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Spider-Man : notre classement des adaptations cinématographiques du tisseur

A l’occasion de la sortie en salles de « Spider-Man : Far From Home », on a voulu revenir en arrière, et faire le point sur les précédentes adaptations cinématographiques de l’homme-araignée. De la trilogie de Sam Raimi, aux deux films de Marc Webb, en passant par « New Generation », et évidemment le Marvel Cinematic Universe (MCU), voici notre classement des différentes adaptations de Spider-Man.

Globalement, Spider-Man est un héros qui a su s’imposer au cinéma. Les différentes adaptations de ce personnage Marvel créé par Stan Lee et Steve Ditko, sont au mieux des petits chefs-d’œuvre, au pire des adaptations sympathiques et divertissantes. Jusqu’à présent, le tisseur s’en sort plutôt bien, et évite les navets, et ce en huit films. Voici donc notre classement des films Spider-Man.

8) The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un Héros – Réalisé par Marc Webb (2014)

Marc Webb s’est fait connaître avec (500) jours ensemble, une comédie romantique qui avait su trouver son public. Cinq ans après Spider-Man 3 qui venait conclure la trilogie de Sam Raimi, Sony décide de rebooter la franchise Spider-Man. En 2012 sort donc The Amazing Spider-Man, un opus qui a relativement bien marché, ce qui a entraîné la mise en chantier de cette suite : Le Destin d’un Héros, deux ans plus tard.

Andrew Garfield reprend donc le rôle de Spider-Man pour la seconde fois, tandis que Emma Stone campe Gwen Stacy et Jamie Foxx  Electro, le grand antagoniste de l’histoire. The Amazing Spider-Man 2 n’est pas dénué de toute qualité. Mark Webb sait parler aux fans de comics en immisçant de nombreuses références au sein de ses deux métrages. Le Destin d’un Héros ouvrait de nombreuses possibilités pour un troisième opus. Le cinéaste n’avait pas froid aux yeux en multipliant les ennemis avec Electro, Le Bouffon Vert et Le Rhino. De quoi teaser l’arrivée des Sinister Six. Malheureusement, le troisième opus ne verra jamais le jour, et Andrew Garflied devra rendre le masque après cet épisode.

La faute à une écriture trop faible des personnages : Andrew Garflied interprétait un Peter Parker trop sûr de lui, beau gosse, qui s’éloignait du choix d’écriture de la saga originelle.

Peter Parker est un galérien, il doit tomber sans arrêt pour se relever, c’est un combattant. Mais l’acteur dégageait trop d’assurance pour coller au personnage. Jamie Foxx peinait également à convaincre avec un Electro fade, dont la seule motivation était de se venger de la popularité de Spider-Man. Enfin Dane DeHaan proposait un Bouffon Vert caricatural, dans la surenchère totale. Et c’est vraiment dommage parce que le long-métrage avait des partis pris osés.

Outre une mise en scène parfois inventive, notamment dans ses séquences à la première personne, on retiendra évidemment le climax final qui permettait à la fois d’être extrêmement fidèle aux comics, mais également de proposer une fin dramatique, sans concession, ni retour possible, assez rare dans l’univers des adaptations de comics.

7) The Amazing Spider-Man – Réalisé par Marc Webb (2012)

Le spectateur est resté avec le goût amer de Spider-Man 3 dans la bouche. Un film pourtant plus que correct, mais qui n’était pas à la hauteur de ses deux prédécesseurs. Sony doit faire oublier Tobey Maguire, et caste donc le beau Andrew Garfield, qui demeure aujourd’hui le moins apprécié des trois interprètes de Spider-Man.

The Amazing Spider-Man n’est pas un film déplaisant, mais demeure extrêmement classique. Marc Webb refait l’origin story de Peter Parker avec cette fameuse araignée radioactive qui lui donne ses pouvoirs. Le spectateur est en terrain connu et le restera du début à la fin. Un Spider-Man efficace mais qui manque de personnalité, et surtout de différence.

