour tirer la sonnette d’alarme. Le message qu’il délivre est très simple : l’humanité est en danger, au même titre que notre planète détruite par les grandes entreprises. L’action passe consciemment au second plan mais bon nombre y ont vu un échec. Un film ennuyeux, répétitif, nanar par bien des aspects mais en aucun cas ce à quoi Seagal nous avait habitués. Notre homme pourtant parle avec son cœur. L’acteur a pris son courage à deux mains pour se lancer dans l’aventure réalisation, et a pour ce faire choisi un sujet qui lui était cher. Pour cela nous l’acclamons, qu’importe le résultat final et les qu’en dira-t-on.

Scènes cuculs et répliques cultes

Nous avons également apprécié quelques scènes, entre autres celle du jeu de la main chaude avec Big Mike (Mike Starr) qui en a soi-disant « une grosse paire » mais qui rate à tous les coups face au grand Forrest avec sa veste en fine peau de bête à franges et sa couette. Et l’humilié de réaliser qu’il faut du temps pour devenir un homme, un vrai, tout comme Forrest le défenseur des opprimés. Le héros lui tape sur l’épaule tandis que le battu semble presque prêt à le remercier de l’avoir rabaissé en public. C’est quand même beau le charisme non ? Comment oublier par ailleurs le monologue de Stone (R. Lee Ermey), bien plus hilarant que celui de Seagal, soporifique à souhait bien que très fondé. Souvenez-vous… Au dénouement du film, lorsque la musique mi-suspense mi-dramatique couvre à moitié le monologue de l’homme qui parle de Seagal. Alors qu’on voit notre héros agir de son côté en parallèle, le mercenaire le décrit ainsi à son subalterne :

Mon contact à Washington dit qu’on n’a pas affaire à un élève mais qu’on a affaire au professeur. Quand l’armée monte une opération qui doit pas échouer, c’est à lui qu’ils font appel pour entraîner les troupes, d’accord ? C’est le genre de type qui boirait un bidon d’essence pour pouvoir pisser sur ton feu de camp. Ce mec-là, tu le largues au pôle nord sur la banquise avec un slip de bain pour tout vêtement, sans une brosse à dent, et demain après-midi tu le vois débarquer au bord de ta piscine avec un sourire jusqu’aux oreilles et les poches bourrées de pesos. Ce type-là est un professionnel. S’il atteint la plateforme, on sautera tous, et il restera plus qu’un grand trou au beau milieu de l’Alaska. Alors on va trouver ce type, le descendre et on sera débarrassé de ce fumier.

Ça fait peur n’est-ce pas ? Stone nous a également régalé avec son « Je veux que tu protèges cette entrée comme si c’était le pucelage de ta sœur ». Que dire également de la réplique tout aussi grossière de Michael Caine : « Ne vous en faites pas pour le FBI. Tout le monde sait qu’ils ne trouveraient pas une pute dans un bordel ».

Big Mike VS Forrest

Une fois ça passe…

Deux fois ça lasse, trois fois ça casse. Après l’échec de Terrain Miné, Seagal semble avoir compris la leçon et n’a jamais retenté l’expérience de la réalisation. Et pour cause, le comédien reçut en 1995 le Razzie Award du Pire réalisateur et fut aussi nommé pour celui du Pire acteur, tout comme l’actrice Joan Chen. Après le fiasco, notre homme préféra donc se concentrer sur l’acting, la scénarisation et la production. Et c’est déjà beaucoup pour un seul homme ! Pourtant, au-delà du message délivré, le rythme du film était sympathique et l’introduction à la culture des autochtones d’Alaska intéressante. L’acteur a par ailleurs tenté de s’écarter des sentiers battus des films d’action tels que nous les connaissons. Sa critique des lobbies du pétrole fut malheureusement indigeste tandis que les méchants se sont montrés aussi caricaturaux que dénués d’intérêt.

Face aux industriels avides d’argent, nous avions les inoffensifs esquimaux désireux de défendre leur terre. Cette gentille intrigue parsemée de bagarres se solda par une sorte de documentaire plutôt risible. Que dire ensuite des bagarres opposant Seagal aka Forrest le médiateur aux vilains méchants pas beaux ? Notre homme gagne à tous les coups sans qu’une seule mèche ne quitte sa couette. Immuable, il vise parfaitement et étrangle assidûment. Implacable, il frappe sans suer une goutte ni déchirer sa jolie veste. Un héros on vous dit. Mais un héros plus mou qu’à l’accoutumée, trop pacifiste à notre goût.

Un cavalier, qui surgit hors de la nuit, court vers l’aventure au galop…

Avis à ceux qui n’aurez pas encore vu Terrain miné, que beaucoup qualifie de navet voire de nanar avéré, ne vous attendez pas à découvrir Seagal dans son rôle habituel. Préparez-vous plutôt à un film surchargé de discours écologistes avec en bonus quelques bagarres acceptables. Savourez par ailleurs le jeu toujours juste de Michael Caine qui, pour bon nombre, aurait mieux fait de déminer le terrain avant de s’engager.

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