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#LesFilmsDeLaHonte : sauvons l’honneur de Dragonball Évolution

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour de « Dragonball Évolution » d’être passé à la loupe des films honteusement appréciés, bien que grandement décevants.

Souvenez-vous… En 2009, sortait Dragonball Évolution de James Wong (Destination Finale, The One). Un mélange des genres action, science-fiction, fantastique et aventure loin d’être savant, et même plutôt alarmant. Bien loin du manga qui a bercé notre enfance, on hésite à rire ou à pleurer face à la déception criante. En effet, Wong est parvenu à nous livrer un film plus honteux que ce que les bandes annonces laissaient présager. Pour beaucoup, Dragonball Évolution est au-delà du nanar puisqu’il sent le navet à plein nez. Que les spectateurs soient fans des premières heures du célèbre manga ou non, une chose est sûre : le film ne lui rend pas hommage. Des personnages grotesques, des combats mollassons et des décors en carton. Qui dit mieux ? Sans spoiler aucun, nous vous conseillons fortement d’envisager la chose avec légèreté si vous n’avez pas encore vu le dit-projet. En le visionnant façon parodie avec fous rires à la clé, tous les ingrédients sont là pour passer un super moment. À l’inverse, pour ceux qui espèrent vivre une aventure exaltante un conseil : changez de programme.

Pour la petite histoire…

Dans les temps anciens, la Terre faillit être détruite par des forces maléfiques. Pour s’en prémunir, sept sages créèrent les boules de cristal : les Dragonballs. Décidées à prendre leur revanche, les forces du Mal sont désormais de retour, et un seul guerrier d’exception est capable d’empêcher le pire. Le jeune Sangoku (Justin Chatwin) va alors découvrir le jour de ses 18 ans que son destin est bien éloigné de ce qu’il avait imaginé. Après la mort accidentelle de son grand-père Son Gohan (Randall Duk Kim), il rencontre Maître Roshi (Chow Yun-Fat), un expert en arts martiaux qui lui révélera le secret et le pouvoir des Dragonballs. Sangoku se retrouve alors investi d’une mission cruciale : retrouver toutes les boules de cristal avant son ennemi le plus cruel, Piccolo (James Marsters). Il se lancera dans une course effrénée aux côtés de Bulma (Emmy Rossum), une scientifique brillante, Yamcha (Joon Park), un bandit du désert, et Chi Chi (Jamie Chung) pour qui son cœur bat. Pour Sangoku, cette quête des Dragonballs pourrait bien aussi être celle de son identité.

Adaptation live du célèbre manga Dragon Ball créée par Akira Toriyama en 1984, Dragonball Évolution fut scénarisé par Ben Ramsey (Big Hit). Stephen Chow (Bons Baisers de Pékin, Crazy Kung-Fu) en est par ailleurs le producteur principal. La bande originale du film, Rule de Ayumi Hamasaki, est un genre de rock-pop-électro survitaminé plutôt mensonger. Et pour cause, la chanteuse japonaise J-pop miaule un hymne langoureux et héroïque qui sent fort la transpiration. Rien à voir avec l’absence de combat et le héros décevant encore une fois…

Erreur 404 dans le 7éme art ?

En règle général, aimer ou non un film est propre à chacun. Les goûts et les couleurs sont variés et tout est question de sensibilité, de valeurs, de réceptivité à l’esthétisme, d’empathie aux héros, de projection dans l’intrigue, etc. Avec Dragonball Évolution c’est différent. Le plus grand nombre s’est accordé pour dire que le film était une honte en barre à bien des niveaux. Du choix des acteurs aux effets spéciaux en passant par le montage qui laisse à désirer, le spectateur n’a pour ainsi dire nullement embarqué.

Le public fut par ailleurs surpris du temps du film. Face à un manga aussi fourni, comment le réalisateur a pu nous servir un petit 1h29 de spectacle ? À part couper dans le lard et faire des raccourcis qui déroutent on ne voit pas. Mais au final ce n’est pas plus mal tant les fans se trouvèrent déçus. Autant abréger leurs souffrances donc… Que dire ensuite de la rareté des scènes de combat ? Notre héros n’est-il pas censé être puissant et athlétique, de surcroît surentraîné pour une explosivité hors norme ? Du coup on restait sur notre faim, la coiffure en bataille de l’acteur ne venant aucunement étancher notre soif d’authenticité.

Parodie, navet ou nanar ?

Comme nous le disions plus haut, les avis sont partagés… Certains sont plus tranchants que d’autres mais une fois encore, tout n’est qu’affaire de goût. Quand l’un aura préféré en rire en y trouvant quelques qualités, l’autre aura carrément quitté la salle en hurlant au blasphème et à l’insulte au créateur. Un autre encore aura simplement pris le parti d’en rire façon parodie, Dragonball Évolution devenant ainsi la promesse d’une heure trente de fous rires garantis.

