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#LesFilmsDeLaHonte : ressuscitons Frankenhooker

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour du film d’épouvante-horreur plus parodie qu’hommage « Frankenhooker » d’être ramené à la vie. Retour sur une créature créée de toute pièce que nous avons quelque peu honte d’avoir appréciée.

Souvenez-vous… En 1991, sortait Frankenhooker de Frank Henenlotter. Nous découvrions la triste histoire du scientifique fou Jeffrey Franken campé par James Lorinz. L’homme était dévoré de douleur après la perte de sa fiancée, déchiquetée par une tondeuse à gazon. Dès le départ, le réalisateur donnait le ton. Le génie créateur espérait la reconstituer grâce à une drogue de son invention et à partir de morceaux de prostituées de la 42ème Rue. Sympa comme plan, tuer des filles de joie pour ranimer sa propre raison de vivre…Toujours est-il que le résultat allait au-delà de ses espérances puisqu’il « donna la vie » à une créature aux cheveux violets incarnée par Patty Mullen, à la minijupe provocante et aux appétits insatiables. Plus dangereuse qu’affectueuse, plus habile que docile, la belle montée de toute pièces échappait au scientifique, dès lors lancé à sa poursuite dans les rues new-yorkaises. Une pièce montée déambulant au cœur de la grosse pomme avec un pâtissier sanguinaire à ses trousses, vous voyez le tableau ? Nous, on s’en souvient bien. Loin d’être chou et succulent, Frankenhooker vous filait la nausée tant se coltiner la purple était loin d’être de la tarte.

Le monstre de Frankenstein

Jeffrey Franken est au début du film d’épouvante un jeune électricien de talent. Amoureux et passionné, il mène de nombreuses expériences sur le cerveau durant ses temps libres. Le drame survient lorsque sa petite amie est découpée en mille morceaux par une tondeuse automatique qu’il avait fabriqué pour l’anniversaire de son beau-père. Rongé de culpabilité, Jeffrey décide de reconstituer son amour perdu. C’est ainsi qu’il récolte des morceaux de prostituée afin de créer un corps de rêve à sa dulcinée. L’étape ultime est de greffer le cerveau de sa fiancée, soigneusement conservé, à cet ensemble rafistolé. Cerveau au creux duquel un œil s’est d’ailleurs logé, en hommage au film Le Cerveau qui ne voulait pas mourir (1962) de Joseph Green. Pourquoi alors Frankenhooker ? Tout simplement parce que « Franken » pour Frankenstein et « Hooker » pour prostituée. Un duo de choc qui nous aura bien fait marrer.

L’histoire n’est évidemment pas sans nous rappeler le célèbre roman Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley, édité en 1818 et soumis à de multiples adaptations, tant au cinéma qu’à la télévision, sans oublier le théâtre et le format BD. Pour rappel, Victor Frankenstein était étudiant en philosophie naturelle avant de se découvrir une passion pour la pierre philosophale. Ses recherches lui ayant rapidement permis de découvrir le moyen de donner la vie, il se consacre corps et âme à ce projet et parvient à assembler un être surhumain d’aspect hideux. Lorsque cette créature accède à la vie, Frankenstein, horrifié, prend la fuite. C’est donc livré à lui-même que le célèbre monstre se voit moqué et chassé par les humains, après avoir été abandonné par son créateur tant sa laideur l’avait effrayé. Un peu comme la poupée violette qui sème le trouble dans les rues de New York sauf que la concernant, son créateur amoureux fait tout pour la retrouver.

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Des êtres incompris

Hideux mais sensible et intelligent, le monstre de Frankenstein tente de s’intégrer dans la communauté humaine dont il acquiert par imitation les habitudes et les rites. Cela ne l’empêche pas d’effrayer quiconque croise sa route. Ulcéré par sa solitude forcée, aigri par l’abandon dont il est l’objet, il cherche à se venger de son créateur et sème la terreur dans l’entourage de ce dernier. Soulignons que la créature créée par Franken n’est autre qu’Elizabeth Shelley, dont le nom est un hommage à l’incontournable romancière. Dans l’œuvre originale, Elizabeth n’est autre que la sœur adoptive de Victor Frankenstein.

Souvenez-vous d’ailleurs que le monstre demandait à son créateur de lui concevoir une compagne avec laquelle il pourrait vivre à l’écart de la société. Frankenstein acceptait à contrecœur avant de prendre conscience qu’il était en train de générer une lignée monstrueuse. Sa seconde créature en voie d’achèvement représentait une menace supplémentaire pour l’espèce humaine. Au moment même où il s’acharnait à détruire sa création inachevée, le monstre apparaissait et promettait au génie de faire de son existence un enfer. De retour en sa patrie, Frankenstein se préparait à épouser sa sœur adoptive, Elizabeth. Déterminé à poursuivre sa vengeance, le monstre assassinait la jeune femme dans la nuit suivant la cérémonie. Terrassé de douleur, Frankenstein dédia sa vie à la traque à mort du monstre qu’il avait créé et qui, s’amusant de ce jeu morbide et tout à fait conscient de sa supériorité, l’emmenait vers le Nord dont le froid glacé n’avait pas de prise sur lui…

Une comédie horrifique

Remake plus ou moins avéré de La fiancée de Frankenstein (1935) de James Whale, Frankenhooker prend bien des libertés. Le créateur tout d’abord ne crée par un monstre féminin en offrande à sa première créature mais bel et bien la réincarnation de son propre amour perdu. Un amour sexy à souhait, aux cheveux inutilement violets, à la jupe trop courte pour être vraie et au mini top dévoilant une poitrine gonflée à bloc. Comme si l’électricien et génie en herbe avait découpé les jambes d’une prostituée en conservant la jupe avec…

Plus nanar que film d’épouvante, plus comédie que film d’horreur, Frankenhooker nous laisse bien plus de marbre qu’il nous glace le sang. Et pourtant, on se laisse gentiment embarquer aux côtés de cette créature aussi naïve qu’incomprise. En effet, sa voie langoureuse ne colle pas avec son aspect monstrueux. Entre sa démarche de camionneur et sa bouche qui se tord à qui mieux mieux, son cou grossièrement cousu et ses jambes interminables, Elizabeth est aussi grotesque qu’énervante. Une plante carnivore à l’état pur mais belle plante tout de même, l’actrice Patty Mullen ayant d’ailleurs été la playmate Penthouse du mois d’août 1986, puis de l’année 1988.

La fiancée de Frankenstein (1935)

Un conseil donc : mettez votre cerveau sur off pour savourer ce film aussi léger que décalé. Entre un amoureux transi fou à lier et une créature sexy bien que rafistolée, il ne faut pas s’attendre à du grand cinéma. Juste à un bon moment de détente à prendre au second degré.

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