Chamboultout : le film avec Alexandra Lamy est-il basé sur une histoire vraie ?

Chamboultout : le film avec Alexandra Lamy est-il basé sur une histoire vraie ?

Le film "Chamboultout" d'Eric Lavaine avec Alexandra Lamy et José Garcia est basé sur l'histoire vraie de Barbara Halary-Lafond. Découvrez comment le réalisateur s'est emparé de son vécu pour en faire une adaptation libre. Alexandra Lamy et José Garcia ont, de leur côté, eu des méthodes totalement différentes pour apprivoiser leurs personnages.

Chamboultout : Alexandra Lamy face à José Garcia

Chamboultout d'Éric Lavaine est sorti en avril 2019. Porté par Alexandra Lamy et José Garcia, le film raconte l'histoire de Béatrice, qui célèbre avec les siens la sortie de son livre. Ce livre dévoile le récit bouleversant de l'accident de son mari, Frédéric, un événement tragique qui a radicalement changé le cours de leur vie. Frédéric a perdu la vue à la suite de cet accident, mais ce n'est pas la seule transformation qu'il a subie. Il est devenu un homme imprévisible et sans filtre, qui dit tout ce qu'il pense, tout en restant drôle et séduisant.

Pourtant, le livre de Béatrice, qui se veut être un véritable hymne à la vie, va déclencher un joyeux pugilat au sein de leur cercle proche. Malgré le changement des noms des personnages, chacun des amis et des membres de la famille cherche à reconnaître son propre rôle dans le récit. Ce jeu de devinettes provoque des remous au sein du groupe, et les relations tanguent sous le poids des révélations. Cependant, au milieu de cette tempête émotionnelle, certaines vérités sont mises à jour, et des ajustements importants sont faits dans la façon dont chacun voit sa propre vie.

Chamboultout
Chamboultout © Gaumont Distribution

L'histoire vraie à l'origine du film

Le réalisateur Éric Lavaine s'est inspiré de l'histoire vraie de son amie, l'auteure Barbara Halary-Lafond, pour créer le scénario de Chamboultout :

J’ai une amie, Barbara Halary-Lafond, qui a écrit un livre témoignage retraçant sa nouvelle vie depuis que son mari, victime d’un accident de scooter, est devenu aveugle et lourdement handicapé. Dans ce livre, Barbara parle de son combat, et, autofiction, oblige, elle parle aussi de sa famille et de ses amis. Bien que le livre soit bienveillant, certains de ses proches cités ont très mal réagi, c’est cela qui m’a intéressé (...) Ce qui m’a interpellé c’est la façon dont certains lecteurs de Barbara ne se sont concentrés que sur leur cas personnel et les quelques lignes qui leur étaient consacrées, ils ne retenaient que des petites choses anecdotiques ne voyant pas les épreuves que Barbara et sa famille traversaient.

Avait confié le réalisateur, tout en ajoutant avoir travaillé main dans la main avec Barbara Halary-Lafond, même s'il s'agit d'une adaptation très libre de sa propre histoire :

Barbara est associée au scénario car le récit est inspiré de sa propre histoire sans en être une adaptation. Dans le film, le livre que publie Béatrice, tout comme les personnages décrits, sont inventés. J’ai emprunté des séquences ou des répliques à la vraie vie de Barbara : par exemple, l’obsession qu’a Frédéric de ne penser qu’à manger ou encore ses instants de lucidité sur sa situation. Tout le reste est une adaptation très libre de l’expérience qu’elle a vécue.

Chamboultout
Chamboultout © Gaumont Distribution

Deux méthodes de préparation différentes

Alexandra Lamy, qui joue le rôle principal du film Chamboultout, a rencontré Barbara Halary-Lafond et son mari pour se familiariser avec le handicap de la cécité et comprendre la vie qui gravite autour. Elle a souligné l'importance de capturer les émotions authentiques liées à cette situation :

Même si Éric a pris des libertés avec son histoire, car ce n’est pas une adaptation de son livre, la rencontrer avec son mari m’a permis de me familiariser avec le handicap (en l’occurrence la cécité) et la vie qui s’organise autour. J’avais déjà fait ce travail pour DE TOUTES NOS FORCES de Niels Tavernier ou TOUT LE MONDE DEBOUT de Franck Dubosc, car c’est important d’adopter les vrais gestes pour que dans le jeu, ils deviennent naturels. Par ailleurs, pour écrire l’histoire de mon personnage, j’avais besoin de voir comment elle vivait la situation, avec force, douceur ou sévérité. L’idée n’était donc pas de préparer une imitation mais de confectionner un bagage à mon personnage pour ressentir autant que possible les mêmes émotions que lui. Car s’il y a bien une chose que je ne supporterais pas, c’est que les gens concernés par ce problème, ne se retrouvent pas du tout dans mon personnage. Il ne s’agit pas d’être bonne ou mauvaise comédienne mais d’être suffisamment juste pour ne pas les trahir. C’est une responsabilité que j’ai vis-à-vis d’eux.

De son côté, José Garcia, qui incarne le mari de Béatrice, a également pris le rôle très au sérieux. Mais il n'a pas souhaité rencontrer l'homme qui a inspiré son personnage. Il avait expliqué pourquoi :

J’aurais été ému par sa situation et je ne voulais pas avoir de compassion vis-à-vis de mon personnage puisque Frédéric n’en a pas pour lui-même. Pour me glisser dans sa peau, je ne devais pas avoir conscience de cette diminution, je devais me contenter de vivre en m’appuyant sur ma femme, mes enfants et mes amis. En travaillant ce genre de défaillance neurologique pour incarner un homme tiré du coma, dans LA BOÎTE NOIRE, de Richard Berry, j’avais déjà intégré les symptômes des différents chocs traumatiques. Cette fois, je me suis donc concentré sur la cécité du personnage. J’ai eu comme guide Dominique Dumont, le directeur des Bouffes Parisiens, qui a perdu la vue mais continue de se balader dans son théâtre sans qu’on se rende compte qu’il ne voit pas, et je suis allé à l’École de Chiens Guides de Paris. J’y ai découvert que les aveugles de naissance n’ont pas la même approche que ceux qui ont perdu la vue plus tard : ne connaissant pas la 3D, ils s’appuient sur d’autres repères pour se diriger. Mais tous évoluent dans un monde d’une grande sensualité. Cela a résonné avec la manière dont la femme de Frédéric s’occupe de lui : elle fait très attention à la façon dont il s’habille et se nourrit. Cela m’a convaincu que je devais être le plus élégant et le plus charmant possible pour ne jamais inspirer la pitié.