Marc Webb tente à la fois de moderniser et de coller à la saga de Raimi pour mettre tout le monde d’accord, ce qui donne finalement un film sans âme mais techniquement relativement irréprochable. On s’amuse, on est diverti, pas grand chose de plus. Reste un antagoniste très appréciable pour les lecteurs de comics, qui fait écho à la première saga, avec cette introduction tardive du Lézard, la forme mutée du Dr Connors.

6) Spider-Man : Homecoming – Réalisé par Jon Watts (2017)

Trois ans après la fin de The Amazing Spider-Man, le tisseur est déjà de retour. Mais cette fois c’est différent. Sony prête le personnage de Peter Parker à Marvel Studios pour qu’il rejoigne le MCU. Introduit en 2016 dans Captain America : Civil War, Spider-Man joue maintenant dans la cour des grands aux côtés de Iron Man, qui devient son mentor. Le personnage change encore de visage, Tom Holland reprend le flambeau et offre un Peter Parker plus sensible, plus enfantin, plus généreux aussi. Il devient le nouveau visage de l’araignée et convainc les fans. Il devient une des grandes forces de ce nouveau Spider-Man, qui ne fait pourtant pas l’unanimité.

Marvel Studios a l’intelligence d’éviter la redite et fait l’impasse sur l’origin story, se contentant d’une simple phrase pour faire référence à l’araignée mutante. Jon Watts recentre le personnage sur des enjeux plus simples, plus humains. Tandis que le reste du MCU sauve le monde tous les trois jours, Peter Parker a des problématiques d’adolescents, il est la petite araignée du quartier.

Cette approche est à double tranchant, elle permet de mettre en scène un film plus simple, plus proche du spectateur, mais cantonne Spider-Man à des amourettes d’adolescent pas forcément passionnantes. Certains se sont plaints de l’absence de Spider-Man, par rapport à l’omniprésence de Peter Parker. Le long-métrage a néanmoins des personnages secondaires solides : Iron Man en mentor compréhensif et exigeant d’un côté, et le Vautour en antagoniste de l’autre.

Initialement prévu pour un Spider-Man 4 par Sami Raimi, le Vautour est recyclé au sein du MCU sous les traits de Michael Keaton. L’acteur offre une prestation mémorable et ambigüe qui dresse le portrait d’un personnage humain, d’un méchant qui n’en est pas vraiment un et qui tente d’exister sur les vestiges des combats entre supers, une thématique passionnante. Pour autant, ce rajeunissement de Peter Parker n’a pas fait forcément l’unanimité. Et en plus d’un climax final raté à cause d’effets spéciaux douteux, le ton et le style choisis demeurent très classiques, ne permettant pas de révolutionner le monde de Spider-Man.

5) Spider-Man : Far From Home – Réalisé par Jon Watts (2019)

Finalement, c’est un peu comme avec la version Amazing : les deux films se ressemblent énormément. Far From Home est dans la droite lignée de Homecoming, avec néanmoins plus de maîtrise, notamment dans le traitement de l’action. Far From Home est une évolution positive de la formule Homecoming : plus drôle, mieux dosée, mieux réalisée, mieux écrite. Pour autant, la recette demeure encore une fois très classique, malgré des personnages secondaires agréables comme Nick Fury et Happy.

Jake Gyllenhaal était très attendu dans la peau de Mysterio. Grand méchant de l’univers Spider-Man, l’écriture du personnage demeure très fidèle à celle des papiers, mais l’interprétation de Gyllenhaal est une des plus faiblardes de sa carrière. Il ne parvient pas à donner de l’épaisseur à son personnage, qui manque cruellement d’influence dans le métrage. Peu imposant, assez redondant, ses capacités ne sont pas assez exploitées. Et c’est dommage car les rares séquences d’illusions sont impressionnantes. Reste deux scènes post-générique renversantes qui permettent d’annoncer du très très lourd pour l’avenir.

