Didier : quand le dresseur du chien du film parle des coulisses

Bon chien !

Didier : quand le dresseur du chien du film parle des coulisses

Il y a 25 ans, Alain Chabat faisait sensation avec "Didier", son premier film en tant que réalisateur. Pour l'occasion, il a pu compter sur Patrick Pittavino, dresseur de chiens qui a été d'une aide précieuse sur le tournage du film.

Didier : On ne sent pas le cul.

Révélé par la chaîne Canal+ via son célèbre trio comique Les Nuls, Alain Chabat souhaite poursuivre sur sa lancée au cinéma après ses solides apparitions dans La Cité de la peur et Gazon maudit. Ainsi, il réalise et écrit Didier, son premier long-métrage en 1997.

Le pitch ? Complètement loufoque. En effet, Didier suit Jean-Pierre, un agent de football qui en vient à garder le chien de son amie un soir. Seulement, durant la nuit, le labrador prend une apparence humaine...tout en conservant ses caractéristiques de chien. La cohabitation entre les deux s'avérera complexe.

Didier
Didier ©AMLF Chez Wam

Malgré un scénario complètement tordu, Didier devient un film culte qui réunit près de 3 millions de spectateurs dans les salles françaises, faisant de lui l'un des plus gros succès hexagonaux de l'année 1997. En outre, Alain Chabat est récompensé du César du Meilleur premier film. Pas mal pour un réalisateur novice.

Rencontre avec le dresseur de Didier

Si le film compte une belle distribution (Jean-Pierre Bacri, Alain Chabat, Isabelle Gelinas, Zinedine Soualem etc...), il ne faut pas omettre l'apport précieux de Patrick Pittavino dans les coulisses de Didier. En effet, le dresseur de chiens a d'abord fait en sorte que tout se passe bien entre Elliot (le labrador présent dans le long-métrage) et le reste de l'équipe technique.

Chose qui fut peu facile car Alain Chabat attendait beaucoup du canidé. Comme Patrick Pittavino le relatait dans le magazine SoFoot, le choix d'Elliott ne fut pas fait au hasard, loin de là :

Alain n'avait pas d'idée précise du type de chien qu'il souhaitait avoir. On lui a présenté des chiens qui avaient déjà un certain bagage dans le cinéma. Mais, même s'il n'avait rien de précis en tête, il savait ce qu'il voulait, il voulait un look, un chien qui marque. On lui a donc présenté 5 ou 6 chiens environ, mais aucun ne lui plaisait. C'est là que j'ai pensé à lui présenter Elliot et il a tout de suite dit : « Ah oui, c'est lui, c'est lui ! » Dès qu'il l'a vu, ça a fait tilt. Il se fichait que ce soit telle ou telle race, ça aurait pu être tout aussi bien un dalmatien, cela n'avait aucune espèce d'importance. Il voulait une gueule, une bouille, des mimiques, un coup de cœur quoi.

C'est d'ailleurs lorsqu'il a choisi le "Didier" qu'il voulait que Chabat a pu reproduire toutes ses gestuelles et mimiques. Pittavino précise d'ailleurs que ce dernier voulait constamment Elliot à ses côtés sur le tournage.

Dans le reste de l'entretien, Pittavino revient également sur sa rencontre avec Elliot qui fut tout aussi incroyable :

A l'époque, j'avais un cheptel de chiens qui travaillaient pour le cinéma et j'avais un centre de dressage à Épinay-sur-Seine. Un jour, un des gars qui venaient avec leurs chiens de compétition m'a parlé d'un autre chien qui appartenait à un copain de sa sœur. Il me dit : « Un des potes de ma frangine joue au PSG et il a acheté un labrador. Le chien a 5 ou 6 mois, mais vu qu'il va signer à Porto, il voudrait s'en séparer. » Le mec, c'est Ricardo, si ma mémoire est bonne. (...) J'ai tout de suite senti que ce chien avait un truc, un look, une façon de se tenir. Un peu comme quand Chabat l'a vu en fait. (...) Le chien d'un joueur du PSG qui fait un film qui parle du PSG. On est allés au Parc des Princes avec lui et tout. C'est incroyable.

Les demandes folles de Chabat

Si le scénario de Didier est lui-même complètement tordu, les exigences d'Alain Chabat auprès de son dresseur ne l'étaient pas moins. En effet, durant l'interview Patrick Pittavino lache quelques "dossiers" amusants sur les demandes du réalisateur afin que certaines séquences soient le plus authentiques possibles. Par exemple, celle dans laquelle il voulait absolument qu'Elliott éternue. Toutefois l'anecdote la plus folle (et la plus hilarante) reste sans doute celle durant laquelle Chabat aurait demandé au dresseur de lui trouver une culotte spécialement faite pour les chiennes en chaleur :

 C'était le matin et il lui fallait ça pour la scène qu'on tournait dans l'après-midi. Là, je regarde Robert Kéchichian et je lui dis : « Mais putain, comment on va faire ? » Et il me répond que dans une rue du quartier, il y avait un toiletteur pour chien. Du coup, on y va tous les deux, mais manque de pot, le toiletteur n'existait plus. Bon, on a quand même vu une boutique de sous-vêtements féminins pas loin et on y est allés.

On tente alors notre chance, sauf qu'au moment où la femme arrive pour voir ce que l'on voulait, cet enfoiré se casse et il fait genre qu'il n'est pas avec moi (rires) ! J'y suis donc allé tout seul, j'ai dit à la dame de la boutique : « Ne me prenez pas pour un fou, n'ayez pas peur, mais on tourne un film à côté et j'aurais besoin d'une culotte rose pour mettre à une chienne » . Finalement, on a trouvé ce qu'il nous fallait et Alain était mort de rire.

Depuis ce tournage éprouvant mais immensément drôle (selon Pittavino), le réalisateur et le dresseur ont continué à travailler ensemble, notamment sur Asterix et Obelix : Mission Cléopatre, ou bien encore Sur la piste du Marsupilami. Quant à Elliot, il a pu tourner deux autres films. Comme le précise, Patrick Pittavino, il n'est malheureusement plus de ce monde aujourd'hui. 

 

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