Fear and Desire : Stanley Kubrick a détesté son premier long-métrage

Et a même voulu le détruire !

Fear and Desire : Stanley Kubrick a détesté son premier long-métrage

Stanley Kubrick est l’un des plus grands réalisateurs de l’Histoire du cinéma, si ce n’est le plus grand. Sa carrière de cinéaste débute réellement en 1953 lorsqu’il réalise son premier long-métrage : "Fear and Desire". Un film qu’il a pourtant détesté et renié, au point de tout tenter pour le faire disparaître.

Stanley Kubrick : une légende du 7e art

13 longs-métrages en 46 ans de carrière ! Un petit score pour un réalisateur, mais chacun de ses films a marqué son temps et a révolutionné l’Histoire du cinéma. Stanley Kubrick a peu tourné, car chacun de ses longs-métrages nécessitait une préparation notoire de sa part. Perfectionniste, presque obsessionnel, il occupait, en effet, plusieurs postes sur le plateau de tournage : réalisateur, scénariste, directeur de la photographie, monteur, cadreur, directeur son, et même producteur.

N’étant passé par aucune école de cinéma, il a tout appris sur le terrain, devenant un véritable autodidacte. C’était surtout un cinéphile reconnu, qui a passé sa vie à avaler des litres de films. C’est ce parcours singulier (associé à un tempérament qui l’est tout autant) qui lui a permis de livrer des longs-métrages qui ont marqué le 7e art.

Ainsi, de Les Sentiers de la gloire à Eyes Wide Shut, en passant par 2001, l’odyssée de l’espace, Orange Mécanique, Shining ou bien encore Full Metal Jacket, Stanley Kubrick s’est amusé à tester tous les genres cinématographiques. Tout cela avec la même efficacité, à la fois visuelle, scénaristique et technique. Son héritage se retrouve encore aujourd’hui dans de nombreux films ainsi que chez certains réalisateurs tels que Christopher Nolan (à qui il est souvent comparé).

Pourtant, il y a un long-métrage qu'on a tendance à parfois oublier dans sa filmographie : son premier. Il faut dire que le réalisateur a veillé à ce que personne s'en souvienne.

Les débuts manqués d’un futur grand

Après avoir travaillé comme photographe indépendant pour plusieurs magazines, Stanley Kubrick débute sa carrière de réalisateur en 1950. Ainsi, il réalise coup sur coup deux documentaires qui connaissent un certain succès, surtout grâce à sa photographie irréprochable. Cela le conforte alors pour réaliser son premier long-métrage Fear and Desire, en 1953.

Avec l’aide de son ami d’enfance Howard Sackler pour écrire le scénario, Kubrick met en chantier un film fauché, financièrement parlant. En effet, il ne dispose que de 10 000 dollars de budget, grâce à l’aide de ses parents et de son oncle. Le tournage se déroule sans problème, sauf que Kubrick fait l’erreur de ne pas enregistrer le son avec les images. Le surcoût de la postsynchronisation sonore est alors de 30 000 dollars !

Fear and Desire
Fear and Desire ©Joseph Burstyn

Fear and Desire suit la destinée de quatre soldats sur le champ de bataille d’une guerre livrée entre deux pays sans nom. Film résolument anti-guerre (une constante chez Stanley Kubrick), il subit une première projection particulièrement houleuse, au cours de laquelle de nombreux spectateurs vont se moquer du film. Cette avant-première affecte lourdement le réalisateur, et ce, malgré le fait que les retours globaux de la presse furent un peu plus élogieux après sa sortie officielle dans les salles obscures.

Movieweb rapporte que, selon le réalisateur Paul Mazursky (qui faisait ses débuts au cinéma en jouant dans le film), Fear and Desire était un long-métrage rejeté par le cinéaste :

Stanley a essayé de faire brûler les négatifs. Il détestait le film. Il le détestait.

Considérant sa première œuvre comme trop amatrice et inepte, il s’est ainsi évertué à tenter de détruire la plupart des copies en circulation. Toutefois, il n’est pas parvenu à ses fins puisque certaines ont survécu, permettant une restauration totale du film dans les années 2010.

 

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