Accueil > News > Cinéma > Blade Runner 2049 : retour sur les trois courts-métrages

Blade Runner 2049 : retour sur les trois courts-métrages

À quelques jours de la sortie du très attendu “Blade Runner 2049”, retour sur les trois courts-métrages expliquant les événements survenus entre 2019 et 2049.

Pour faire le lien entre le Blade Runner de Ridley Scott sorti en 1982, dont l’histoire se déroule en 2019, et le Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve qui sort en salles dès mercredi, prenant place 30 ans après l’histoire du premier, il a été demandé au réalisateur de diriger trois courts-métrages qui expliqueront les événements survenus entre le premier et le second film. Mise en ligne par la Warner à deux semaines d’intervalle entre le 29 août et le 26 septembre, cette mini-trilogie, introduite face caméra par Denis Villeneuve lui-même, a surtout été supervisée par Ridley Scott en personne. Son fils, Luke Scott, a réalisé deux des trois courts-métrages, qui sont aussi les plus dispensables.

Blade Runner « 2036 : Nexus Dawn »

Ce premier court-métrage, réalisé par Luke Scott, prend la forme d’une simple présentation à unique but informatif. Niander Wallace, incarné par un Jared Leto hypnotique, y présente un nouveau type de replicant, le Nexus-9, à des législateurs afin d’avoir leur autorisation pour remettre en service ses replicants. Ce qu’il semble obtenir en montrant que le Nexus-9 l’accompagnant préfère se suicider plutôt que de blesser un être humain, prouvant par là même son obéissance aux ordres.

Sans transcender d’aucune manière, ce court fait ainsi office d’une simple exposition. Les dilemmes moraux du premier Blade Runner, entre la souffrance d’un androïde et l’indifférence des hommes à les exploiter, sont au cœur du court-métrage. La dernière phrase prononcée par Niancer Wallace reste cependant assez peu subtile : en insinuant que l’obéissance de ses replicants « devrait » être sans faille, on sait déjà que ceux-ci seront amenés, sans suspense, à désobéir à un moment ou à un autre…

Ici, des questions restent bien évidemment en suspens : qui sont ces législateurs (dont fait partie Benedict Wong) semblant détenir le pouvoir en 2032 ? Et surtout, qui est Niander Wallace, ce créateur, digne héritier d’Eldon Tyrell ? En résumé, rien de fou dans ce premier court-métrage qui, au delà de sa simple justification promotionnelle, semble assez anodin.

Blade Runner « 2048 : Nowhere to Run »

Plus silencieux que le premier, Nowhere to Run réalisé par Luke Scott, a pour ambition de poser le cadre du Los Angeles 2049 du film de Denis Villeneuve. Se déroulant un an avant les événements du film, on y suit Sapper Morton, joué par la catcheur/acteur Dave Bautista, dans les bas-fonds de Los Angeles 2048, croisant pas mal de gueules-cassées. Après avoir remis le livre de Graham Greene, The Power and The Glory (La Puissance et la Gloire en VF) à une jeune fille, celle-ci et sa mère se font agressées par une bande locale, forçant Sapper à intervenir. Après un combat parfaitement mené, Sapper fuit dans la foule silencieuse, laissant derrière lui des papiers indiquant son adresse.

Si l’identité de Sapper Morton sera bien évidemment développée par Blade Runner 2049 (Dave Bautista est au casting), pas mal d’éléments nous sont déjà indiqués pour nuancer son rôle dans le prochain film. Celui-ci semble fuir la police (son regard fuyant vers un agent de la LAPD trahit son assurance apparente). Et à raison : à la fin du court-métrage, un personnage qui s’est emparé de ses papiers égarés, passe un coup de téléphone pour indiquer qu’il sait où vit Sapper, que son interlocuteur recherche effectivement.

Après avoir contenté les fans en confirmant les dilemmes moraux et la présence effectives des replicants dans le prochain film de Villeneuve, ce second court-métrage, encore réalisé par Luke Scott, ré-actualise le Los Angeles poisseux de 2019 avec une réalisation qui se range du côté du dernier Ghost in the Shell de Rupert Sanders. Ici, en 2048, peu de choses ont changé. La crasse et la sueur coulent toujours sur les visages désemparés des figures errantes habitant une mégalopole géante en forme de déchetterie humaine. Au-delà de ça, ce court-métrage n’a pas grand intérêt si ce n’est celui de teaser, une fois de plus, Blade Runner 2049.

Blade Runner « 2022 : Black Out »

Il aura fallu attendre le troisième film pour en voir un qui mérite l’appellation, justement, de court-métrage. Si les deux réalisations de Luke Scott n’ont rien de vraiment dérangeant dans leur démarche promotionnelle, ce n’était que des teasers, de simples petits clips pour faire monter l’attente, au cas où Blade Runner 2049 n’était déjà pas l’un des films les plus attendus de cette fin d’année. Ici, Shinichiro Watanabe, que l’on connait pour avoir réalisé la série Cowboy Bepop et Animatrix, livre un court-métrage qui rend plus que jamais hommage à ce qu’est véritablement Blade Runner, et à son univers japonisant. Car au delà du style tech-noir inauguré avec le premier film de Ridley Scott et grâce aux films policiers des années 1940, l’univers visuel de Blade Runner est profondément tokyoite.

Mais ici, en plus d’une réalisation sublime, qui révèle plus que jamais la compatibilité de l’univers Blade Runner avec celui d’autres anime futuristes comme Akira ou Ghost in the Shell, de nombreuses informations sont fournies. Ce troisième court-métrage prend place en 2022, après qu’une chasse aux sorcières a été menée par les humains contre les replicants suite à l’annonce par la Tyrell Corporation de la création d’un nouveau type de replicant à la durée de vie étendue. Ces derniers, pour sauver leur vie d’androïde, ont alors larguée une bombe IEM sur L.A, déclenchant le fameux black-out, supprimant par là toutes les archives qui permettaient leur identification et provoquant la fin de la Tyrell Corporation.

2022 : Black Out

Le seul court-métrage utile et pertinent

Toutes les informations fournies par le court-métrage, à la fois sublime visuellement et utile narrativement, met clairement en doute la nécessité des deux courts-métrages précédents. On y apprend, par exemple, que c’est la Wallace Corporation (menée par le personnage joué par Jared Leto que l’on a vu dans Nexus Dawn) qui a remis en service les replicants, dix ans après le black-out, et que Sapper Morton (Dave Bautista), que l’on a vu dans Nowhere to run, est en réalité un replicant spécialisé dans le combat.

Par ailleurs, contrairement aux deux précédents courts, Black Out met en scène bien plus qu’une petite mise en situation anecdotique. En illustrant la chute de la Tyrell Corporation et la façon dont des replicants illégaux seront toujours présents dans le film de Denis Villeneuve, Black Out fait partie de la « grande » histoire de l’univers de Blade Runner et fait preuve, en cela, d’une pertinence à laquelle les deux teasers de Luke Scott déguisés en courts-métrages ne peuvent prétendre.

Blade Runner 2049 sortira en salles le 4 octobre prochain.

 

Voir aussi

Justice League : Jason Momoa sexy en Aquaman

"Jutice League" vient tout juste de sortir au cinéma, l'occasion pour nous de nous pencher sur Aquaman. Et bien non, les Amazones n'ont pas le monopole du charme et de la séduction...