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Les 10 films de supers-héros pas comme les autres

A l’occasion de la sortie de « Shazam ! », qui se concentre sur un héros pas comme les autres, on a eu envie de faire un petit tour d’horizon des super-héros qui sortent des cadres, qui se veulent drôles, inventifs ou insolents. Ceux qu’on n’attend pas, ceux qui ne font pas partie de la Justice League ou des Avengers.

Le genre super-héroïque est devenu un style à part entière. Depuis les tous premiers Batman dans les années 1960 le genre s’est diversifié et surtout imposé comme un incontournable du cinéma populaire. Pourtant, aujourd’hui, on reproche beaucoup aux films de super-héros d’être tous des copier-coller et de ne pas apporter de renouveau dans leur propre famille. Il existe néanmoins des films de super-héros différents. On aurait pu citer Hellboy, Hancock, Blade, Watchmen ou même les Batman de Tim Burton, mais il fallait faire des choix. Voici donc dix films de super-héros qui cassent les codes et sortent des poncifs habituels du genre. 

1) Shazam ! – Le dernier arrivé (2019)

Mercredi 3 avril est sorti Shazam !. Le nouveau film du DCEU, l’univers connecté de DC Comics qui comprend Batman, Superman et consorts. Shazam ne fait pas forcément parti des plus célèbres. A l’origine dénommé Captain Marvel, ce personnage emblématique est créé en 1940 par CC Beck et Bill Parker. Il fait parti des tous premiers super-héros jamais inventés, avant de rejoindre l’écurie DC en 1972 et d’être renommé Shazam en 2011. Alors pourquoi un mastodonte de ce type, issu de l’univers DC, dans une liste de super-héros différents ? Parce que ce super-héros a ses petites particularités : il s’agit en réalité d’un enfant de 14ans, Billy, qui, lorsqu’il prononce Shazam, devient un super-héros. En gros, il s’agit d’une parodie de Superman avec comme concept comment évoluerai un enfant avec la force colossale du Kryptonien. Ainsi, le jeune Billy devient Shazam, obtient une force incommensurable, mais reste un pré-adolescent dans sa tête. Une idée superbe qui permet de mettre en avant la dualité entre le super et l’enfant. La représentation d’un fantasme infantile enfin réalisé : avoir des pouvoirs.

Le film de David F. Sandberg est l’occasion de découvrir ce personnage hors du commun. Porté par Zachary Levi, le long métrage ne fait pas l’unanimité. Parce que malgré son personnage qui sort des moules préétablis par les poncifs du genre, l’opus de DC demeure extrêmement classique dans son format, et son schéma narratif extrêmement proche des productions Marvel. Alors, oui un personnage original, mais un film globalement basique.

2) Incassable – David Dunn le héros du quartier (2000)

La conclusion a cette trilogie super-héroïque unique est sortie en ce début d’année. Glass venait en effet résoudre une saga sortie de nulle part, débutée en 2000. A cette époque le genre super-héroïque n’est pas au mieux. Marvel est à bout de souffle tandis que les dernières productions du genre qualitatives remontent aux Batman de Burton et aux Superman de Donner. Pas de quoi être forcément très fière donc. Pourtant M. Night Shyamalan vient offrir une alternative inédite au genre, avant même qu’il soit aussi rentable qu’aujourd’hui. Bruce Willis interprète David Dunn, un héros lambda, un homme normal, qui va se découvrir une force surhumaine et une capacité à encaisser les coups presque sans limite. Il va devoir s’adapter avec ses nouveaux pouvoirs avant de se lancer dans une quête de protection, comme un véritable justicier. Incassable est devenu un représentant éminent du film de super-héros dit « différent », qui casse les codes et donne autre chose à voir. Il questionne les comics, les étudie, les transforme. Il les initie au monde réel, et se demande dans quel contexte évolueraient de véritables supers. Le cinéaste interroge également son spectateur, vient lui demander s’il croit lui-même aux super-héros.  Shyamalan développe cette notion de culte, cette représentation du super dans l’inconscient collectif, sa perception et son influence sur la masse. Incassable est ainsi un magnifique questionnement de la condition d’un héros, ses limites, sa naissance, son essence. Le cinéaste vient décortiquer ce mythe, cherche à trouver des réponses à la possible existence d’individus aux capacités inédites. Une approche méta, véritable hommage aux comics, mais également aux rêveurs intrépides, Incassable joue également beaucoup avec les clichés du film de super-héros.

