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5 questions à Franck Gastambide pour La Surface de réparation

A l’affiche de « La Surface de réparation », Franck Gastambide a accepté de répondre à quelques questions sur son rôle. Un premier rôle dramatique pour l’acteur-réalisateur qui assume de front ces deux carrières.

Franck Gastambide a un parcours singulier dans le cinéma. Passionné depuis son enfance par les « molosses » et leur dressage, il est alors un spécialiste réputé des chiens dits « dangereux » quand la production des Rivières Pourpres fait appel à lui et à ses pitbulls et rottweilers. Il n’a que 20 ans, et c’est son premier contact avec le cinéma. S’ensuivent des années d’apprentissage, notamment au sein de Kourtrajmé, jusqu’à la création en 2009 de la web-série Kaïra shopping. Depuis, il a écrit et réalisé pour le cinéma Les Kaïra et Pattaya, deux comédies urbaines qui ont emporté l’adhésion d’un large public. En 2018, en plus d’être à l’affiche de plusieurs films, il réalise Taxi 5, blockbuster forcément attendu et sous pression.

Parallèlement à cette carrière de metteur en scène, il est acteur dans ses propres films et dans d’autres, plus éloignés de son registre habituel. C’est le cas dans La Surface de réparation, où il incarne un ex-footballeur enfermé dans son échec, vivotant autour de son club de toujours. Un film indépendant où il surprend dans un rôle dramatique, face à la révélation Alice Isaaz. C’est dans ce cadre que nous avons pu en savoir un peu plus.

 

Hier s’est déroulée l’avant-première à Paris de La Surface de réparation. Quelle a été votre impression ?

Toute l’équipe est très contente. La salle était pleine, et essentiellement de gens qui avaient payé leur place, ce qui est plutôt bon signe ! Pour ma part, c’est la première fois que je reçois d’aussi bons retours, aussi divers surtout, de Télérama au Parisien. Pour l’instant, le résultat est au-delà des attentes.

 

Vous incarnez dans le film Franck, dont l’ancien surnom est « Pitbull ». Pourquoi ce surnom ?

Dans une équipe de foot, il y a toujours celui qu’on surnomme le pitbull. Un pitbull, quand il mord, il ne lâche jamais. Sur un terrain, c’est donc celui qui ne lâche pas son adversaire, qui se bagarre de la première à la dernière minute. Le film raconte que, malgré cet acharnement, ça n’a pas payé pas pour mon personnage. Il a tout donné et pourtant n’a pas réussi à devenir footballeur pro. C’est ce poids qu’il porte. Plus largement, c’est l’histoire d’un mec qui se bat sans relâche, et qui parvient difficilement à faire le deuil de son échec.

 

Le monde du foot professionnel tel qu’il est décrit apparaît extrêmement dur pour les individus.

Le paradoxe du foot, c’est d’être un sport collectif où on demande des performances individuelles. Il y a un aspect schizophrénique. Mon personnage est profondément humain, avec un vrai sens du collectif. Il continue à avoir envie d’apprendre, d’encadrer des jeunes, d’être utile. Mais la réalité c’est que le collectif disparaît quand arrive une simple lettre qui t’annonce que tu es viré du club. C’est un sport collectif, mais chacun doit y réussir individuellement.

 

A la fois metteur en scène et acteur, ça se partage comment ?

Ce sont des plaisirs très différents, je ne peux pas bouder un des deux. J’ai la chance de pouvoir réaliser mes films et aussi qu’on me propose des rôles très différents, aussi bien pour des films indépendants que pour des grosses comédies populaires. Je veux entretenir cette chance, en essayant de faire les bonschoix. Réaliser les films que j’écris me procure un plaisir énorme, parce que c’est un aboutissement créatif qui est extrêmement jouissif. Inventer une histoire, puis l’écrire et enfin la mettre en images, ça me transporte, ça me fait kiffer !

Mais quand je suis acteur, je ne me prends pas pour le metteur en scène, je ne me permets pas d’être intrusif. Je suis en grande demande qu’on me dirige, qu’on m’aide à sortir des choses, des performances que je ne saurais pas faire seul. D’une certaine manière, ma carrière de metteur en scène me protège en tant qu’acteur, en me donnant la liberté d’aller vers des choses que je ne saurais pas écrire, comme c’est le cas avec La Surface de réparation.

 

Un mot à propos de votre partenaire dans le film, Alice Isaaz ?

Alice n’a plus rien à prouver aujourd’hui, elle est passée entre les mains de grands metteurs en scène, je pense à Verhoeven par exemple. C’est une actrice de grand talent, et dans ce film, elle joue un personnage qui est très loin de la personne qu’elle est. C’est la qualité d’une grande actrice de se mettre ainsi en difficulté, et d’en faire quelque chose de très réussi.

Propos recueillis par Max Mejas

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