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Top des films cultes qui ont échoué au test de Bechdel

Top des films cultes qui ont échoué au test de Bechdel

Le test qui permet de juger a permis d’évaluer le niveau de présence féminine au cinéma. Voici 10 films qui ont malheureusement échoué.

Le test de Bechdel est un outil qui permet d’évaluer le degré de présence féminine dans une oeuvre de fiction. Il a été créé en 1985 par Alison Bechdel dans sa bande dessinée Lesbiennes à suivre. L’auteure dira par la suite qu’elle a eu l’idée suite à une conversation avec l’une de ses amies Liz Wallace. Cette dernière a déclaré avoir trouvé l’inspiration dans Une Chambre à soi de Virginia Woolf, auteure et penseuse féministe américaine. Le but est de mettre en avant le manque de personnage féminins dans les univers de fiction. Et aussi de dénoncer leur manque d’importance dans l’histoire quand ils existent.

Le principe

L’invention de ce test a permis de mettre en évidence que beaucoup d’oeuvres manquaient réellement de personnages féminins. Pourtant, en apparence, passer le test n’a rien de compliqué. Il suffit de répondre positivement à trois questions :

  1. Deux personnages féminins sont-ils présents et nommés ?
  2. Si oui, ces deux personnes discutent-elles entre elles ?
  3. Si oui, la discussion porte-t-elle sur autre chose que sur un personnage masculin ?

Il faut aussi savoir qu’il existe des débats à l’intérieur même des communautés qui soumettent le test à différents films et diffusent les résultats. Pour certains, pour que la réponse à la deuxième question soit positive, il suffit d’une ligne de dialogue échangée. Pour les autres, il faut que les deux personnages aient une réelle conversation. Cela peut paraître anodin mais, même si ces cas sont rares, cela peut influencer sur le résultat du film. Par exemple, Harry Potter et les reliques de la mort, partie 2 ne passe pas le test. Les seules interactions entre deux personnages féminins nommés étant une phrase de Minerva McGonagall pour Molly Weasley et un cri de cette dernière contre Bellatrix Lestrange. La conversation entre Lilly et Pétunia lors du flash-back n’est pas comptée car Pétunia, même si nous savons son nom, n’est pas nommée dans le film concerné.

Le test a permis de mettre en évidence le sexisme inhérent à de très nombreuses œuvres. Le cinéma n’en est pas exempt. Nombre de films ont été soumis au test et ne l’ont pas accompli. Un site qui répertorie tous les films qui ont été soumis au test révèle que 40% d’entre eux ne le passent pas. Parmi eux, beaucoup de films cultes. Voir des chefs-d’oeuvre dans cette liste peut être un véritable crève cœur. Seulement, il faut se rappeler que le test n’a pas pour but d’évaluer la qualité des œuvres mais bien le niveau de présence féminine à l’intérieur. Il n’est pas non plus révélateur du sexisme d’un film (même s’il peut en être l’indicateur), une oeuvre peut très bien réussir le test et diffuser des messages sexistes. Voici 10 films (ou saga) cultes qui ne passent malheureusement pas le test.

Psychose

Sorti en 1960, le film de Hitchcok est resté comme l’un des chefs-d’oeuvre du septième art.
Le film a bien deux personnages féminins nommés. Marion Crane et sa soeur Lila. Mais ces deux personnages n'interagissent jamais. Elles conversent bien avec d’autres femmes, Marion avec sa collègue et Lila avec la femme du chérif mais aucune des deux n’est nommée clairement dans le long-métrage. Le film ne remplit donc malheureusement pas les conditions du test.

Nous pourrions nous dire que c’est à cause de l’époque, que le cinéma a évolué depuis 1960. Le site bechdeltest.com répertorie 28 films sur cette année, dont 11 qui échouent au test. Soit environ 39%. En 2017, sur 202 films, 60 ont échoué au test, ce qui fait 29%. En 2016, sur 275 films, 99 échouent, ce qui fait 36%. La proportion varie donc très fortement d’une année sur l’autre. Cependant, sur l’ensemble des années il est vrai qu’il est possible de distinguer une légère amélioration. Bien sûr, la liste des films n’étant pas exhaustive, il ne faut pas prendre ces informations comme argent comptant. Elles ne sont que le reflet général du monde du cinéma.