Sans doute considéré comme LE film de super-héros pas comme les autres, Incassable est devenu un énorme classique auquel Shyamalan a offert une suite masquée avec Split, avant de connecter son univers avec une conclusion familiale avec Glass. Les deux autres films ont également leur place dans ce top, mais Incassable demeure le meilleur opus de cette trilogie, et surtout le premier à sortir réellement des codes du genre super-héroïque. Le premier vraiment ?

3) The Crow – Eric Draven le héros gothique (1994)

Et oui, même avant Incassable, un film de super-héros sortait des codes. Alex Proyas, le réalisateur de I Robot, offrait une vision en avance sur son temps. The Crow est sans doute le premier film de super-héros provocateur. Bien avant que Deadpool joue avec ses répliques insolentes il y avait The Crow. Adapté d’un comic-book de 1981 par James O’Barr, le long métrage de Proyas était une approche gothique et violente du genre. Porté par une bande son dominée par le hard-rock et le métal, The Crow mettait en scène un anti-héros torturé, en quête de vengeance et de justice. Après le décès de sa femme et sa prétendue mort, Eric Draven, interprété par Brandon Lee, revient à la vie grâce à un mystérieux corbeau. Maquillé de telle façon qu’il rendrait même le Joker jaloux, le protagoniste est en quête de vengeance personnelle, prêt à punir ceux qui ont tuer son épouse. Alors oui, le scénario rappelle un peu monsieur le Punisher, surtout que The Crow n’est pas un enfant de cœur non plus, n’hésitant pas à tuer et user d’une violence sans limite. Et l’histoire sombre d’une ville infâme peut apporter un certain rapprochement au Gotham de Batman. Bien avant Kick-Ass, le film de super-héros ultra violent c’était bien The Crow. Surtout que Alex Proyas partageait une ambiance crasseuse, gore et extrêmement sombre, qu’on cherche encore dans les productions actuelles du genre.

The Crow est également le dernier film de Brandon Lee. Le fils du célèbre maître des arts martiaux est décédé sur le tournage de ce long métrage. Ironie du sort, l’acteur meurt comme son personnage, touché par une balle, qui devait, évidemment, être à blanc. Une affaire bien sombre qui alimente le folklore cinématographique depuis des années. Alex Proyas, qui s’est rendu célèbre grâce à ce coup de maître, a été obligé de terminer le tournage sans Brandon Lee. Une affaire étrange et dramatique pour un film culte et sous estimé. Un remake est d’ailleurs normalement prévu avec possiblement Jason Momoa dans le rôle principal.

4) Kick-Ass – Avant Wade Wilson il y avait Dave Lizewski (2010)

On parle beaucoup de Deadpool comme film de super-héros provocateur. Pourtant, avec Kick-Ass, Matthew Vaughn a réalisé le film de super-héros séditieux par excellence. Kick-Ass était le premier film du genre véritablement irrévérencieux. Adapté de la bande dessinée de Mark Millar, dorénavant culte, le long métrage demeure extrêmement fidèle au matériau de base. Un adolescent geek, fan des Marvel et DC, qui décide de faire comme les héros sans pouvoir, enfiler un masque et se balader dans les rues pour faire le bien. Un concept rattrapé par la réalité, puisque certains fanatiques n’hésitent pas à se déguiser et parcourir leur ville en quête de justice pour tous.

Grâce à sa violence excessive, et son rythme endiablé Kick-Ass est devenu une référence en matière de films de super-héros impudents, cyniques et effrontés. Matthew Vaughn, avec beaucoup d’audace a réalisé un film culotté, passionnant grâce à un style personnel, influencé par le cinéma contemporain anglais, dans la droite lignée de Danny Boyle ou de Guy Ritchie. Bref un classique instantané qui a même donné une suite en 2013. Matthew Vaughn a gagné en popularité grâce à cette adaptation de comics, et y a finalement pris goût puisqu’il est revenu pour réaliser X-Men : Le Commencement. Quant à Kick-Ass, il a lancé la carrière de Chloë Grace Moretz et Aaron Taylor-Johnson tandis que Nicolas Cage venait faire un petit coucou en parodie de Batman.

