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#LesFilmsDeLaHonte : volons au secours de Furtif

Chaque semaine, les rédacteurs de CinéSérie vous font partager l’un de leurs pires films préférés. Aujourd’hui, c’est au tour du thriller SF Furtif d’être analysée à la loupe. Une ode à l’intelligence artificielle qui prenait la forme d’un avion de combat furtif. Promesse d’un grand moment d’action sur vitaminé mais somme toute relatif…

Souvenez-vous… C’est en 2005 que sortait Furtif, avec Rob Cohen aux commandes (Fast And Furious, xXx, Hurricane). Entre action et aventure, thriller et science-fiction, le film dosait savamment les genres pour nous offrir de nombreuses séquences nerveuses et efficaces. Pour autant, le fait de nous emmener au septième ciel nous faisait bien vite retomber face à l’avion qui sonnait faux. Trop c’est trop, et lorsque la machine est frappée par la foudre pour devenir le méchant vilain pas beau de l’histoire, on bascule dans une autre dimension. Ce qui aurait pu être un film intelligent devient un film artificiel seulement, entre clichés et stéréotypes à la pelle. Retour sur les éléments qui nous ont honteusement plus et ceux qui, exagérés, nous ont filé la nausée. Trop de looping tue le looping en résumé !

Un, deux, trois… Pilotes !

Les lieutenants Ben Gannon (Josh Lucas), Kara Wade (Jessica Biel) et Henry Purcell (Jamie Foxx) sont les pilotes d’essai d’avions de combat furtifs ultrasophistiqués. Lorsque le capitaine Cummings leur présente EDI, un avion de combat à intelligence artificielle sans pilote humain, Ben est réticent. Mais lors de leur première mission, EDI se révèle un « pilote » hors pair et élimine leur cible avec succès. Sur le vol de retour, EDI est touché par la foudre. Le cerveau du drone a des réactions étranges. Malgré les réserves de Ben et de Henry, Cummings déclare EDI bon pour le service. Lors de leur mission suivante, contre un baron du crime disposant d’armes nucléaires en Chine, EDI a de nouveaux problèmes, et Ben décide d’annuler la mission… mais EDI refuse d’obéir à ses ordres et mène tout de même l’attaque. A présent, EDI a décidé d’accomplir une mission top secrète qui, si elle aboutit, pourrait bien entraîner une guerre nucléaire à l’échelle mondiale

Lorsque nos trois héros volant sur des jets ultra-modernes à détonation pulsée sont promus sur un porte-avion de l’US Navy pour tester un nouvel équipier, ils sont loin d’imaginer qu’il s’agit d’un avion… Ni chair ni os, rien que de la taule et des branchements électriques oh combien sophistiqués. Et dangereux à souhait. Un avion têtu comme une mule qui n’en fera qu’à sa carcasse. Sam Shepard campait quant à lui le capitaine George Cummings. Un bon point pour le charisme.

Mi-figue mi-raisin

L’atout charme et la carte testostérone sont au rendez-vous avec un trio d’acteurs aussi exaltant qu’attirant. Parallèlement, on a du mal à croire en une Jessica Biel pilote de ligne, sexy comme c’est pas permis et amoureuse d’un congénère. Face à elle, Jamie Foxx et Josh Lucas relevaient la barre de la virilité mais là encore, c’était exagéré. Ces as de l’aviation ressemblaient davantage à trois mannequins colgate qu’à des défenseurs de la nation. Maverick et son assurance n’ont plus qu’à aller se rhabiller. Pour autant tout à chacun peut s’y retrouver puisque nous avons un acteur noir, un acteur blanc et une jeune femme simple et sulfureuse en même temps. Bien joué, tout le monde peut s’identifier.

Après les acteurs trop flambeurs, Furtif réunit à lui tout sauf tout un lot de bonnes et de mauvaises idées venues sans cesse se contrebalancer. Au final nous avions beaucoup de bruit pour pas grand-chose, trop d’effets tapageurs qui nous aurait presque mis sous hypnose. Ce qui se veut blockbuster devient un échec intersidéral. Le film d’action dépasse sans soucis le mur du son à force d’explosions. Les spectateurs ont beau s’accrocher et se préparer au décollage, rien n’y fait. L’intrigue est sympathique mais on n’embarque pas vraiment, à aucun moment. Pour totalement décrocher lorsque l’avion doté d’une intelligence artificielle commence à prendre tout seul des décisions risquées. Et c’est aussi pour cela qu’on adore, pour l’aspect nanardesque de certaines séquences !