4) Spider-Man 3 – Réalisé par Sam Raimi (2007)

C’est le vilain petit canard de la trilogie de Sam Raimi, celui que tout le monde aime tacler. Pourtant, plus le temps passe, plus le film est réévalué à la hausse. Alors oui Spider-Man 3 n’est pas à la hauteur des attentes procurées par les deux précédents opus, oui l’écriture est plus faible et le ton est parfois trop patriotique, et on ne parlera pas du passage où Tobey Maguire passe du côté obscur, tant cette séquence à fait couler beaucoup d’encre. Il n’empêche que le métrage a encore largement de quoi se défendre.

Déjà parce que Spider-Man 3 a beaucoup plus d’âme que les Amazing ou la version Tom Holland. La réalisation de Sam Raimi est toujours aussi personnelle et impressionnante, permettant des séquences d’action qui n’ont pas pris une ride. Et c’était aussi l’occasion de voir le Spider-Man noir, grand personnage des comics.

C’était surtout le premier film de super-héros avec plusieurs méchants. Sam Raimi avait mis les bouchées doubles avec Le Bouffon Vert Junior, L’Homme de Sable et Venom. Ce dernier, interprété par Topher Grace, n’avait pas totalement convaincu. Mais depuis la version avec Tom Hardy, la vision de Spider-Man 3 a largement été rehaussée. L’écriture de Harry Osborn est plutôt réussie, offrant un personnage tiraillé entre l’héritage de son père et son amitié pour Peter.

De même, L’Homme de Sable est un ennemi sensible dont le background lui donne une véritable épaisseur. Bref, même si le long-métrage a de sérieux défauts, surtout dans l’écriture de Spider-Man lui même, il n’empêche que ce Spider-Man 3 là a beaucoup plus d’âme que ses descendants du MCU.

3) Spider-Man – Réalisé par Sam Raimi (2002)

Tout est parti d’ici. Spider-Man demeure encore aujourd’hui l’une des références en terme de films de super-héros. C’est le classique du genre par excellence. Sam Raimi a offert au tisseur plus qu’une simple adaptation, il a signé un film qui a mis tout le monde d’accord : les néophytes comme les aficionados de comics. Une adaptation plus que fidèle qui permettait de traduire toute l’importance du personnage et de son impact dans la pop culture.

Finalement, si on se base sur la nostalgie et sur sa place de premier, ce Spider-Man là reste encore aujourd’hui peut-être la meilleure adaptation du tisseur.

Le long-métrage peut compter sur l’interprétation timide de Tobey Maguire, qui campait un Peter Parker mal dans sa peau, un intello qui se cherche. Outre la métaphore du passage à l’âge adulte indissociable des thématiques du genre, ce Spider-Man est un film d’action bluffant, largement en avance sur son temps.

Les séquences d’action sont encore renversantes, notamment grâce à un vilain d’anthologie : Willem Dafoe qui joue un Bouffon Vert terrorisant, quelque part entre la folie d’un Joker et l’influence d’un Lex Luthor. L’antagoniste est juste mémorable et doit beaucoup à la présence de son interprète. Norman Osborn n’aura pas eu mieux depuis ce premier Spider-Man.

2) Spider-Man : New Generation – Réalisé par Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman (2018)

C’est LA surprise de ce top. Celle-là, personne ne l’a vue venir, la première adaptation sur grand écran de Spider-Man en animation. Le trio de cinéastes offre une adaptation sans faille de l’univers de Peter Parker en exploitant au maximum un concept encore absent du MCU : le multiverse.

Outre Peter Parker, c’est surtout Milles Morales le héros de cette histoire, un nouveau Spider-Man issu d’une réalité alternative. Le jeune afro-américain est bien présent dans les comics tandis que son univers et le nôtre ont fusionné lors de la Secret War.

Mais le sujet n’est pas là. New Generation est une claque qui marquera durablement les esprits. Un long-métrage complexe, porté par un scénario extrêmement précis et des multiples références aux comics. C’est bien simple, c’est un orgasme visuel pour les lecteurs. C’est tout simplement un roman graphique qui prend vie sous les yeux du spectateur. En matière visuelle d’adaptation de comics on ne s’était pas autant amusé depuis Sin City.