Le « superman japonais » a rapporté 57 497 699 $ au box-office mondial pour un budget de 30 millions de dollars. Le film a ainsi sauvé l’honneur, bien que ce soit davantage la curiosité qui ait poussé tant de gens à aller le voir en dépit de bandes-annonces peu encourageantes. Dragonball Évolution a par ailleurs reçu de très mauvaises critiques avec 14 % d’avis négatifs sur Rotten Tomatoes. Les raisons ? Un scénario qui laisse à désirer, un jeu d’acteur trop léger, trop de libertés prises avec l’univers et les personnages originaux. Soulignons avant tout que le film est le premier du top 100 des pires films de tous les temps selon les spectateurs sur le site Allociné, avec une note de 0,9/5 pour 7 134 avis environ ! En 2016, le scénariste Ben Ramsey s’est d’ailleurs senti contraint de s’excuser auprès des fans de Dragon Ball :

Avoir ma signature sur quelque chose d’aussi mal reçu est déchirant. Avoir reçu autant de lettres de haine m’a brisé le cœur. Je me suis lancé dans le projet parce que j’étais attiré par le gros chèque à la clef, je n’étais pas un fan de la licence mais un homme d’affaires qui était sur un contrat. J’ai appris que vous ne pouvez pas fournir un gros effort créatif sans un minimum de passion, sinon vous n’obtiendrez qu’un résultat semi-optimal, voire quelque chose juste bon à jeter. Alors je ne blâme personne d’autre que moi pour Dragonball Évolution.

Bien loin de DBZ

Nombreux furent ceux à avoir ri en reconnaissant Spike de Buffy contre les vampires dans le rôle du méchant Piccolo. Bon certes notre homme est méconnaissable puisque tout vert avec les oreilles en pointe mais tout de même. Le suceur de sang qui sommeille en lui en veut cette fois à Songoku tout en demeurant quasiment inexistant. Là encore grosse déception pour les fans qui s’attendaient à des combats à la hauteur de leurs folles espérances. Côté univers, on est bien loin des petites maisons bulles bien connues du manga. Wong nous propulse en plein cœur d’une Amérique futuriste tandis que les personnages se trouvent bien éloignés des héros de notre enfance.

Tout d’abord, notre très cher Sangoku a douze ans lorsqu’il se lance dans le manga à la recherche des Dragonballs. Il prétend en avoir quatorze mais on apprend plus tard qu’il ne sait pas compter. Le film nous propose un Songoku âgé de dix-huit ans campé par un acteur qui a grandement déçu le plus grand nombre, tant par son physique que par son jeu. Que dire ensuite de Kamé Sennin aka Tortue géniale transformée en Maitre Roshi ? Certes notre vieillard se fait également appeler Muten Roshi mais cela n’empêcha pas aux puristes de se trouver choqués. Qu’est devenu notre petit bonhomme à longue barbe blanche et aux lunettes de soleil so stylées ? Certes Chow Yun-Fat est un excellent acteur mais il n’a physiquement rien à voir avec notre grand sage. La carapace est quant à elle passée aux oubliettes, allez savoir pourquoi… Bulma est tout sauf craintive comme le veut le manga mais au contraire intrépide avec ses deux guns à la Lara Croft. Et infamie, les fans auront noté l’absence notoire de ses cheveux bleus… Quant à Chi Chi, autant dire que le jeune public aura craqué pour cette beauté au corps de rêve en oubliant l’essence même du personnage.

Points positifs ?

Nous nous accorderons pour dire que le film a clairement été fait pour rapporter du fric. Pourtant les mauvais choix se sont multipliés jusqu’à totalement dénaturer l’œuvre originale. Rares sont les bons points à distribuer en résumé, quand même la célèbre Kamé Hamé Ha a quasiment brillé par son absence tout le long du film. Pour rappel, cette technique consiste à concentrer toute l’énergie potentielle de son corps, ce qui forme une boule d’énergie entre les mains, et à la propulser en une fois avec force vers l’adversaire. Les fans ont dû prendre leur mal en patience pour la découvrir enfin et là encore, elle n’était pas supra convaincante via des effets spéciaux bâclés.

En résumé nous préférons rester sur l’idée du nanar ou de la parodie histoire de rire un bon coup. Revoir l’adaptation live de l’incontournable série manga et animé en ce sens prend justement tout son sens. Et vous, qu’avez-vous pensé de ce film aux frontières de l’irréel, coincé dans l’espace temps de l’erreur intergalactique ? A vos commentaires !

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