5) Deadpool – Le classique des films de super-héros irrévérencieux (2016)

C’est le carton de l’année 2016. C’est le film grand public qui a prouvé que les adaptations de super-héros pouvaient s’adresser au plus grand nombre tout en ayant une interdiction aux moins de 16 ans. Deadpool est issu de l’univers Marvel. Adapté par la Fox, sa venue a été longue et fastidieuse. Après un premier essai raté dans Wolverine : Les Origines, l’acteur Ryan Reynolds s’est battu pour voir le personnage qu’il incarnait revenir. Même si Kick-Ass n’a rien a envier à Deadpool, il n’empêche que ce dernier a ouvert des portes. Logan a profité de cette occasion pour imposer des films de super-héros plus matures et surtout plus dark. Deadpool est incontestablement un pionnier. Bien plus que tous ceux cités dans ce top, car c’est celui qui a eu le plus de visibilité. C’est le film qui prouve que violence, super-héros et réussite au box-office ne sont pas incompatibles. Wade Wilson est l’anti-héros irrévérencieux par excellence. Et le cinéaste Tim Miller le sait bien. Il est parvenu à relativement bien exploiter son potentiel, en offrant un film violent, insolent, drôle et qui sortait globalement des codes.

Sans être le film de super-héros le plus différent des clichés du genre de ce top, il a incontestablement sa place. Le long métrage demeure fidèle au personnage, mettant en scène un anti-héros subversif et irrévérencieux, bien barré, drôle et complètement allumé. Les scènes d’action demeurent efficaces et suffisamment violentes et décalées pour rendre honneur au personnage, et l’humour est omniprésent. Même le quatrième mur est brisé comme dans les comics. Bien sur la suite n’a pas tardé et est sortie en 2018, malheureusement sans apporter de plus valus au premier, et sans totalement confirmer le statut de film de super héros corrosif.

6) Super – Frank D’Arbo, le deuxième Kick-Ass (2011)

Très peu de temps après la sortie de Kick-Ass, un autre film du genre a vu le jour. James Gunn, le futur réalisateur de la saga Les Gardiens de la Galaxie, reprend le concept de Kick-Ass et se l’octroi. Cette fois, au lieu que ce soit un adolescent qui porte le masque, il s’agit d’un quarantenaire déchu qui se fait voler l’amour de sa femme par un dealer. Lors d’une apparition divine totalement irrationnelle, il devient un super-héros, sans pouvoir, dont le but est de sauver sa femme. Une quête personnelle qui l’emmène à s’armer comme le Punisher pour défaire ce dealer interprété par Kevin Bacon.

Bref, Super, est un film de super-héros irrévérencieux, véritablement drôle, qui joue avec les codes du genre, et ce, dès son générique animé. Certains voient en l’œuvre de James Gunn, une simple imitation de Kick-Ass, mais le propos n’est pas tout à fait le même. Si Dave Lizewski devient super-héros c’est par rébellion, par désir de renverser les codes du système établi. Il est la représentation utopique de l’adolescence libre et indépendante, en quête d’insurrection. La thématique de Super est différente. Frank D’Arbo est un quarantenaire seul et déprimé. Le film de James Gunn parle de solitude, du temps qui passe, de tristesse et surtout de la perte d’imagination, d’âme d’enfant et de liberté. Super est une représentation d’un système qui consume les hommes, il se concentre sur la perte de la jeunesse, sur un individu qui rentre dans le moule et disparaît lentement dans les rouages du système. Bref, encore une fois, Super repose son concept sur l’individu lambda qui devient héros sans pouvoir.

7) Chronicle – Quand les héros utilisent leur pouvoir de manière égoïste (2012)

En voilà un autre de film de super-héros à la fois différent et culte. Josh Trank s’est fait connaître grâce à ce génial coup d’essai qui raconte comment une bande d’adolescents obtient des pouvoirs lors d’un contact avec une météorite. Chronicle a ouvert la voix à tous les films qui vont suivre dans cette liste. Josh Trank, via son idée de filmer le genre super-héroïque en found footage a révolutionné le style.

