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#LesFilmsDeLaHonte : sacralisons Mister G

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour de la comédie Mister G d’être analysée à la loupe. Notre gourou du petit écran n’a pas fait l’unanimité… Or nous allons nous charger de défendre son intégrité tout en louant les qualités de cette pépite de la honte sans délai !

Souvenez-vous… C’est en 1999 que sortait la comédie Mister G (Holy Man en version originale), signée Stephen Herek. En tête d’affiche, vêtu d’une tunique blanche, d’un pantalon fluide tout aussi immaculé et de sandales douteuses, nous retrouvions notre flic de Beverly Hills favori. Nous avons nommé Eddie Murphy. À ce propos, n’hésitez pas à relire notre article sur la comédie dramatique Mille mots (2012) de Brian Robbins, où notre saint empli d’amour se faisait agent littéraire privé de discours…

Notre inoubliable Docteur Dolittle sait, en tant que Mister G, parler aux hommes aussi bien qu’il le faisait avec les animaux. Autant il a su attirer les foules dans la comédie, autant le personnage n’a pas convaincu le plus grand nombre de l’autre côté de l’écran. Retour sur un film malmené que nous avons pourtant adoré !

La petite histoire

Quand le financier Mc Bainbridge (Robert Loggia) rachète GBSN, une chaîne de télé-achat, Ricky Hayman (Jeff Goldblum), animateur stressé, prend peur. Menacé de perdre son emploi et terrifié à l’idée de se retrouver au chômage, il cherche désespérément un concept novateur susceptible d’augmenter ses ventes. C’est alors que Ricky rencontre par hasard un gourou itinérant, Mister G (Eddie Murphy), prédicateur charismatique. C’est l’idée de génie. Pourquoi ne pas offrir à Mister G sa propre émission et transformer le télé-achat en expérience spirituelle ? Kelly Preston, Jon Cryer et Eric McCormack étaient également présents au casting.

L’inénarrable Professeur Foldingue a laissé ses kilos de côté pour s’encombrer de dilemmes incessants. Entre ceci et cela, vous préférez quoi ? En paix avec sa personne, G passe son temps à méditer dans l’espoir de faire évoluer le gens et, de ce fait, bouger le monde. Pourtant, son franc-parler met à mal les puritains tandis que sa gentillesse innée dérange. Quand le gentil penseur croise la route de l’animateur cynique, le choc des cultures est violent. La comédie bascule alors, passant d’intéressante à comique (risible ?), de profonde à divertissante (lente ?). Tant et si bien qu’on ne sait plus si la satire de la surconsommation doit être prise à la légère ou non.

Longueurs et manque de saveur

La rencontre entre les deux hommes marque un tournant dans la vie de chacun d’eux. Tandis que l’animateur télé profite de l’oie blanche, G puise en son expérience à la télévision tout un tas d’ondes positives. Sourire, empathie, patience, la voix des sages dépasse bien vite les bornes et n’a plus aucune limite. Hypnose, électrocution, utilisation d’une tronçonneuse, G ne semble pas conscient des dégâts causés.

Pour ceux qui n’auraient pas encore vu le film, rassurez-vous : nous ne sommes pas dans le film d’horreur mais bel et bien dans la comédie déjantée qui en fait trop pour se faire remarquer. Il faut bien contrebalancer les temps morts et longueurs que voulez-vous. L’aspect excessif de notre gourou fait toutefois perdre le fil de l’intrigue et l’intensité du sujet traité. Le réalisme passe à la trappe pour laisser place au cataclysme. Certes Murphy ne nous a pas habitués à des films sérieux mais là, l’ennui détrône l’aspect comique.

Le culte de la consommation

Vous l’aurez compris, Mister G traite de la consommation, élevée aux États-Unis au rang de quasi-religion. Notre gourou va donc mettre un coup de pied dans la fourmilière pour faire évoluer les mentalités. Tel que l’écrivait Le Monde : « Le film s’attaquait frontalement à toute la vague des charlatans récupérés par la télévision (…) on pourrait y trouver intérêt, mais il se limite à une série de blagues idiotes et à des grimaces insupportables de la part de comédiens en roue libre. »

Et pour cause, la satire de la surconsommation qui sévit outre-Atlantique est bâclée. Au-delà des gags qui tombent souvent à plat, la relation entre Preston et Goldblum vient court-circuiter le vif du sujet. Trop d’intrigues parallèles tuent l’intrigue principale c’est bien connu, si bien qu’on en oublierait presque le duo Murphy-Goldblum pour se laisser happer par les hâbleries superflues et autres minauderies inutiles.

Vous avez dit rafraîchissant ?

Et nous faisons partie de ce clan. Il arrive qu’à l’heure de choisir un programme, nous ne soyons pas exigeants. L’envie de pleinement se détendre sans avoir besoin de réfléchir fut à l’heure de découvrir Mister G à son paroxysme. Nous avons été servis ! Certes il ne s’agit pas de grand cinéma, certes Goldblum était plus charismatique dans la peau du professeur Ian Malcolm dans Jurassic Park, certes Murphy s’était montré plus convaincant dans Un Prince à New York, mais l’âne de Shrek ne mérite pas un bonnet pour cela. Ni Goldblum de se faire dévorer par un T-rex pour autant.

Quand légèreté rime avec laisser aller, nous prenons. Bien que G ne rejoigne pas le panthéon de nos personnages phares, il a su éclairer notre soirée tout en poussant à réfléchir sur la conception du bonheur. Ambition, argent, promotion, consommation, représentent pour lui le parfait package d’un bonheur fugace. À vous de laisser de côté les faiblesses du métrage pour mieux vous concentrer sur les messages véhiculés et la morale qui en découle.

Zen soyons zen

Plus qu’un film donc, Mister G nous entraîne dans les méandres de nos vices et appétits divers. Une introspection nécessaire servie par un personnage haut en couleurs, bien qu’arborant le blanc. Laisser le rire de côté, même si Murphy peut se monter poilant par moment. Le but est avant tout de fouiller vos valeurs profondes en repoussant l’attrait pour la consommation.

Restez zen face aux temps mort et caricatures du film et laissez vous bercer par la bonne humeur communicative de Murphy. Peace & Love les amis, l’individualisme ne rime à rien, au même titre que la comparaison avec les biens amassés par autrui. L’herbe n’est pas plus verte chez le voisin qui, même s’il semble épanoui et confiant en apparence, peut être l’être le plus seul et désespéré que la terre ait porté. Les biens matériels et l’argent servent certes le bonheur mais ne l’ont jamais fait pérenniser. La vérité est ailleurs alors visionnez !

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