Appuyé par une bande-son renversante, New Generation est une œuvre définitivement pop, et se place comme le meilleur hommage cinématographique qui ait été fait aux comics, et plus particulièrement à Spider-Man.

C’est également un film qui détourne son propre genre, en s’adaptant au format de l’animation, et reprenant les grandes références des précédents opus de la franchise, pour s’en moquer. En plus ce Spider-Man est bourré de nostalgie, et prend de véritable risques. De la mort du Peter Parker de l’univers de Morales en passant par l’hommage à Stan Lee, les ressorts émotionnels fonctionnent à la perfection. Ce Spider-Man est en tout cas une claque rafraîchissante.

Visuellement ébouriffant il permet également de développer la mythologie du tisseur en incorporant son univers étendu.

1) Spider-Man 2 – Réalisé par Sam Raimi (2004)

Forcément avec plus de 821 millions de dollars de recettes à travers le monde pour Spider-Man, Sony a lancé la production d’une suite. Et heureusement, Sam Raimi était partant.

Le pari était osé de surpasser le premier épisode, et pourtant le cinéaste y parvient avec une maîtrise hallucinante. Peter Parker s’assume dans le rôle de Spider-Man autant que Tobey Maguire dans celui de Peter Parker. La réalisation est démentielle, les thématiques extrêmement adultes sur la prise d’indépendance, de s’assumer en tant que super-héros mais aussi en tant qu’être humain. Sam Raimi offre sans doute le meilleur rôle de sa carrière à Alfred Molina, absolument parfait en Dr Octopus. Bref Spider-Man 2 est une pépite, reprenant toutes les ficelles du premier opus en les améliorant, en leur donnant un impact incroyable.

Raimi parvient à faire mieux dans cette suite qui évite les clins d’œil forcés et les facilités scénaristiques pour mettre en scène un super-héros en proie au doute.

La puissance dramatique est au rendez-vous pour cette histoire dense. Après la puberté du premier film, Peter Parker est confronté au monde réel, à la maturité, face à un antagoniste imposant. La confrontation sur le train à pleine vitesse entre les deux personnages demeure encore, quinze ans plus tard, une véritable leçon de cinéma.

On retiendra également les excellents personnages secondaires à l’image de J. Jonah Jameson, brillamment interprété par J.K. Simmons. Spider-Man est un super-héros humain, et tandis qu’il était une légende des comics, il devient, grâce à Sam Raimi, une légende du septième art.

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1 commentaire
  1. Je suis à peu prêt d’accord avec votre classement, bien que vous avez sous estimé far from home, qui pour moi surpasse Spiderman 3, si votre analyse du 3e opus de Sam Raimi est juste, et que ce film fut trop vite décrié, il avait bien des éléments fort et réussit, l’homme sable et sans doute l’introduction du costume noir sont une vrai réussite, fidèle au comics et intéressante.
    Il est évident que c’est l’axe humoristique forcé de Peter Parker et l’introduction trop rapide de Vénom qui alourdis ce film. Dés choix imposés par Sony pictures, qui souhaitait déjà imposé le symbiote soit disant populaire au prés des Jeunes, il y a déjà 10 ans et s’obstine encore à le croire. Et c’est pour cela que je place Far from home devant ce 3e vollet. Spiderman y est parfaitement traité, parker est au centre de l’intrigue, son développement personnel et héroïque est trés bien traité, a cela s’ajoute l’emploi d’un vilain fourbe et charismatique égale à Octopus, et Osborn. « Mystério », avec une personnalité propre, bien que peu dévoilé sans scène intimiste comme le faisait Raimi, ce vilain est respectueux de la version des comics, et mérite d’être unique et parfaitement compris. Un personnage qui devrait avoir une seconde chance face à spiderman ou un autre héro pour montrer les divers aspects de sa personnalité.

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