Le cinéma indien en pleine mutation : Bollywood perd du terrain

Le cinéma indien en pleine mutation : Bollywood perd du terrain

Les deux dernières années ont marqué un grand renouveau dans la production cinématographique indienne : le cinéma régional gagne du terrain face à l'hégémonie bollywoodienne.

L'année 2017 a marqué un renouveau impressionnant dans l'industrie du cinéma indien. Alors que cette dernière était jusqu'à maintenant largement dominée par les films musicaux en hindi issus de l'industrie bollywoodienne, on assiste tout récemment à une percée impressionnante du cinéma régional.

Affiche du film Alam Ara, 1931, premier long-métrage parlant indien qui a posé les bases des conventions du cinéma bollywoodien

La progression inédite du cinéma régional indien 

Le système de billetterie en ligne BookMyShow a rapporté une audience de 45-46% pour les films régionaux l'année dernière, en augmentation nette par rapport aux 39-40% de l'année 2016.

Parmi eux, les films en gujarati ont enregistré une augmentation de 44% par rapport à 2016, suivis par les films en malayalam qui ont vu une augmentation de 38% ; en contraste, l'audience des films en hindi a diminué de 5%.

La société d'exploitation de cinéma Cinépolis déclare qu'en 2005, les films en hindi contribuaient à 90% de leurs revenus en Inde, tandis que le cinéma régional et hollywoodien représentaient chacun 5%. Depuis 2016, les revenus générés par l'industrie bollywoodienne tournent autour de 60%, alors que le cinéma régional et hollywoodien rapportaient l'un et l'autre 20%. En 2017, pour la première fois, le cinéma régional dépasse le cinéma hollywoodien dans les revenus de la société Cinépolis, lui rapportant 22% de ses revenus.

Le succès spectaculaire du film Baahubali 2 : The Conclusion, un film bilingue tamoul-telegou doublé en hindi, a porté le cinéma régional indien au sommet en 2017.

De plus en plus de place pour le cinéma indépendant

A la fois facteur et conséquence de cet attrait nouveau du public pour les films en langue régionale, ceux-ci sont de plus en plus nombreux : alors qu'il y a dix ans un seul film en guarati sortait chaque année, près d'une centaine seront projetés durant l'année 2018.

Parallèlement, les lieux de projection sont de plus en plus nombreux en Inde, avec des complexes réunissant parfois jusqu'à 15 écrans. Cela laisse progressivement de la place à des productions alternatives, s'écartant des codes parfois figés de l'industrie bollywoodienne. Si ceux-ci continuent à occuper une place immense dans la culture populaire indienne, le public semble prêt à accueillir des productions plus innovantes aujourd'hui. Le film noir Angamaly Diaries de Lijo Jose Pellissery, considéré à bien des égards comme l'un des films les plus retentissants de 2017, en est un exemple.

Toutefois, comme le fait remarquer le cinéaste Sandeep Reddy Vanga au journal Livemint, le chemin qui reste à parcourir pour le cinéma indépendant indien est considérable :

Si nous voyons pour trois ou quatre ans de suite environ quatre films régionaux par an, alors l'argent et le respect dévolus au cinéma indépendant indien sera tout juste comparable au cinéma commercial.

La fin de l'hymne national obligatoire au cinéma

Ces changements sont à mettre en parallèle avec la toute récente décision de la Cour Suprême d'annuler l'obligation de jouer l'hymne national indien avant chaque projection. Cette loi avait été votée en 2016 par le gouvernement nationaliste du Premier ministre hindou Narendra Modi. Son annulation semble aller dans le sens d'une décentralisation des productions du cinéma indien.

 

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