La trilogie originale Star Wars

Les trois premiers volets de la saga de George Lucas, sortis respectivement en 1977, 1980 et 1983 ne passent pas non plus de test. Le premier film dispose de deux personnages féminins qui nommées : Beru et Leia. Elles ne se rencontrent jamais, le premier film ne remplit donc qu’une condition sur trois.


Dans L’Empire contre-attaque, Leia est la seule femme nommée dans le film. D’autres personnages féminins sont bien présents mais aucun n’a un nom. (Les noms donnés dans l’univers étendu ou au générique ne comptent pas, il faut que le personnage soit nommé dans la diégèse du film). Le deuxième volet de la trilogie ne remplit donc aucune condition.
En ce qui concerne le troisième et dernier volet de la trilogie originale, Le Retour du jedi, le problème est le même que dans le précédent épisode. La princesse Leia est le seul personnage féminin clairement nommé dans le film. Le nom de Mon Mothma n’apparaît que durant le générique.

Si aucun des épisodes originaux ne réussit au test, il n’en va pas de même pour la prélogie. Seul l’épisode III, La Revanche des Sith, échoue dans la deuxième trilogie. Ce dernier ne dispose pas de deux personnages féminins ayant une véritable conversation.
En ce qui concerne les nouveaux volets, après le rachat par Disney, seul le spin-off sur Han Solo ne passe pas le test.

Vendredi 13

Vendredi 13, le remake de Marcus Nispel sorti en 2009 est inspiré de celui réalisé par Sean S. Cunningham et sorti en 1980. Comme chacun sait, le long-métrage appartient au genre du slasher, un genre qui a été largement popularisé (et non inventé) par le Halloween de John Carpenter.

Le slasher est un sous-genre de l’horreur qui est très codifié. Il met en scène de jeunes adolescents et adolescentes qui doivent échapper à un tueur fou. Beaucoup de longs-métrages ont été critiqués car ils avaient été incompris à l’époque : Ces films ont, généralement, pour personnages principaux des adolescents qui vivent leur vie d’adolescents : sexe, alcool, etc... Ils sont souvent ensuite pourchassés par le tueur et finissent parfois bien mal leur soirée. Ceci a, au début, été perçu comme un message réactionnaire : le tueur punissant les protagonistes pour leurs "méfaits". Cependant, on peut aussi voir la chose de manière inversée : le tueur peut-être l’incarnation de l'oppression sociale réactionnaire qui plane sur les jeunes adultes.

Toujours est-il que de nombreux slashers mettent en avant des personnages féminins, ce qui fait que la plupart des représentants du genre passent le test, comme le font Halloween, Scream, Les Griffes de la nuit ou le Vendredi 13 original.
Pourtant, le remake, lui, échoue au test, il est donc intéressant de constater que le volet le plus récent ne réussit pas là où le film original réussissait alors qu’il a été fait dans un contexte beaucoup plus actuel. Ces remakes sont, pour certains, fait dans des conditions totalement différentes, où le but n’est plus de proposer une oeuvre originale mais de surfer sur une licence qui a eu du succès. De là à dire qu’il y a un rapport entre ceci et la réussite ou l’échec du test, il n’y a qu’un pas.

2001, l'odyssée de l’espace

Le film de Stanley Kubrick de 1968 est un cas intéressant. Si nous avons bien la présence d’au moins trois personnages féminins nommés et qui ont une conversation, la troisième étape ne peut malheureusement pas être validée. En effet, la conversation est en russe et non sous-titrée, il est donc impossible pour les spectateurs non-russophones de savoir sur quoi porte la conversation.
Ce film fait partie de ceux qui font débat, pour certains, la conversation n’a pas besoin d’être explicite. Il est aussi vrai que le test ne précise pas que le dialogue doit être sous-titré s’il n’est pas dans la langue du film.


Quoi qu’il en soit 2001 et le test de Bechdel risquent encore de provoquer de nombreux débats, et pour longtemps.

Fight Club

Fight Club est un film de David Fincher sorti en 1999 basé sur le roman éponyme de Chuck Palahniuk. Le film, comme le livre, explore les méandres de l’esprit du narrateur. Le film est essentiellement masculin au niveau du casting. Le seul personnage féminin important est celui de Marla, interprétée par Helena Bonham Carter.


