MENU
Accueil > Dossiers > Les films de la honte > #LesFilmsDeLaHonte : tous mordus de Teen Wolf

#LesFilmsDeLaHonte : tous mordus de Teen Wolf

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour de la comédie fantastique « Teen Wolf » d’être dépoussiérée. Juste avant de nous avoir fait voyager dans le temps, Michael J. Fox nous entraînait dans une folle prestation aussi drôle que déroutante. Un film au poil en résumé…

Souvenez-vous… C’est en 1985 que sortait la comédie fantastique Teen Wolf signée Rod Daniel. En parallèle du succès fulgurant de Retour vers le futur de Robert Zemeckis, Michael J. Fox aka Marty McFly se glissait dans la peau de Scott Howard, un adolescent somme toute banal là encore, qui vivait une vie monotone mais été lui aussi promis à un avenir renversant. En effet, Scott n’aspire qu’à jouer au basketball, à faire la fête et à rencontrer des filles. Sa vie va toutefois se retrouver chamboulée le jour où il découvre qu’il est le descendant d’une longue lignée de loups-garous. Ses transformations vont rapidement attirer l’attention et Scott va s’en servir pour accroître sa popularité auprès de la belle Pamela (Lorie Griffin). Michael J. Fox avait donc délaissé le professeur Emmett Brown (Christopher Lloyd) alias Doc et son incontournable DeLorean qui voyageait dans le temps au profit de poils, de crocs et de griffes acérées. Il ne s’agissait ni d’un mauvais choix ni d’une mauvaise interprétation mais d’un mauvais timing doublé d’une intrigue un peu bidon.

La rançon de la gloire

Teen Wolf ne rencontra jamais le succès à cause de la sortie la même année de Retour vers le futur. Et pour cause, le film SF aventureux signé Zemeckis devient numéro 1 au box office avant de se hisser au rang de film culte. Autant dire que Marty fit de l’ombre à Scotty. Loup-garou ou pas, populaire ou non, Michael J. Fox se grilla lui-même en acceptant deux productions la même année. Bien qu’extrêmement talentueux et attachant, l’acteur ne pouvait promouvoir un loup et un ado voyageant dans le temps en même temps. Le t-shirt floqué « Teen Wolf », qu’il porte régulièrement dans le film, devint quant à lui un incontournable chez les cinéphiles friands de ce genre de spectacles mi-horrifique mi-comédie pour adolescents.

Pensant que le film produit par Steven Spielberg allait être un succès, la Twentieth Century Fox fit en sorte que Teen Wolf sorte avant Retour vers le Futur. Le but ? Que le public se rappelle que c’est bel et bien la comédie fantastique qui offrit à Michael J. Fox le rang d’acteur adulé. La stratégie tomba malheureusement à l’eau. Marty McFly devint une icône pour toute une génération tandis que Scott Howard sombra dans l’oubli. Rappelons toutefois qu’une suite, Teen Wolf 2, est sortie en 1987 avec Jason Bateman en tête d’affiche. Todd Howard, le cousin de Scott, découvrait à son tour sa lycanthropie. Réalisée par Christopher Leitch, cette suite ne marqua pas non plus les esprits.

L’engouement pour la lycanthropie

Diffusée aux États-Unis de 1986 à 1987, une série animée éponyme fit suite à Teen Wolf. Nous avons pu la découvrir sous le nom de Les P’tits Loups-garous du côté de l’Hexagone. Au-delà de cette série dérivée et de notre fascination pour les loups née à l’heure de découvrir l’effrayant conte Le Petit Chaperon rouge de Charles Perrault, nous avons de tout temps été intrigués par les loups. Et c’est aussi pour cela que nous adorons Teen Wolf, en dépit de ses nombreux points faibles. Dans l’imaginaire collectif, le loup est dangereux, incernable, en meute mais solitaire, indomptable. Alpha, béta, qu’importe. Nous craignions la bête du Gévaudan (n’’hésitez pas à revoir Le Pacte des loups, sorti en 2001) et pensons transformations dès lors que la lune est pleine.

Ce fut ainsi que Stephenie Meyer nous régala entre 2005 et 2008 avec sa série de romans paranormaux et sentimentaux Twilight. Car au-delà d’Edward (Robert Pattinson) le vampire, Bella (Kristen Stewart) en pinçait pour Jacob (Taylor Lautner) le loup-garou. Lui avait le sang chaud quand son opposant était glacé. Lui était tout poilu et viril à souhait quand l’autre avait seulement les dents longues et les yeux ambrés. Que de souvenirs enflammés, à l’heure de débattre de la lycanthropie en étendard pour augmenter sa popularité… Les loups ne sont-ils pas censés cacher leur véritable identité à la communauté ? C’est en tout cas ce que faisaient Jason Momoa et sa meute à Lupine Ridge dans le film d’épouvante Wolves (2015).