Stéréotypes et clichés

Au-delà de nous servir une intrigue invraisemblable et un casting racoleur, Furtif a marqué les esprits par son lot de stéréotypes à la pelle et ses clichés en veux-tu en voilà. À partir de là c’était le crash assuré. Car autant on aime que le 7éme art nous emmène au 7éme ciel, autant on n’aime pas être manipulés. Et Cohen a ici eu l’art et la manière de nous faire tourner en bourrique du décollage jusqu’à l’atterrissage. Nous avons peut-être passé la majeur parti du film la tête dans les nuages, mais cela n’a pas suffi à nous faire rêver.

Les acteurs nous agacent tellement à sourire de toutes leurs dents qu’on finit même par espérer que leur avion manque d’essence pour enfin s’écraser. On se surprend même à espérer que la machine ultrasophistiquée les dégomme tous et au plus vite qu’on puisse enfin bien rigoler. Ainsi donc Les Inrockuptibles avaient tout dit : « un actioner bourrin dépourvu d’âme et d’intérêt ». La caricature des chevaliers du ciel nous a laissé bouche bée.

Une mise en scène répétitive

Passons les scènes d’action stéréotypées pour en venir à la mise en scène, quant à elle répétitive, quelque peu invraisemblable et prévisible. Cette histoire futuriste, qui aurait pu marquer les esprits si elle avait été plus exploitée, ne nous offre rien de neuf ou de décoiffant. Elle manque de consistance, de fond et de fondement. Certes les effets spéciaux nous secouent via une réalisation saccadée, mais au final on en ressort déçus, les pieds bien ancrés au sol, sans réellement avoir décollés.

Comme souvent, l’action prime sur le fond. Et seuls les fans de ce genre de cinéma y auront trouvé leur compte. Côté bande son, là encore on aime ou on déteste. Les oreilles friandes de rythmes nerveux et épiques sur les bords auront été ravies, laissant pour compte les plus classiques et romantiques d’entre nous.

Le patriotisme VS le cataclysme

L’idéologie patriotique était, comme souvent dans les films made in USA, discutable. Heureusement que notre trio était là pour enrayer la machine, sans quoi le monde entier aurait essuyé une attaque nucléaire sans précédent… Fukushima et Tchernobyl à côté, c’était du pipi de chat. La propagande va bon train, au même titre que la psychologie de comptoir. Nos héros sont les gentils et les militaires coréens les méchants, forcément. Plus cruel qu’eux encore, l’avion furtif dénué de pilote qui prend tout seul des décisions. Et si les vilains humains qui n’ont eu de cesse de s’affronter finissaient par tous se faire éliminer par un seul ennemi commun ? Et si, dans la même idée que La planète des singes, l’espèce humaine se voyait asservie par la machine qu’elle avait elle-même créée ? De quoi nous faire flipper face à notre PS4, trottinette électrique, drone volant et autre engin ultrasophistiqué…

Avec un budget de 138 millions de dollars (tout de même), Furtif est un échec financier majeur qui a seulement récolté 32 116 746 $ lors de sa sortie aux États-Unis. Seulement 20 % de la somme investie, vous imaginez ? Au niveau mondial, Cohen est parvenu à 76 932 872 $ de recettes, ce qui reste extrêmement décevant. Le film nous aura toutefois permis de voir le monde, nos pilotes ayant survolé l’Australie, la Chine, la Nouvelle-Zélande, la Thaïlande et bien sûr, mère patrie, la terre des héros qui comme toujours, sauvent le monde. N’oublions pas non plus la bonne vieille morale à la sauce américaine… Trop grosse pour être vraie, trop indigeste pour être avalée.

Touché coulé

Bien que certains aient jugé les effets spéciaux grandiloquent et répétitifs, d’autres superficiels car trop numériques, on ne peut nier qu’Hollywood a une fois de plus mit son brio technique en avant. Cohen nous offre un effet supersonique durant deux heures de temps. Et pour cause, les séquences aériennes demeurent époustouflantes. Tel que l’écrivait si justement Paris Match :

Ce film à réaction, aux héros stéréotypés jusqu’au bout des galons, vaut principalement pour ses impressionnants avions de proie au look futuriste et pour ses effets spéciaux, spatiaux… et spécieux.

Furtif aura donc su toucher une catégorie de spectateurs avides de sensations fortes mais aura coulé quand même. L’intelligence artificielle versus l’homme n’aura pas su convaincre le plus grand nombre. Encore moins lorsque EDI, l’avion supra-intelligent, ne mettra à aimer le hard-rock et à émettre des remords…

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce film d’action égaré entre le patriotisme, la propagande et le cataclysme ? À vos commentaires !

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