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Capharnaüm : tableau explosif de l’enfance maltraitée

Un gamin laissé pour compte attaque ses parents pour lui avoir donné la vie. Nadine Labaki a frappé fort jeudi à Cannes avec « Capharnaüm », un film sur l’enfance abandonnée, porté par son jeune acteur, Zain Al Rafeea.

« Cet enfant dans la rue que je vois, quand il disparaît, où va-t-il ? Qu’advient-il de lui ? Qui sont ses parents ? Comment est sa vie ? C’était ça qui m’intéressait« , a expliqué la réalisatrice libanaise Nadine Labaki à l’AFP, avant de venir à Cannes où elle est en compétition pour la Palme d’or.

J’ai essayé a travers ce film d’être la voix de ces enfants

dit celle qui fut révélée sur la Croisette avec Caramel en 2007.

Tableau de laissés pour compte et d’invisibles (les sans papiers au Liban), Capharnaüm suit les traces de Zain, 12 ans, un enfant des rues révolté, en guerre contre ses parents qui refusent de l’envoyer à l’école et lui filent des coups à la place. Le point de rupture est atteint quand ils marient sa soeur de 11 ans. Zain s’enfuit et trouve refuge auprès de Rahil, une sans-papiers venant d’Ethiopie, qui va lui confier la garde de son bébé pendant qu’elle travaille. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse… Et jusqu’à ce procès évoqué au début du film…

Il faudra plusieurs flash-back pour comprendre le cheminement ayant amené Zain à cette issue, de prime abord difficile à croire. L’air rageur, le jeune Zain Al Rafeea porte le film sur les épaules. Ce réfugié syrien de seulement 14 ans vit dans un quartier populaire de Beyrouth et a été repéré alors qu’il jouait avec d’autres enfants.

Comme l’ensemble de la distribution, c’est un acteur non professionnel. Un choix qui donne une force quasi-documentaire au film, montrant les marges de la société libanaise. En plus de Zain, Capharnaüm s’attarde sur un autre enfant laissé pour compte, Yonas, le bébé de Rahil. Non déclaré, il n’existe pas au yeux de la loi, obligeant sa mère à cacher son existence. Pourtant quand Zain va se retrouver seul avec lui, il va devoir s’en occuper.

Les scènes entre ces deux enfants, privés d’avenir, sont les plus belles du film. Nadine Labaki, qui a entamé le tournage juste après la naissance de sa fille, montre toutes les facettes de la relation à un enfant, de l’attachement à l’agacement en passant par l’attendrissement.

Le film a été longuement ovationné jeudi soir après sa projection cannoise, même si certains lui reprochent un abus de bons sentiments et une musique trop présente.

Le cinéma est l’une des plus puissantes armes pour attirer l’attention sur des sujets, c’est une responsabilité des artistes

soulignait Nadine Labaki lors de son entretien à l’AFP.

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