Chronicle est un long métrage qui cherche à être réaliste. Il raconte comment, des jeunes adolescents, aborderaient des pouvoirs incommensurables. Bien évidemment, le cinéaste exprime l’égoïsme de l’être humain. Comme Shazam !, ces prétendus héros usent de leurs capacités de manière personnelle, cherchant à impressionner, voler, devenir célèbre. Même les scènes d’action, tournées encore en found footage, pour masquer un manque de budget, sont devenues des références et ont créé de nombreux descendants. En plus d’avoir lancé les carrières de Dane DeHaan et de Michael B Jordan, et de son cinéaste Josh Trank, Chronicle est une source d’inspiration pour ceux qui cherchent à faire un film de super-héros dit « réaliste », influencés par le found footage.

8) Psychokinesis – Seok-hyeon à la recherche de sa fille (2018)

Changeons de continent, avec ce long métrage sud-coréen de Sang-Ho Yeon (Dernier train pour Busan). Le concept reprend un peu celui de Super, sauf que cette fois ci, le héros va devoir sauver sa fille. Seok-hyeon interprété par Ryu Seung-Ryong, obtient des pouvoirs surpuissants un peu par hasard. Un concept de film de super-héros qui commence à devenir régulié, lancé par Chronicle. Il s’agit du genre de personnage qui utilise ses pouvoirs de manière égoïste, pour son bon plaisir. Mais si l’un des personnages de Chronicle finit par être perverti, il en est tout autre pour le héros de Psychokinesis. Ce dernier va devoir apprendre rapidement à utiliser ses pouvoirs pour venir en aide à sa fille qu’il a abandonné il y a des années.

Ici les pouvoirs matérialisent la prise de conscience, la responsabilisation du protagoniste, qui doit obtenir ces capacités hors du commun pour apprendre à protéger ses proches, et enfin devenir courageux. C’est une allégorie de l’accès à la maturité, à la paternité, à l’audace. Le cinéaste décide également d’insérer un propos révolutionnaire via des travailleurs aux conditions sociales compliquées. Psychokinesis oppose les riches et les prolétaires, oppose la puissance de pouvoirs fantastiques à la domination réaliste de l’argent. Avec une réalisation inventive, quelque part entre le réalisme de Chronicle et la puissance de Man of Steel, Psychokinesis est disponible sur Netflix.

9) American Hero – Melvin Dorff se met des cuites (2016)

L’idée n’est pas forcément nouvelle et a déjà été plutôt bien exploitée par Peter Berg dans Hancock. Il n’empêche que American Hero permet de montrer comment un individu défavorisé appréhenderai ses pouvoirs. Melvin Dorff a la trentaine, habite encore chez sa mère et ne vit que pour les soirées, la drogue et l’alcool. Puis il devient héros malgré lui, possède une force et une rapidité surhumaines. Pour revoir son fils il va devoir lutter contre le crime.

Rien de forcément très original dans ce synopsis, mais America Hero permet de se rapprocher des quartiers défavorisés américains. Le film de Nick Love a une approche plus « street » et pop, à base de rap et d’une proximité avec ses personnages. American Hero est bien loin des dangers cosmiques, où même des combats contre le crime des héros plus urbains, l’échelle de proximité demeure restreinte, et les dangers plus élémentaires. C’est simplement l’histoire d’un zonard paresseux, qui continue de traîner, mais avec des supers pouvoirs.

10) On l’appelle Jeeg Robot – Petit détour par l’Italie (2017)

C’est sensiblement la même histoire que American Hero. Sauf que là où Melvin Dorff cherche la rédemption, Jeeg Robot cherche le profit. Poursuivi par la police dans les rues de Rome, le personnage plonge dans les eaux du Tibre et entre en contact avec une substance radioactive qui le contamine. Il réalise bientôt qu’il possède des pouvoirs surnaturels : une force et une capacité de régénération surhumaines qu’il décide de mettre au service de ses activités criminelles.

Jeeg Robot est là aussi l’occasion d’approcher le concept de super pouvoir par le biais de la rue, de la précarité. Le héros n’en est pas vraiment un, simplement un être humain qui a ses aspirations et ses défauts, et qui tente finalement de se faire une place. L’arrivée de ses pouvoirs apparaît presque comme une intervention divine, comme un élément qui permet au protagoniste de trouver enfin sa voie. L’esthétique de Jeeg Robot se rapproche elle aussi de celle de Chronicle, mais avec un budget encore plus moindre. Ce qui donne un aspect hybride kitch et réaliste aux scènes d’action uniques en leur genre.

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