Une rougissement notoire

Pour beaucoup, Teen Wolf aurait pu être un film culte si le mythe du loup garou revisité façon old school n’avait pas viré au saugrenu. Et pour cause, trop de clichés tue le cliché. Michael J. Fox a une tendance à se ridiculiser et a accumulé les stéréotypes dans ce film qui semble réunir tous les ingrédients d’un teen movie raté. Le looser parvient à séduire la nana populaire, devient une bête au basket (en plus d’être une bête tout court) et tout est bien qui finit bien sur le campus so eighties. Alors forcément, on a un peu le rouge qui monte aux joues lorsqu’on avoue aimer ce film.

Le délire ne semble pas avoir de limite tandis que l’improbable ne connaît nulle frontière. Un loup-garou est censé répondre à ses instincts bestiaux et effrayer autrui. Ici, notre héros est adulé, chouchouté, embrassé, ovationné, sans que personne ne craigne une morsure ou pire, de finir en dîner. Teen Wolf en devient presque une série B, un nanar ou un navet on ne sait plus trop sur quelle patte danser. Toujours est-il qu’on grince des crocs bien souvent face à cette parodie qui, bien qu’appartenant au rang de la comédie, pousse un petit peu le bouchon. Un bon gros plaisir coupable surjoué et kitsch à souhait.

Des choix singuliers

Teen Wolf représente l’un des rares films où le sujet des loups-garous passe au second plan. Le désir que Scott a de conquérir le cœur de Pamela prime en effet sur sa condition. Une recette reprise dans Twilight, le dilemme amoureux vécu par Bella tenant également une place importante entre le clan des vampires et celui des loups-garous qui toutefois forme la trame principale de l’histoire. Fausse promesse du coup, nous qui nous attendions à voir un loup, un vrai, par un gentil louveteau qui fait le beau.

Au-delà d’avoir eu le plaisir de retrouver la voix française de Michael J. Fox, issue de la trilogie Retour vers le futur, le personnage qu’il campe se montre attachant tant sa maladresse face à Pamela peut être touchante. Le jeune homme renverse ses cahiers dès qu’il l’aperçoit, se fait dégommer au basket et a du mal à s’exprimer dès lors que la belle blonde au regard envoûtant s’adresse à lui. Heureusement, le sang qui coule dans ses veines a tôt fait de le sauver de sa condition de looser pour le propulser dans les hautes sphères de la popularité. On ne comprend pas bien pourquoi personne n’est effrayé mais une fois cela accepté, on parvient à se laisser aller et à apprécier une intrigue aussi légère que grossière.

Une franche rigolade

Nous avons tout ri face à ses yeux rouges qui sonnent faux et sa voix exagérément grave et en écho, à l’heure de réclamer un tonneau de bière. Un malheureux poil pousse sur sa poitrine et déjà il s’emballe, ce juvénile insouciant. Éclat de rire également une fois sa transformation opérée, alors qu’il obéit à son père et ouvre la salle de bain, aussi poilu que son paternel qui lui, a le duvet grisonnant.

Le lycéen débarque sur le campus en loup-garou, fait des acrobaties en pleine rue, pose avec les cheerleaders, et cela ne semble choquer personne. Ses cheveux longs et lisses semblent plaire à Pamela, au même titre que sa barbe fournie et ses dents mal brossées. Admettons. Il est pourtant bien moins attirant qu’avant, avec ses lianes au bras et sa tête de cro-magnon. Scott devient un pro du basket, du break dance et du grand écart. Un loup-garou en costard, ça décoiffe en résumé. Mais au fait, de quoi se nourrit-il, notre louveteau surexcité ?

Que vous ayez ou non aimé Teen Wolf, nous vous rappelons qu’une série télévisée qui en est inspiré, et qui porte d’ailleurs le même nom, a débuté sur MTV en 2011 aux États-Unis. Et vous, qu’avez-vous pensé de cette comédie déjantée ? A vos commentaires !

Voir aussi
#LesFilmsDeLaHonte : à l’assaut de Hell Night

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous partagent l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour du film horrifique "Hell Night" d’être analysé à la loupe. Une nuit dantesque saturée de hurlements et de courses-poursuites qui nous a donné mal au crâne et le tournis en même temps. Retour sur une traque en huit-clos dans un manoir qui sonnait faux.

Exprimez vous !
Copyright © 2019 cineserie.com. Tous droits réservés. Un site E-borealis