Il y a bien d’autres personnages féminins nommés, notamment dans le groupe de parole, mais aucun de ces personnages n’a de véritable conversation avec un autre. Les prises de parole et interventions lors des réunions de groupes ne comptant pas.

Disney

Malgré les nombreuses princesses présentes dans les films, de nombreux longs-métrages d’animation produits par Disney échouent au test. Et c’est peut-être précisément à cause de ces princesses.
En effet, le géant du cinéma américain ne s’est que récemment débarrassé du cliché de la princesse en danger sauvée par son prince charmant.

Bien sûr, beaucoup sont adaptés de contes de fée qui ont été écrits à une époque où le test de Bechdel était très loin d’être inventé et la place des femmes dans les oeuvres de fiction n’était même pas une question qui se posait.
Toujours est-il que Blanche-Neige et les sept nains, Le livre de la jungle, Aladdin ou La Belle et la Bête échouent au test de Bechdel.

Intouchables

Jusqu’ici nous n’avons parlé que des films américains, pourtant le cinéma français n’est pas épargné. Intouchables, comédie française réalisée par Olivier Nakache et Éric Toledano, avait cartonné en box-office français en cumulant plus de 19 millions d”entrées.


Plusieurs personnages féminins sont nommés dans le film : Magalie, Yvonne, Elisa et d’autres encore. Pourtant, aucune conversation entre les différents personnages concernés ne porte sur autre chose que Philippe, le rôle tenu par François Cluzet. Bien entendu, Intouchables n’est pas la seule comédie française concernée. Bienvenue chez les Ch’tis, l’autre long-métrage qui avait explosé le box-office français, ne passe pas non plus le test. Dommage, on retentera la prochaine fois.

Avatar

Comme beaucoup de blockbusters, le film de James Cameron pose problème. Le film dispose de quelques personnages féminins qui sont appelés par leur nom. Seulement, mis à part quelques lignes de dialogue jetées au hasard, le film ne dispose pas de véritable conversation entre deux femmes. La seule exception est un dialogue entre Neytiri et sa mère, mais ce dernier personnage n’est pas nommé et la conversation est à propos de Jake, un homme. Le film ne valide donc que 2 étapes sur 3.

Le seigneur des anneaux

Une autre saga culte concernée par le problème est celle de Peter Jackson adaptée des romans de Tolkien. Malgré la présence de plusieurs personnages féminins forts, Arwen, Galadriel, Eowyn, la Terre du Milieu est une vaste contrée. Si bien qu'aucun de ces personnage ne rentre en contact l’un avec l’autre.


Les univers Fantasy, surtout lorsqu’ils ont étés créé dans la première moitié du XXème siècle, restent très masculin. Si la Terre du Milieu compte quelques personnages féminins forts et qui ont un impact dans l’histoire, leur importance est toute relative face à l’étendue de l’univers de Tolkien. Ce n’est pas le seul reproche qui lui sera fait, l’univers de la Terre du Milieu est aussi très blanc, une vision du monde qui se ressentira aussi dans certaines lettres que Tolkien a laissées.

Batman

En 1989, sortait l’adaptation filmique des comics du Chevalier Noir réalisée par Tim Burton. Le film possède deux personnages féminins nommés, Vicki Vale et Alicia Hunt. Cependant, ces personnages ne rentrent jamais en contact l’un avec l’autre. Ce film n’est pas la seule adaptation concernée, Batman : Le défi, Batman Forever, Batman et Robin et Batman Begins échouent aussi au test.


Marvel n’est pas épargné non plus : Avengers, Iron Man ou Doctor Strange échouent tout autant au test. Nous pouvons trouver une piste de réflexion quand nous regardons qui sont les réalisateurs et réalisatrice qui dirigent les longs-métrages adaptés de comics. Parmi tous les films du MCU et du DCEU actuellement disponibles, un seul a été réalisé par une réalisatrice : Wonder Woman de Patty Jenkins. Une étude de New York Films Academy montre que 91% des artistes d’Hollywood sont des hommes. Or, selon le site bechdel.com, si 40% des films, en général échouent au test, ce chiffre tombe à 4% lorsqu’il s’agit de longs-métrages dirigés par des réalisatrices.

 

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