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#LesFilmsDeLaHonte : serrons-nous les coudes pour Hercule

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour du film aventureux Hercule d’être étudié à la loupe. Notre demi-dieu semble avoir fait les choses à moitié tant il a pu être moqué et critiqué. Retour sur un film injustement décrié, nanar savoureux s’il en est.

Souvenez-vous… C’est en 1983 que sortait le film fantastique aventureux Hercule signé Luigi Cozzi. Fils de Zeus et d’Alcmène, une mortelle, le héros de la mythologie romaine, massacré à la sauce italienne, est l’équivalent du héros grec Héraclès. Le film se centre sur l’histoire de notre demi-dieu, campé par Lou Ferrigno, l’inoubliable Hulk (de 1977 à 1982 dans la série L’Incroyable Hulk). Sybil Danning prenait les traits d’Ariane et Claudio Cassinelli ceux de Zeus. Après avoir lui-même joué Hercule dans les années 60, Brad Harris se glissait dans la peau d’Augias et William Harris dans celle du roi Minos.

Le plus grand nombre s’accorda pour qualifier l’œuvre de nanar ou de pure insulte à la mythologie. Une déception pour les spectateurs avides de grand spectacle, une honte pour les férus de L’Illiade et l’Odyssée. Un bon moment de nostalgie pour nous, pauvres mortels, qui malgré tout avons apprécié cette parenthèse bodybuildée.

Un peu de mythologie

Alcmène, la mère d’Hercule, était mariée à Amphitryon. Jupiter (Zeus dans la mythologie grecque) voulut passer une nuit avec elle. Cette dernière prônait la fidélité, si bien que Jupiter dut prendre l’apparence de son mari pour la conquérir. Hercule naquit de cette union en même temps que son frère jumeau Iphiclés (qui lui était le fils d’Amphitryon). Junon (Héra dans la mythologie grecque), se sentant trahie par son mari Jupiter, se vengea alors sur Hercule en envoyant deux serpents venimeux dans son berceau pour l’étrangler. Mais Hercule, réveillé par les cris de son frère, tua les reptiles à mains nues avant de jouer avec les dépouilles qu’il envoya valser au pied de sa mère, alertée par les cris.

L’histoire d’Hercule est contée dans la littérature grecque d’Homère (l’Illiade). Il était connu pour sa force admirable, qui lui permit d’accomplir les fameux douze travaux que lui avait confiés Eurysthée, roi de Mycènes et de Thirynthe. En effet, Junon, jalouse d’Alcmène et de son union avec Jupiter, envoya la folie à Hercule, ce qui le poussa à tuer sa femme et ses enfants. Lorsqu’il se rendit compte de son geste, pris de remords, il alla consulter la Pythie (oracle d’Apollon), qui lui conseilla d’aller voir son cousin Eurysthée. C’est ce qu’il fit et Eurysthée, inspiré par Junon, confia à Hercule douze travaux pour purifier son âme

Le demi-dieu tua ainsi le lion de Némée, mit sa raclée à l’hydre de Lerne, captura le sanglier d’Erymanthe, attrapa la biche de Cérynie et exécuta les oiseaux du lac Stymphale. Rien que ça ! En tant qu’homme à tout faire, notre héros à la force légendaire put également s’enorgueillir d’avoir nettoyé les écuries d’Augias, dompté le taureau de l’île de Crète et de s’être emparé des juments de Diomède. Le fils de Zeus rapporta par ailleurs la ceinture d’Hippolyte, la reine des Amazones, vainquit le géant Géryon et ramena ses bœufs. Pour finir, il parvint à cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides et à enchaîner Cerbère, le chien à trois têtes gardant les Enfers. Un homme un vrai en résumé.

Les douze défauts d’Hercule

Qui peut le plus peut le moins, vous l’aurez compris. Tout d’abord le nom de notre héros, Hercule, devient Hercules, un brun à barbe bodybuildé venu du fin fond de la galaxie après avoir rebondi sur les étoiles en un hilarant faisceau lumineux. Mentions spéciales également à la main géante – et en plâtre – de Zeus, au voyage en char aux confins de la galaxie et au combat d’Hercule contre l’ours-figurant (à revoir absolument !). Autant le demi-dieu est une figure légendaire, autant ce film qui lui fut dédié le rendit aussi crédible qu’un rottweiler déguisé en rose. Puis surtout, il n’est à aucun moment question des fameux douze travaux d’Hercule ! Ou si, mais seulement à l’heure de nettoyer les étables de Sybelle, et non les écuries d’Augias… Maladresse quand tu nous tiens.

Au-delà des dialogues bâclés et des effets spéciaux nullement fignolés, la narration est pompeuse et les noms des personnages pas forcément respectés. En effet, dieux grecs et romains se fondent et se confondent dans un total irrespect de la mythologie. Que dire par ailleurs du côté kitsch de l’Hercule de Cozzi ? Le scénariste-réalisateur n’aurait pas pu faire pire. Les images sonnent tellement faux que cela en devient drôle ! Les lumières s’agitent en tous sens tandis que les sons tonitruants nous écorchent les tympans. La palme du défaut revient tout de même au jeu de Ferrigno avec ses mimiques exagérées. Qu’il soit en pâmoison, en souffrance ou en réflexion, on a du mal à embarquer. Les gags involontaires poussent à rire lors de scènes pourtant sérieuses tandis que l’aspect science-fiction ajoutée au péplum colle le frisson.

La force de la faiblesse…

Si l’on prend le parti d’en rire et de se divertir, il se peut que les défauts d’Hercule finissent par séduire. Toutes ses lumières issues de sabres lasers et autres choix douteux à des moments inopportuns, tous ces sons injustifiés au moment de cogner, tout ce côté SF ajouté à la mythologie qui se veut épurée… Tout cela forme un tout intéressant qu’il nous plaît de regarder au troisième degré. Amis cinéphiles, avouez que Hercule offre une parenthèse propice à la nostalgie, avec un Lou Ferrigno peu charismatique mais oh combien touchant et attachant.

Bien que raté à tous les niveaux, le film aventureux est encore plus drôle en français, grâce à un doublage qui laisse plus qu’à désirer. En résulte des répliques toujours plus hilarantes et des mimiques inadéquates, des fous rires et donc, de bons moments. Notre montagne de muscles semble mal à l’aise dans son corps, gênée par ses dorsaux, mais ses sourires de gros nounours nous réconcilient avec son manque de prestance. Certes le demi-dieu semble parfois avoir oublié ses neurones dans son berceau mais cela ne l’empêche pas de se battre comme un forcené. Et c’est aussi pour cela qu’on adore ! Il frappe, sue à grosses gouttes, repousses les plus grosses falaises, tout ceci en restant bien peigné.

Et vous, qu’avez-vous pensé de cette perle de la honte ? Êtes-vous du clan des admirateurs ou des détracteurs ? À vos commentaires !

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