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Duelles : rencontre avec le réalisateur Olivier Masset-Depasse

À l’occasion de la sortie dans les salles françaises du thriller « Duelles » le 1er mai 2019, nous avons rencontré le réalisateur belge Olivier Masset-Depasse au dernier Festival du film policier de Beaune, où il était venu présenter son long-métrage.

Les années 60.
Alice et Céline sont les meilleures amies du monde tout comme leurs fils Maxime et Théo. Leur complicité est sans faille jusqu’au jour où un tragique accident bouleverse leurs vies. À l’amitié succède la culpabilité, à l’harmonie la paranoïa et à la complicité, le soupçon.

Après s’être attaqué au drame social quasi documentaire avec Illégal, le réalisateur belge Olivier Masset-Depasse change totalement de registre en adaptant le roman Duelle de l’auteure Barbara Abel. De passage au Festival du film policier de Beaune 2019, Olivier Masset-Depasse nous a accordé un entretien dans lequel il revient sur ses influences et son travail sur Duelles.

Entretien avec Olivier Masset-Depasse

L’esthétique de Duelles est très différente de tes films précédents. Pourquoi as-tu décidé de situer l’action dans les années 1960 ?

Le roman de Barbara Abel, dont le film est tiré, ne se situe pas dans les années 1960 et je n’avais pas envie de faire un long-métrage qui se déroule de nos jours. Je trouvais cette période intéressante car elle me permettait de faire un conte et de me focaliser sur l’essentiel, qui était ces deux mères et le rapport à l’enfant. Et surtout, contrairement à mes précédents films qui étaient ton sur ton, là j’avais envie de travailler le contre-point esthétique, et de raconter une histoire sombre avec toute la beauté et la flamboyance propres aux années 1960.

Mes premiers projets étaient presque journalistiques. En tournant Illégal, mon précédent long-métrage, j’ai rencontré beaucoup de mères célibataires et j’ai été fasciné par l’instinct maternel, que j’ai perçu comme un super-pouvoir. J’ai su à partir de là que je voulais absolument que ça soit le sujet de mon prochain film. Quand Anne Coessens, l’interprète de Céline, m’a fait lire le bouquin de Barbara Abel, j’y ai trouvé tous les ingrédients que je cherchais pour mon film. C’est très Hitchcockien comme histoire, donc je me suis dit, quitte à faire un thriller, autant revenir aux fondamentaux.

C’est vrai qu’il est difficile de ne pas penser à Hitchcock en voyant Duelles

Pour ce film j’avais plusieurs références : Hitchcock évidemment avec Psychose, mais aussi Polanski avec Le Locataire, Douglas Sirk pour le contre-point esthétique et aussi David Lynch pour les tentatives plus sensorielles du film. Mais effectivement, Hitchcock reste la référence principale. C’est un cinéaste narratif, qui a réussi à faire de l’expérimental. Je ne voulais cependant pas tomber dans le pastiche. J’espère avoir réussi à me nourrir de ces références pour faire quelque chose de contemporain.

Qu’est-ce qui t’intéresse particulièrement dans le thriller ?

Comme le film de genre, ça permet de parler de choses profondes, sociales, tout en restant ludique. On peut aussi pousser assez loin dans l’épouvante, et venir déranger le spectateur. Je pense aussi personnellement que le genre nous permet aussi, à nous, artisans auteurs, de continuer le film d’auteur à travers un autre prisme, qui est à la fois plus ludique et peut-être aussi plus commercial. Je pense notamment à Xavier Legrand et à son film Jusqu’à la Garde qui a été un grand succès.

Comment as-tu travaillé avec les deux actrices ?

Je suis un réalisateur qui travaille énormément en amont. Quand j’arrive sur le tournage, les personnages doivent être déjà écrits. Sur 35 jours de tournage, on a pas le choix, il faut aller vite et comme je suis assez control freak, j’ai besoin de beaucoup m’impliquer en amont du tournage. J’ai commencé à travailler 3 mois avant les prises de vues avec Veerle Baetens et Anne Coesens, les deux actrices. On a vraiment construit le personnage ensemble. Je n’aime pas trop faire des répétitions avant, car je souhaite garder une fraîcheur au moment du tournage, quitte à les bousculer une fois sur le plateau. La direction d’acteurs est quelque chose qui me fascine, je prends beaucoup de plaisir à faire naître un personnage en travaillant avec les interprètes.

Décors, costumes, photos, tout a été soigneusement choisi

Quand on fait un film d’époque, on doit tout choisir. C’est à la fois génial et un énorme travail. On a par exemple mis beaucoup de temps à trouver la maison, qui devait être à la fois accueillante et angoissante. À la manière de David Lynch avec Blue Velvet, je voulais montrer un monde extrêmement beau, mais qui cache des choses terribles derrière.

La fin est très douce-amère…

J’avais envie de jouer avec le concept même de happy end. Si les gens sortent de mon film en ayant à la fois pleuré et été choqués par la fin du film, alors je me dis que j’ai réussi à faire passer le bon message.

Propos recueillis à Beaune par Chloé Valmary

 

Duelles d’Olivier Masset-Depasse, est à découvrir en salles le 1er mai 2019.

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