Grand succès populaire sorti en 2006, "Camping" propose une galerie de personnages aussi drôles qu'attachants. Des personnages associés pour l'éternité à leurs interprètes, parmi lesquels Franck Dubosc en Patrick Chirac et Claude Brasseur en Jacky Pic. Mais pour Jacky Pic, c'est un autre grand comédien qui devait à l'origine enfiler la casquette...
Camping, un grand succès de comédie populaire
En avril 2006, Fabien Onteniente présente dans les cinémas français son septième long-métrage : Camping. L'histoire d'un grand bourgeois parisien (Gérard Lanvin) qui, suite à la panne de son Aston Martin sur la route de Marbella, se retrouve au camping des Flots Bleus près d'Arcachon. Avec sa fille Vanessa, ils vont devoir cohabiter quelques jours avec les habitués du camping : notamment le couple Gatineau qui se déchire (Mathilde Seigner et Antoine Duléry), les "anciens" Laurette et Jacky Pic (Mylène Demongeot et Claude Brasseur), et l'inénarrable Patrick Chirac, incarné par Franck Dubosc.

Camping est un grand succès. Il dépasse les 5,4 millions d'entrées en France, établit une galerie de personnages aussi drôles que touchants, et ouvre la voie à Camping 2 et Camping 3, sortis respectivement en 2010 et en 2016. À son scénario, librement inspiré d'un sketch de Franck Dubosc, on retrouve la plume de l'humoriste, de Fabien Onteniente, d'Emmanuel Booz et de Philippe Guillard, proche collaborateur d'Onteniente qui deviendra aussi réalisateur avec Le Fils à Jo en 2011.
Cette association d'auteurs et d'interprètes reconnus fonctionne à merveille. Et si le film essuie des critiques sur sa caricature des campings et la "beauferie" de ses personnages, un peu à l'image de ce qui arrivera aussi à Les Tuche, Patrick Chirac, les Pic, les Gatineau et les autres sont filmés et racontés avec une tendresse et une sympathie dont la sincérité emporte le coeur du public. De la joie, du rire et du soleil donc. Mais à l'origine, il y a un drame concernant l'interprétation d'un des personnages principaux.
Claude Brasseur casté après une tragique disparition
En effet, avant que l'immense Claude Brasseur ne devienne Jacky Pic, c'est pour Jacques Villeret que le rôle était écrit. Celui-ci, autre très grand comédien français vu dans Robert et Robert, La Soupe aux choux, Garçon !, Le Dîner de cons et Effroyables Jardins - pour ne citer que ces quelques titres d'une longue et riche filmographie - devait en effet être ce retraité bougon et râleur mais très attachant, casquette Ferrari vissée sur le crâne et responsable de l'apéro quotidien.

Mais malheureusement, Jacques Villeret décède le 28 janvier 2005 des suites d'une hémorragie interne, à l'âge bien trop jeune de 53 ans. Fabien Onteniente racontait ainsi au Parisien.
On s'était rencontré chez Bofinger autour d'une table gourmande. Il nous avait parlé de la 'couillette'. Et puis un jour, on apprend sa mort. J'ai continué l'écriture en pensant à lui. Il a été difficile d'imaginer un autre visage. Par l'intermédiaire de mon agent, je rencontre un matin pluvieux Claude Brasseur. Je lui dis qu'il m'est difficile de remplacer Jacques. Il comprend, et me dit de sa grosse voix : "Je jouerai le film pour lui, là-haut. On lui dédicacera". Tope-là !
Et ce ne fut pas des paroles en l'air, puisque Claude Brasseur a bien pris - avec brio et succès - le rôle de Jacky Pic, l'incarnant donc trois fois, jusqu'à son décès en décembre 2020. Et surtout, Camping est bien dédicacé à Jacques Villeret. Une dédicace qui confie aussi à cette comédie plus fine qu'elle n'y paraît un hommage émouvant au regretté comédien.