DOSSIER 137 vu à Cannes 2025 : Léa Drucker enquête sur les violences policières

DOSSIER 137 vu à Cannes 2025 : Léa Drucker enquête sur les violences policières

Après LA NUIT DU 12, Dominik Moll poursuit sa veine policière engagée avec DOSSIER 137, présenté en compétition officielle à Cannes 2025. Porté par une Léa Drucker remarquable de tension contenue, le film plonge dans les rouages de l’IGPN, et interroge frontalement la responsabilité de l’institution face aux bavures policières. Un polar sobre, mais hautement politique.

Stéphanie, ancienne enquêtrice devenue membre de l’IGPN, hérite d’un dossier sensible : un jeune manifestant grièvement blessé lors d’une manifestation des Gilets jaunes. Une vidéo accablante circule, mais l’enquête s’enlise. Entre silences, pressions et zones grises, le film épouse le rythme lent mais précis d’une investigation sans issue évidente. DOSSIER 137 alterne entre bureaucratie, silences lourds et accès de colère. Moll adopte une mise en scène naturaliste, presque austère, renforcée par l’utilisation d’images réelles des manifestations. Léa Drucker, filmée au plus près, incarne la fatigue d’une femme prise entre deux mondes : celui qu’elle a quitté, et celui qui la considère comme une traîtresse. Le film avance sans éclat mais avec une rigueur clinique, jusqu’à poser une question simple mais brûlante : peut-on faire la lumière sur une violence quand tout le système cherche à l’étouffer ?