Spécialiste des teen movies, John Hughes réalise un chef-d'œuvre en 1985 avec "Breakfast Club". Un film qui a pu compter sur les apports de ses actrices Molly Ringwald et Ally Sheedy, qui ont jugé nécessaire de réécrire une scène sexiste.
Breakfast Club : le film de toute une génération
Auteur de sketchs pour des comédiens, John Hughes démontre son talent dans les années 70. Cela lui fait gravir rapidement les marches d'Hollywood, au point qu'il devient réalisateur durant la décennie suivante. En tant que cinéaste, John Hughes a une spécialité : les teen movies. Le réalisateur révolutionne ainsi ce sous-genre en montrant des films qui s'intéressent pour la première fois à l'adolescence et ses complexes.
On retrouve ainsi des films tels que Seize bougies pour Sam, Une créature de rêve et surtout La Folle journée de Ferris Bueller. Son grand chef-d'œuvre reste cependant Breakfast Club.

La comédie, sortie en 1985, est rentrée dans les annales de la pop culture américaine grâce à son casting peuplé de jeunes talents, et surtout son sujet qui parle à son public cible. Il n'est d'ailleurs pas rare que des teen movies ou teen series fassent référence à Breakfast Club, plus de 30 ans après.
Le film suit un groupe de lycéens qui se retrouvent en retenue pour toute la journée. Ils se connaissent à peine et viennent de bandes et de milieux sociaux très différents. Cette journée va les changer à jamais.
Quand les actrices disent non
Si Breakfast Club est devenu le porte-étendard d'une jeunesse, il a évité de peu la controverse. En effet, le critique Kirk Honeycutt évoque dans sa biographie consacrée à John Hughes (décédé en 2009 d'une crise cardiaque) que les actrices et héroïnes de Breakfast Club Molly Ringwald et Ally Sheedy ont convaincu le réalisateur de supprimer du script une séquence qu'elles jugeaient profondément sexiste.

Comme le relate Kirk Honeycutt, John Hughes souhaitait réaliser une séquence dans lequel les cinq lycéens espionnaient la coach de l'équipe de natation synchronisée, via un judas qui donnait sur le vestiaire des femmes. Cette dernière serait d'ailleurs apparue seins nus. Face à ce voyeurisme gratuit, les comédiennes auraient alors exprimé leur désaccord au réalisateur. Ce dernier a donc fini par les écouter et a réécrit la scène.
Molly Ringwald n'a pas épargné le film
Cette anecdote fait écho à des propos de Molly Ringwald. En effet, dans une tribune du New Yorker, l'actrice avait déclaré avoir revisionné le film avec sa fille. Cela l'avait extrêmement troublé, tant certaines séquences ne passeraient clairement plus dans l'ère post-Me Too. L'actrice relate notamment cette scène où Bender se baisse de son pupitre pour regarder la culotte de Claire (jouée par Molly Ringwald).
Sans compter que, durant le film, Bender se montre très méprisant envers la jeune fille, l'humiliant presque. Cela n'empêche toutefois pas cette dernière de tomber sous son charme. Une attitude qui, là aussi, ne passe pas pour la comédienne, car cela renverrait un mauvais message :
Bender harcèle sexuellement Claire tout au long du film. Quand il ne la sexualise pas, il se déchaîne contre elle avec un mépris vicieux. C'est le rejet qui inspire son comportement.