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Batman v Superman : le scénariste dévoile les coulisses et se lâche contre Warner

La sortie de Zack Snyder's Justice League a libéré la parole

Batman v Superman : le scénariste dévoile les coulisses et se lâche contre Warner

Chris Terrio, scénariste de "Batman v Superman : L'Aube de la justice" et de "Justice League", est sorti du silence pour critiquer avec véhémence la gestion du DCEU par les studios Warner.

La gestion compliquée du DCEU par Warner

L'affaire Zack Snyder's Justice League a délié les langues et permis de mieux comprendre les causes du carnage sorti en 2017 dans les salles. Joss Whedon a sa part de responsabilité, en plus d'avoir instauré une ambiance délétère sur le plateau. Mais il n'est pas le seul à figurer sur le banc des accusés. Warner et plusieurs personnalités décisionnaires ont un sacré degré d'implication. Vous allez le voir, ce micmac n'a rien d'un épiphénomène.

Le studio avait déjà malmené des précédents projets. Par exemple, Patty Jenkinsexpliqué par le passé qu'elle avait été forcée de changer la fin de Wonder Woman en urgence. Zack Snyder a lui aussi vu son précédent essai dans le DCEU, Batman v Superman : L'Aube de la justice, subir des changements malvenus. Un director's cut rallongé d'une bonne demi-heure avait cependant corrigé le tir.

Batman v Superman : L’Aube de la Justice
Batman v Superman : L’Aube de la Justice ©Warner Bros.

Batman v Superman : un film saboté

Certes, le metteur en scène a pu par deux fois délivrer sa vision en complément des version sorties au cinéma. Mais cela ne doit pas oblitérer le fond du problème. Dans un article pour Vanity Fair, le scénariste Chris Terrio se lâche et révèle des éléments édifiants sur le comportement de Warner. Son arrivée sur Batman V Superman se fait alors qu'un script existe déjà. David S. Goyer avait commencé à écrire en compagnie de Zack Snyder puis le scénariste a quitté le projet à cause d'un emploi du temps trop chargé. Son remplaçant a débarqué avec une envie de donner un sens spécial à la confrontation entre Batman et Superman.

Le film était sombre par nature. Pendant que je travaillais sur le film, il me semblait que c'était un instantané de ce que je ressentais par rapport à ce qui passait dans le pays, quelque chose qui n'était pas aussi évident avant la folie et la division qui sont venues de la dernière présidence. Je pensais que ce film de super-héros pourrait permettre de montrer le pire de nous, mais ensuite d'en sortir par une rédemption.

Je ne voulais pas faire une blague de sitcom selon laquelle Batman et Superman essaient de s'entretuer. Si je voulais travailler sur ce film, c'était pour faire quelque chose de sombre, lyrique et d'inconfortable.

Il développe donc plusieurs versions du scénario sans leur donner de titre. Ce n'est qu'ensuite qu'il découvre que son travail prend le titre de Batman v Superman : L'Aube de la justice. Choix qui lui déplaît fortement et qui, d'après lui, serait une pirouette effectuée par le studio pour essayer de booster le potentiel commercial.

L’intention du film était de faire quelque chose de fort, de sombre et de complexe, pas tout à fait comme un match de la WWE à Los Angeles.

Le début des problèmes

Une première désillusion qui en entraîne une autre encore plus importante. Chris Terrio est impuissant face aux changements opérés dans le montage. 30 minutes passent à la trappe pour condenser les enjeux et se concentrer sur les phases d'action. L'aspect sombre des thèmes en prend un coup alors que cela était inhérent au projet depuis le début. Le scénariste explique par exemple qu'il a reçu une version dans laquelle Batman marquait de son signe Lex Luthor - comme il le fait précédemment avec des criminels.

Chris Terrio pense qu'il peut bénéficier de l'espace suffisant pour appliquer un traitement mature à un comic book movie. Au bout du compte, le studio préfère donner au public des effets spéciaux en pagaille plutôt que des personnages trop complexes. Un film plus court permet également d'optimiser la distribution dans les salles en casant plus de séances à la journée. Une vision totalement cynique, qui priorise les enjeux commerciaux par rapport à la vision des auteurs.

Zack Snyder's Justice League
Zack Snyder's Justice League ©Warner Bros.

Justice League : l'histoire se répète

Cette recette a ensuite été appliquée à Justice League, sur lequel Chris Terrio accepte de travailler. Un choix qui interroge car son script de Batman v Superman a été critiqué lors de la sortie et qu'il sait désormais que l'environnement de travail n'est pas idéal.

J'ai accepté de faire Justice League parce que je voulais une chance d'écrire ces personnages avec de l'amour et de l'espoir après la noirceur de Batman v Superman. La fin de ma version de Batman v Superman montre Bruce comprenant ses erreurs et promettant de changer. C'est un regain de conscience après un cauchemar éthique. Et dans Justice League, Bruce devient meilleur.

Hélas, très vite, il comprend qu'il ne pourra pas faire tout ce qu'il souhaite. Le studio n'a pas apprécié les critiques mitigées au sujet du précédent opus et le score au box-office de 873 millions de dollars a été en-dessous des espérances (le budget grimpe à 250 millions, sans les frais marketing).

Il y avait une atmosphère de peur au studio. Sans doute. J'ai eu l'impression que les membres du conseil d'administration ont commencé à prendre des décisions. Et elles étaient basées sur des métriques arbitraires qui n'avaient rien à voir avec les histoires qui étaient contées.

Chris Terrio a voulu faire retirer son nom du générique

Zack Snyder s'est battu pour que les idées qu'il jugeait importantes soient exploitées, mais son départ a ouvert la porte à un remaniement orchestré par les têtes pensantes de Warner. L'article met en évidence le nom de Kevin Tsujihara, président du studio à l'époque des faits. C'est lui qui aurait demandé un film n'excédant par les deux heures avec le plus d'humour possible. Deux intentions qui contrastent avec celles de Zack Snyder et Chris Terrio. Par la suite, le scénariste a été mis sur la touche, écarté du tournage et même pas invité à l'avant-première. Jamais consulté dans l'agencement du DCEU (alors que Justice League est une pièce centrale), il découvre le montage cinéma avec horreur. Le résultat le choque tellement qu'il appelle dans la foulée son avocat pour faire retirer son nom du générique. Demande qui n'est pas satisfaite car les copies étaient déjà préparées.

Pendant longtemps Chris Terrio a préféré ne pas s'exprimer publiquement, encaissant les critiques dues à l'incompréhension du contexte global. La vérité peut enfin éclater avec la sortie de Zack Snyder's Justice League. Mais l'avenir du DCEU a été bouleversé à jamais.

 

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